Clichy : le discours qu’aurait fait Hollande s’il était un vrai Président

Publié le 3 août 2013 - par - 1 958 vues
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Moi, président…

François Hollande s’est rendu à Clichy-sous-Bois, pour y signer un ou plusieurs contrats d’avenir. Pourquoi pas ? En soi, cela n’a rien de scandaleux.  En outre, François Hollande est venu annoncer de nouvelles largesses de la « politique » de la ville, à l’intention de certaines populations. Le paupérisme autochtone le passionne ou l’émeut visiblement moins.

Le système des contrats d’avenir, comme celui des emplois jeunes, n’est qu’une rustine sur un grand corps économique essoufflé, souffrant de son incapacité avérée à développer les forces productives et, ainsi, permettre l’accès, pour toute la jeunesse, au marché du travail et à un emploi correct. Cela ne veut pas dire que la formule soit à 100% stérile.

Il y a une contradiction majeure que nous nous devons cependant de relever ici: l’appareil de production et d’échange ne permet plus l’accès de tous les jeunes à l’activité professionnelle : parce qu’il y a pléthore de forces de travail.

Cette pléthore croissante exprime la contradiction entre l’offre d’emploi et la demande de travail d’une organisation sociale de la production et des échanges qui continue de divaguer, au détriment de la jeunesse et de la classe salariée dans son ensemble.

Notre brave Président est donc allé à Clichy-sous-Bois, pour poser une rustine et vanter la qualité et l’efficacité du produit. En soi encore, rien de bien critiquable. C’est la très classique politique du « chien crevé au fil de l’eau », poursuivie depuis plus de trois décennies par chaque Président et complétée par le financement public d’associations privées locales. Hollande n’a pas innové.

Par contre, là où il innove, notre Président normal, et ce d’une façon irrecevable, c’est lorsqu’il décide de lancer le produit à Clichy-sous-Bois, accompagnant la signature des premiers contrats de commentaires auto-flagellants, en rapport avec les évènements de l’automne 2005.

Il est venu plaider coupable et indulgence, le Président normal…

Un véritable Président, un Président normal, un Président représentant dignement le Pays, aurait pu, lui aussi, choisir de venir à Clichy-sous-Bois. Mais qu’aurait-il dit ?

Chers concitoyens et chers amis,

Je ne reviendrai pas sur les évènements de 2005. Je dirai seulement à ce sujet : que la République n’est pas un être moral que l’on peut piétiner ou soumettre au chantage et à la violence.

La République n’est pas une bonne fille, dont on pique les sous sans lui demander son avis, ou dont on brûle la plante des pieds pour qu’elle avoue où elle a mis son magot.

Excusez-moi, pour ce langage direct devenu nécessaire. Il vaut mieux se dire les choses.

La République n’est pas fondée sur la rancune,

Mais elle n’est pas non plus basée sur l’avachissement

Elle ne vous reprochera pas, à vie, pour toujours, ce que certains, peut-être ici présents, ont alors commis, au motif : qu’ils étaient scandalisés, parce que trois jeunes que vous connaissiez avaient pénétré sur le site d’un central électrique à haute tension, pour se soustraire au contrôle de police qu’ils redoutaient ; qu’ils y ont perdu la vie, parce que la police ne serait pas venue les en sortir avant qu’un arc électrique à haute tension ne les atteigne mortellement.

La République est pour donner sa chance à tous, et à chacun d’entre vous aussi qui continuez encore, pour certains, à ressasser une rancœur que je pense injustifiée.

Je voudrai rappeler, à vous qui constituez un maillon de notre avenir commun : Vous vivez en république, en république française. La république française, ce n’est pas une machine à assister. C’est une construction commune, avec des droits et avec des devoirs, où que l’on réside.

Elle reconnaît les droits mais, en contrepartie, elle exige des devoirs !

Avez-vous songé à tous ceux qui ont du mal à joindre les deux bouts, auxquels nous sommes obligés de demander un effort fiscal supplémentaire, pour faire face aux différents besoins du pays, mais aussi parce que vos réactions de colère et de vengeance ont entraîné des saccages multiples et lourds, financièrement.

La république n’est pas rancunière, mais elle n’est pas un paillasson !

Je m’adresse à ces jeunes, auxquels nous voulons mettre le pied à l’étrier professionnel, avec ce dispositif dont certains pourront critiquer l’imperfection.

Je veux leur dire : saisissez votre chance !

Dîtes à vos proches, dîtes à vos parents, à vos amis : la république veut me donner un moyen de faire valoir mes compétences. Elle veut ainsi attirer l’attention de tous, pour dire : qu’il y a des talents et de la conscience professionnelle sur tout le territoire de la république, même ici.

Mais en même temps, la République nous dit : que si elle peut le faire, c’est parce qu’existe dans ce pays, ce qui n’existe pas dans tous les pays, la solidarité permanente, obligatoire, incarnée dans les institutions républicaines qui doivent être respectées, par tous, par chacun.

A l’inverse, notre Président normal, s’en est allé tenir un propos sans force, bredouillant des excuses craintives. Le dispositif mis en œuvre, avec le cérémonial présidentiel, étant une manière d’aller à Canossa, en endossant l’uniforme du bourgeois de Calais.

Pour le Président de la République/ Alon Gilad

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