Clémentine Autain défend à la fois le protectionnisme et les « sans-papiers » : cherchez l’erreur !

Publié le 29 novembre 2010 - par
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L’émission du 25 novembre 2010 « Ce soir ou jamais » sur France 3 a abordé la « proposition » d’Eric Cantona de retirer massivement l’argent des banques.

http://www.dailymotion.com/video/xftcbl_debat-cantona-7-decembre-faut-il-vider-les-banquesy-csoj_news

A partir de la 16ème minute, un dialogue s’engage entre Christine Ockrent et Clémentine Autain. La première reproche à la seconde de vouloir ériger une « ligne Maginot » pour « rester entre nous », « franco-français ».

Clémentine Autain répond : « Je ne crois pas à la ligne Maginot qui a merveilleusement marché, mais en revanche, je pense qu’en effet il faut assumer dans certains domaines un certain protectionnisme soit européen, soit même carrément français mais ce n’est pas un isolement. C’est qu’il y a un certain nombre de sujets sur lesquels, si on veut pouvoir avancer et améliorer les conditions d’existence de ceux qui font partie de notre espace, je pense qu’en effet il faut aller parfois vers des solutions qui ont à voir avec le protectionnisme. »

Surprenant de la part d’une « alter-mondialiste », cet appel à protéger « ceux qui font partie de notre espace » et non… ceux qui n’en font pas partie ! Mais pas tant que ça : Clémentine Autain a été « apparentée PCF » – avant de se rapprocher en vain du NPA et du Parti de Gauche -, donc on peut comprendre qu’elle parle parfois comme un certain Gorges Marchais qui était farouchement souverainiste et protectionniste.

Il faudra alors que Clémentine Autain nous explique ses combats pour les « sans-papiers »…

En effet, le 11 juin 2010, elle cosignait avec – entre autres – Martine Aubry (PS), Olivier Besancenot (NPA), Marie-George Buffet (PCF), Cécile Duflot (Europe Ecologie), Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche) – quelle superbe union de la gauche ! – une lettre ouverte au président de la République :

http://clementineautain.fr/2010/06/11/travailleurs-sans-papiers-lettre-ouverte-a-sarkozy/

On peut y lire : « L’emploi de travailleurs et de travailleuses sans papiers est une réalité économique et sociale en France. Ils sont incontournables dans nombre de secteurs comme le bâtiment, les travaux publics, le nettoyage, la sécurité, la restauration, l’aide à la personne, l’agro-alimentaire, la confection etc., souvent via la sous-traitance ou l’intérim. Leur régularisation est une nécessité, au nom de la dignité des ces travailleuses et travailleurs sans droits exploités alors qu’ils paient des impôts, cotisent à toutes les caisses de solidarité mais risquent quotidiennement l’expulsion. Leur régularisation est une nécessité, afin que le droit du travail soit appliqué à toutes et tous et par tous, et permette l’égalité effective de traitement entre salariés. Ce conflit du travail doit enfin trouver une issue positive. »

Une compassion oecuménique très chrétienne, que n’aurait sans doute pas partagée Georges Marchais :

http://www.dailymotion.com/video/x1qmh7_marchais-immigration_fun

Le 6 janvier 1981, le Premier secrétaire du PCF écrivait dans l’Humanité : « J’approuve le refus de Paul Mercieca de laisser s’accroître dans sa commune le nombre, déjà élevé, d’immigrés ; en raison de la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membre de leurs familles, la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes. Il faut les regarder en face et prendre rapidement les mesures indispensables. La cote d’alerte est atteinte […] C’est pourquoi nous disons : il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage. Je précise bien : il faut stopper l’immigration officielle et clandestine. Il faut résoudre l’important problème posé dans la vie locale française par l’immigration. Se trouvent entassés dans ce qu’il faut bien appeler des ghettos, des travailleurs et des familles aux traditions, aux langues, aux façons de vivre différentes. Cela crée des tensions, et parfois des heurts entre immigrés des divers pays. Cela rend difficile leurs relations avec les Français. Quand la concentration devient très importante […] la crise du logement s’aggrave ; les HLM font cruellement défaut et de nombreuses familles immigrées, plongées dans la misère, deviennent insupportables pour les budgets des communes. »

Georges Marchais réagissait à ce « fait divers » où une cinquantaine de manifestants conduits par un maire communiste se sont attaqués à un foyer de Maliens :

http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/CAA8001946101/foyer-malien-a-vitry.fr.html

La question reste donc entière : pour Clémentine Autain, les « sans-papiers » sont-ils aussi de « ceux qui font partie de notre espace » à défendre par « un certain protectionnisme » ?

Djamila GERARD

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