La cohérence de Marine Le Pen et les limites de Tsipras-Mélenchon

Publié le 16 juillet 2015 - par - 13 commentaires - 3 594 vues

MarineBruxelles2Le leader de Syriza, Tsipras, se voit interpellé, sur ces deux vidéos, par deux députés européens qui tiennent un discours radicalement opposé. Avec beaucoup de fougue, voire d’arrogance, le belge Guy Verhofstadt lui rentre dans le lard, lui donnant une véritable leçon de libéralisme économique, et le sommant de mettre en place au plus vite des mesures radicales, alors que le Premier ministre grec a juste été élu pour faire le contraire !

Dans un tout autre registre, Marine Le Pen, qui s’adresse à lui de manière beaucoup plus amicale et moins agressive, le félicite d’abord d’avoir organisé un référendum, d’avoir demandé l’avis à son peuple, et l’encourage à sortir de l’euro, pour retrouver sa souveraineté.

Au passage, la présidente du Front national interpelle très vivement le député belge et tous les libéraux, leur affirmant qu’ils sont incapables de faire campagne dans leur pays sur les mesures qu’ils imposent à Tsipras et au peuple grec, notamment sur les salaires et les retraites.

Marine montre le rôle de la BCE qui a asphyxié les banques grecques, accentuant de manière politicienne la crise du pays. Elle dénonce les manœuvres de Juncker, ayant appelé ouvertement à renverser le gouvernement démocratiquement élu de Tsipras.

Elle se livre à un vibrant réquisitoire contre les institutions européennes, leur euro et l’austérité.

Sous les hurlements des européistes, elle leur assène que ce qu’ils craignent, c’est que la Grèce sorte de l’Europe, quitte l’euro, et s’en sorte bien mieux, montrant l’imposture des politiques menées par les technocrates bruxellois.

Il est intéressant, durant ces deux interventions, d’observer l’attitude du leader grec. Alors qu’il est littéralement agressé par Verhofstadt, il paraît entretenir malgré tout un véritable échange, par quelques mimiques, avec lui. Par contre, il se croit obligé de paraître ignorer le discours de la présidente du FN, pourtant bien plus conciliante avec lui, et solidaire du peuple grec.

Paralysé par sa doctrine et ses blocages idéologiques, il est incapable d’admettre que le seul discours amical vis-à-vis du peuple grec, bien éloigné des numéros de faux-culs de Hollande-Sapin, c’est celui de Marine Le Pen et du FN.

D’ailleurs, même Gérard Filoche, membre de l’aile gauche du PS, dans sa revue “Démocratie et Socialisme”, admet l’ampleur du désastre, même s’il se montre incapable, lui aussi, d’envisager la sortie de l’euro.

“Les créanciers de la Grèce, l’Eurogroupe, n’ont tiré aucune leçon de l’effondrement de la Grèce. Les politiques de « réformes structurelles » et d’austérité vont écraser encore plus la demande privée et publique, alors qu’aucun plan massif d’investissement ne viendra compenser leurs effets. Le PIB de la Grèce ne pourra que continuer sa chute. Comme entre 2009 et 2014, les ressources fiscales vont diminuer même si la pression fiscale augmente. La dette publique, en proportion du PIB, va donc devenir de plus en plus lourde alors que l’Eurogroupe a refusé de restructurer la dette. La fiction bâtie en 2010, par Angela Merkel, à l’usage du « contribuable allemand » , d’une dette grecque soutenable, continue. Il s’agissait, à l’époque, de sauver les banques européennes et en premier lieu les banques allemandes et françaises. Il s’agit, aujourd’hui, de sauver Angela Merkel.

Croire que la Grèce a obtenu trois ans de répit est une illusion. La dépression économique, programmée par les mesures imposées par l’Eurogroupe, rendra impossible de dégager l’excédent primaire prévu par l’accord et il ne faudra que quelques mois pour que les créanciers refusent de débourser les sommes prévues par le plan d’aide, si de nouvelles mesures d’austérités ne sont pas adoptées. Le cercle vicieux mis en place en 2010 s’accentue.

La Grèce est mise sous tutelle par l’Eurogroupe qui devra donner son accord à toute mesure économique, sociale et financière prise par le Parlement grec. Comment, dans des circonstances aussi dramatiques, François Hollande a-t-il pu affirmer que « la souveraineté de la Grèce a été préservée » , et que « rien n’aurait été pire que de vouloir humilier la Grèce » ?

Il serait difficile de ne pas donner raison au prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz, lorsqu’il affirme que « l’Allemagne a porté un coup sévère et ébranlé l’Europe » ajoutant qu’il n’est pas possible de « gérer une zone euro sans un minimum de solidarité » et jugeant « déraisonnable » d’en demander « encore davantage » à la Grèce.

Alors que le vote du peuple grec du 5 juillet est considéré comme nul et non avenu et que la décision du Conseil d’Etat grec de déclarer anticonstitutionnelle la coupe de 1,8 milliards d’euros dans le budget des retraites semble n’avoir pas existée, l’Eurogroupe est suspendu à la décision du Tribunal de Karlsruhe et au vote du Bundestag sur l’ « accord du 13 juillet ». Selon que vous serez puissants ou misérables, l’Eurogroupe respectera vos institutions, votre Constitution. Une Europe, assise sur des bases aussi arbitraires peut-elle prétendre à un quelconque avenir ?”

Tsipras a surtout montré qu’il était un tigre de papier, et qu’il n’avait pas les moyens du bras de fer qu’il avait entamé avec l’Union européenne, sauf à sortir de l’euro, et de faire face à la nouvelle situation engendrée, ce que souhaitait manifestement son ancien ministre des Finances, Varoufakis.

Le catastrophique accord qu’a dû signer le Premier ministre, sous la pression de la BCE et du ministre des Finances allemand, n’est que la conséquence du refus d’aller à la rupture avec l’Union européenne, et constitue un désavoeu cinglant pour tous les Mélenchon de la gauche de la gauche, qui continuent à nous vendre l’histoire d’une possible autre Europe, et d’un possible autre euro.

La leçon de cette histoire est qu’il y a, chez Marine Le Pen, une cohérence politique qui fait gravement défaut à Tsipras et son clone Mélenchon.

C’est d’ailleurs pourquoi elle est la femme à abattre, alors que la gauche de la gauche, immigrationniste et islamo-collabo, est une béquille pour le système, contre la souveraineté des peuples et la défense de leur identité.

Paul Le Poulpe

Lire également : https://ripostelaique.com/tsipras-trahit-le-vote-de-son-peuple-comme-de-vulgaires-sarkozy-ou-hollande.html

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Notifiez de
Serge BERNARD

Bonjour Cyrano , salut à toute l‘équipe de Riposte Laïque et à vos copains et merci de garder une activité pendant l’été; ça remonte le moral
du citoyen lambda dont je fais partie de sentir qu’il y a des journalistes, des informateurs qui ne nous abandonment pas à l’enfumage médiatique officiel et quotidien.

Bravo particulièrement à Th. Michaud-Nerard pour “La fumisterie de la mythique liberté de la presse” 14.07.15; à A. Bruniquel pour “les rois fous d’une Europe maudite” 15.07.15 et bravo
à la synthèse de Paul Le Poulpe sur la “ Cohérence de Marine Le Pen et les limites de Tsipras-Mélenchon” 16.07.15.

Mais bravo également à tous les autres qui écrivent pour vous ou pour Boulevard Voltaire car ils représentent un antidote efficace au crétinisme ambiant
Il faudrait créer pour vous tous une médaille des promoteurs de la “salubrité intellectuelle publique”. Vous auriez tous la médaille d’or.

Salut et courage à tous

Serge Bernard

Bernard

De la persévérance, de la cohérence et du bon sens : Marine le Pen a toutes les qualités qui font tant défaut aux autres responsables politiques français…

Pierre Malak

Le Général de Gaulle avait introduit le “franc lourd”. Le franc lourd valait 100 “anciens francs”… A ce moment là – fin des années 50 – le nouveau franc valait 10 francs belges. Lors de l’imposition de l’euro aux fondateurs de l’UE, ce nouveau franc ne valait plus qu’environ 6,40 francs belges… Quant aux monnayes des PIGS (Portugal, Italie, Grèce et Spain), c’était la chute libre. Il fallait une brouette de lires pour payer un journal !

Mais pendant ce même temps, le Deutch Mark continuait une ascension irrésistible…

Alors, aujourd’hui, comment voulez vous que ces économies si différentes au point de vue performances, puissent fonctionner à l’unisson ?

Mais cet impossible ! Sauf si, tous les rouages de l’économie étaient harmonisés, que les salaires soient rigoureusement alignés, que les charges patronales le soient aussi, que la fiscalité soit égale dans tous ces pays, que l’immigration SOIT RIGOUREUSEMENT LIMITÉE, que l’immigration illégale soit interdite et réduite à néant, etc., etc.

TOUT RESTE A FAIRE !

Non, l’Union Européenne telle qu’elle est conçue aujourd’hui, n’est qu’un piège à cons !

jack Lucent

Merci pour cet article, néanmoins l’euro n’est pas négatif, tout au moins pour une partie de l’Europe , l’erreur étant d’avoir voulu imposer, ou intégrer dans la même monnaie des acteurs trop différents , Il serait stupide pour la France de sortir de l’euro ( imaginez une sortie de l’euro en 2009 avec un prix du pétrole à 20 F le litre, une inflation galopante , deux dévaluations, comme sous Mitterrand… il faut vraiment ne rien comprendre à l’économie, pour vouloir cela) , et il est idiot d’y avoir fait entrer le Portugal, le Grèce, l’Espagne….
Enfin, nier le réel ne sert à rien, s’agiter avec des néocommunistes et autres idiots de gauche, ne change pas le réel, ça fait du bien, ça racle la gorge, mais en final, on crève toujours de faim, la chine l’a compris, la Russie s’est effondrée, etc…
pas plus un pays, qu’un foyer ne peut vivre longtemps sans équilibrer ses budgets, et trouver un moyen ( industries, services, tourisme etc.. ) de créer de la richesse …
Tout le reste n’est que dialectique – démagogique – bonne pour les abrutis, idiots utiles ou pas, primaires vociférateurs , et autres croyants aux lendemains qui chantent sans se fouler

Spipou

Je suis d’accord ! Voir la sortie de l’euro comme la solution à tous les problèmes, c’est jouer l’apprenti sorcier !

Karldergrosse

La soviétisation de l’Europe est à son apogée et si nous ne nous réveillons pas rapidement nous subirons la dictature de cette Europe de merde traitre à ses peuples qui la composent.
Il y a peu de temps un député Anglais du Ukip à prédit à l’assemblée de Strasbourg que si les Européens “savaient” ils pendraient tout les parlementaire de Bruxelles….actuellement nous commençons à savoir……………….quand allons nous les pendre!!!!

geronimo

Je pense que sur l’Euro, comme au début sur l’immigration, le Front National a raison trop tôt. Il est nécessaire de rétablir quelques vérités face au rouleau compresseur médiatique de l’UE :

– Dernièrement le cours de l’euro a baissé de 20%, il me semble que rien ne s’est passé relevant de la catastrophe annoncée, dans le cas d’un retour au franc et d’une dévaluation de 20%.
– En 1999, le passage à l’euro n’a pas fait baisser la dette, l’abandon de l’euro ne devrait pas, non plus, l’augmenter.
– une dévaluation devrait rendre la dette plus facile à rembourser.
– 97% de la dette est libellée en droit français, donc en cas de litige, ce seront les tribunaux français qui seront compétents pour le juger.
– Une monnaie doit être adaptée à l’économie d’un pays : il est absurde que la Grèce et l’Allemagne aient la même monnaie.

Mfleo

Lorsque vous parlez avec un tas de gens de l’avenir de l’Europe et de ce que proposent les partis “fachos” (moue méprisante des gauches déconnectées), ils pensent tous que ça suffit : l’euro (vous avez compté combien ça nous a coûté, la baisse du pouvoir d’achat), Schengen, les directives des technocrates qui tuent nos campagnes et nos commerces… Mais ils n’osent pas encore voter contre, dernier blocage. Que faudra-t-il pour qu’ils se bougent ?

Papin

Ben vous avez tout dit, je ne rajouterai même pas une virgule.Bravo

Dupuis

Sauf qu’en sortant de l’euro le 1er ministre Grec aurait été décapité ou fusillé car son peuple comme tous les peuples d’Europe sont totalement opposés à la sortie de l’euro . Les problèmes sont déjà assez graves pour ne pas en ajouter.La sortie de l’euro d’un peuple profite uniquement aux spéculateurs qui savent utiliser les produits financiers pour s’enrichir en profitant des variations des cours des devises. De toute façon le politique ne peut faire qu’une seule chose . Dire n’importe quoi au peuple et s’enrichir sur son dos..

Spipou

Exact ! Syriza a été élu sur la promesse de rester dans l’euro, on a tendance à l’oublier.

ROEHRIG

Par cette démonstration de force, l’Union Européenne a voulu dire aux peuples ayant cettaines idées qu’ils ne pourront rien contre Elle, qu’ils doivent se soumettre sous peine de tutorat.

ronie

Il faut être sur RL pour entendre les deux discours ! Rien, absolument rien sur les médias nationaux. Ce “rien” qui refuse les débats nous conduit les yeux fermés vers des catastrophes comme cela nous a déjà conduits avec les guerres du passé quand l’information était trafiquée. Internet nous sauvera-t-il ?

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