Colonel Beltrame et Mireille Knoll : la peine et la honte

Publié le 3 avril 2018 - par - 15 commentaires - 751 vues
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Nous venons de vivre des événements qui nous font beaucoup de peine et qui devraient, au moins pour certains d’entre nous, nous remplir de honte.

Riposte laïque a déjà commenté ces faits dans l’article de Paul de Poulpe et dans celui d’Eric Lhullier, publiés le 30 mars 2018, avec lesquels je m’identifie pleinement. Mais peut-être je peux ajouter mes sentiments.

Je fais, bien entendu, allusion aux deux évènements tragiques, qui se sont déroulé le vendredi 23 mars dernier, l’un dans le département de l’Aude, l’autre à Paris.
L’on sait que dans L’Aude un immigré marocain Radouane Lakdim s’est d’abord emparé d’une voiture, dont il a tué le conducteur, puis forçait vers un centre commercial. Là, il a tué deux autres personnes. Après, il a mis le pistolet sur la tempe d’une caissière qu’il a choisie comme otage. Alertée, la gendarmerie nationale arriva rapidement. Son détachement était commandé par le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame.
Celui-ci manifestement voulait avant tout sauver la caissière menacée. Il a déposé son arme et s’est offert à sa place comme otage au terroriste. Ensuite, il a été tué par lui.

Le mercredi 28 mars 2018 se déroula l’hommage à ce héros national, dans la cour d’honneur de l’Hôtel des Invalides. Les médias avaient annoncé que la cérémonie sera accessible au public. Alors, j’y suis allé.
En réalité, nous pouvions seulement tenir débout, sous la pluie, devant l’hôtel, entourés des forces de l’ordre. Nous étions, paraît-il, 2200 personnes. Sur un grand écran, nous pouvions suivre ce qui se passait dans la cour d’honneur. Je pouvais ainsi voir l’arrivée des anciens présidents Sarkozy et Hollande. Après, je voyais réellement d’abord la venue de la voiture transportant le cercueil avec les restes de l’officier assassiné. Et finalement la venue des limousines, entourées de motards, conduisant l’actuel président de la République Emmanuel Macron et sa suite du palais de l’Elysée, de l’autre bord de la Seine.

A mes lecteurs tchèques, auxquels j’ai déjà envoyé mon article, j’écrivais que l’Hôtel des Invalides est, en France, un peu un lieu du culte national. Fondé par Louis XIV, le « Roi Soleil », il est le lieu, où finissent leur vie les anciens combattants mutilés, où se trouve le musée des armées, où est enterré Napoléon Bonaparte qui, avant de mourir prisonnier à la lointaine Île Sainte Hélène, demanda à être « enterré au milieu de ce peuple français que j’ai tant aimé. »

Maintenant, au son de la Marche funèbre de Frédéric Chopin, le président de la République, tête nue sous la pluie, suivait le cercueil recouvert du drapeau tricolore, porté par les camarades combattants de la victime. Il prononça ensuite son discours, assez émouvant. Comparant Arnaud Beltrame aux autres défenseurs de la patrie, Jeanne d’Arc, Charles de Gaulle, Jean Moulin, il a dit de lui : « Son destin ne lui appartenait pas tout-à-fait. Il avait partie liée avec quelque chose de plus élevé que lui-même. » Il a parlé de ses jeunes compatriotes qui « désespèrent de trouver en notre temps de quoi rassasier la faim de l’absolue qui est celle de toute jeunesse. » Partant du combattant tombé, il mentionna « le ressort intime de cette transcendance qui le portait. » Il rappela qu’il existe certaines valeurs, dont l’islamisme n’est qu’une caricature répugnante. Il parlait de « l’hydre islamiste ».

Je dois avouer que je suivais tout cela avec des sentiments assez contradictoires. Le site, les ordres sonores des commandants, les uniformes historiques des gendarmes, la musique, les mots du président, tout cela était beau. Et lorsque nous chantions tous la Marseillaise, nos paroles « Contre nous de la tyrannie l’étendard sanglant est levé » illustraient bien face à qui nous nous trouvons à présent.
Cela me rappelait aussi que j’aimais la France avant même d’y avoir mis des pieds, jeune homme, en 1965. Mon père avait visité la France entre les deux guerres mondiales et il m’en a parlé avec enthousiasme. Toutes nos élites considéraient à l’époque Paris comme la capitale culturelle du monde. Je me disais maintenant que ce passé glorieux n’est pas tout-à-fait mort et qu’il ne dépend que de nous qu’il reste toujours vivant.

D’un autre côté, je me disais aussi que le président Macron, qui a si bien parlé, est aussi responsable de la mort d’Arnaud Beltrame. Le terroriste Radouane Lakdim avait été désigné comme suspect, mais il n’était ni limité dans ses mouvements, ni expulsé vers son pays d’origine.
Et puis, je ne pouvais pas ne pas me poser la question du sens du sacrifice du lieutenant-colonel. Pourquoi s’est-il offert comme otage au terroriste. Sa mort, n’est-elle pas une plus grande perte pour la France, que n’aurait été la perte de la femme qui a finalement bien survécu à tout ?

Nous savons que Beltrame était un catholique pratiquant. Il a grandi dans une famille peu pratiquante. Dans sa jeunesse, il devint franc-maçon. Mais à trente ans, il participa à un pèlerinage à Lourdes et devint croyant. Baptisé après sa naissance, il fit sa première communion à trente- trois ans. Après, il participait régulièrement à des cours et à des rencontres spirituelles à l’abbaye cistercienne de Timdeuc. Avec son épouse Murielle, avec laquelle il était marié civilement, il se préparait à un mariage religieux, prévu pour le 9 juin prochain. Devenue veuve, Madame Murielle Beltrame a dit : « On ne peut comprendre son sacrifice, si on le sépare de sa foi personnelle. C’est un geste d’un gendarme et d’un chrétien. Pour lui, les deux étaient liés. On ne peut pas séparer l’un de l’autre. »

Rien ne m’a dégoûté autant que lorsque j’ai entendu, à la télévision, un prêtre catholique de l’Aude, exprimer sa crainte que ce sacrifice pourrait avoir pour conséquence de renforcer l’hostilité à l’égard des musulmans. Pour ma part, je ne suis certainement pas hostile aux musulmans, parce qu’ils ont une autre vision de la cause première de notre être que moi. Mais je ne peux qu’être hostile à l’égard d’une idéologie prônant le djihad, la guerre sainte, jusqu’à ce que l’humanité toute entière se soumette au règne des musulmans. Rien que dans l’Aude, la chapelle Saint Vincent-de-Paul, à Ozanam, fut déjà en 2006 objet d’un incendie criminel. Jusqu’où iront les chrétiens avec leur principe « Aimez vos ennemis » ?

Et pourquoi toujours ces divisions entre Français ? Le 20 mars 2018, Le Figaro a publié une déclaration de cent intellectuels « Non au séparatisme islamiste ! » Ils disent : « Nous sommes des citoyens d’opinion différentes et très souvent opposées qui se sont trouvés d’accord pour exprimer leur inquiétude face à la montée de l’islamisme. Ce ne sont pas nos affinités qui nous réunissent, mais le sentiment qu’un danger menace la liberté(…) Ce qui nous réunit aujourd’hui est plus fondamental que ce qui ne manquera pas de nous séparer demain. » Pourquoi ne disent-ils pas, au moins, qu’il faut s’efforcer de surmonter ces divisions ?

Mais espérons que le sacrifice offert par Arnaud Beltrame ne sera pas tout-à-fait vain. Qu’au moins certains de ces traîtres à leur peuple, à leur civilisation, certains de tous ces lâches défaitistes qui dirigent cette malheureuse France, auront au moins un peu honte.
L’on sait que la droite, avant tout le représentant du parti Les Républicains Laurent Wauquiez, demande à ce que les terroristes potentiels, fichées S, soient expulsés lorsqu’ils sont étrangers, et qu’au moins les plus dangereux de ceux qui ont la citoyenneté française, soient préventivement internés. D’après les sondages, 90 % des Français interrogés approuvent cette demande. L’assassin d’Arnaud Beltrame, l’immigré marocain Radouane Lakdim, a été naturalisé Français il y a quelques années déjà. Tout naturellement, en tant qu’ennemi caractérisé de la nation, dans laquelle il s’est introduit malhonnêtement, il aurait dû être déchu de la citoyenneté française et renvoyé dans son pays natal. Mais ça, les pseudo humanistes qui nous gouvernent, ne peuvent pas le faire. Cela serait du racisme ! Ils préfèrent exposer à la mort leurs compatriotes, y compris les meilleurs d’entre eux.

Le 28 mars au soir, j’ai vécu une autre expérience, qui m’a été très pénible et pour laquelle j’ai vraiment honte. Le même jour qu’a été tué dans l’Aude le colonel Beltrame, a été tuée à Paris une israélite de 85 ans, Mireille Knoll, par deux jeunes musulmans. L’un d’eux était son voisin. Avant son crime, il a déjà fait de la prison. Il avait tenté de violer une jeune fille de douze ans, la fille de l’aide soignante qui s’occupait de Mme Knoll.

Lors de son discours à l’Hôtel des Invalides, le président Macron a également rappelé sa mémoire. Il a dit qu’elle avait été assassinée parce qu’elle était juive, qu’elle était victime de la même barbarie que le colonel Beltrame.
Mireille Knoll, née en 1932, avait réussi à échapper à la déportation nazie en 1942. Elle a été tuée par des musulmans en 2018.
Rappelons qu’elle n’a été qu’une victime d’une longue série d’Israélites français, tués par des fanatiques musulmans. Déjà en 2003, le jeune Sébastien Selan fut tué par un voisin musulman. Celui-ci jubilait ensuite : « J’ai tué un Juif, j’irai au paradis. » Il paraît qu’il a été déclaré pénalement irresponsable et qu’il vit maintenant en liberté. En janvier 2006, Ilan Halimi, âgé de 23 ans, fut kidnappé, séquestré et torturé jusqu’à la mort par un groupe de musulmans. En mars 2012 Mohamed Merah tua à Toulouse trois enfants, élèves d’une école juive, et un adulte, après avoir tué trois militaires. En janvier 2015, Amedy Coulibaly tua quatre Juifs au magasin Hyper Cacher à Vincennes. En avril 2017, Mme Sarah Halimi, âgée de 65 ans, fut d’abord brutalement battue, puis jetée par la fenêtre et ainsi tuée, par un voisin musulman, âgé de 27 ans.

Après midi le 28 mars fut organisée une « marche blanche » de la place de la Nation vers la maison, où Mireille Knoll avait vécu, par le Conseil représentatif des Juifs de France (CRIF). Les organisateurs ont à l’avance déclaré qu’une participation éventuelle de représentants du Front National (aujourd’hui appelé le Rassemblement National) ne serait pas bienvenue. Mais le fils de Mme Knoll déclara que l’on ne devait exclure personne de la marche commémorative.

J’y suis allé également. Il y avait surtout des personnes plus âgées, en majorité vraisemblablement juives. Après un certain temps de marche, j’ai entendu le bruit, des cris. Marine Le Pen s’est quand même permis de venir et certains participants lui manifestaient leur hostilité. Je leur criais de se taire. Je m’efforçais d’argumenter que si quelqu’un vient nous soutenir, on ne doit pas lui cracher dessus. Que nous devons être reconnaissants à la France pour l’hospitalité qu’elle nous offre et respecter ses représentants élus. Certains participants me donnaient raison, mais d’autres continuaient leurs cris hostiles.

Alors je suis parti. Je ne pouvais pas supporter ces manifestations de bassesse morale, d’intolérance et d’ingratitude.
Par coïncidence, à peu près au même moment, le père de Marine, Jean-Marie Le Pen, fut condamné à verser 30 000 Euros d’amende pour la phrase, prononcée il y a déjà très longtemps, désignant la Shoah comme « un détail de la deuxième guerre mondiale. »
Mes lecteurs savent que je suis, moi aussi, un survivant de la Shoah. Mon grand- père maternel décéda dans le ghetto de Theresienstadt, en 1943. Mon père, qui refusait de divorcer d’avec ma mère « non-aryenne », fut déporté, mais survécut. Moi-même, en tant qu’un « métisse de deuxième catégorie », je devais « seulement » être stérilisé. Vous devinez donc que la phrase mentionnée de Jean-Marie Le Pen ne m’a pas plu. C’était, pour le moins, une phrase malheureuse. Encore que ce que son auteur en a dit ensuite, qu’« un détail, c’est une partie d’un tout », cela est vrai aussi. En aucun cas, je ne vois pas en quoi cette phrase constitue un délit, justifiant une amende aussi élevée. Sans parler du fait que c’est du dernier mauvais goût de ne pas respecter un repos bien mérité d’un homme, âgé de bientôt 90 ans.

En guise de conclusion, permettez- moi de vous traduire simplement les dernières lignes de l’article que j’ai envoyé à Prague : « Toute cette société française, la droite, la gauche, les juifs, les chrétiens, les athées, me paraît condamnée. Au lieu de s’unir contre un ennemi qui les massacre sans pitié, qui ne cache pas sa volonté de les soumettre, ils se battent toujours entre eux. Ils continuent à être dominés par des passions et des rancunes d’une toute autre époque, d’un tout autre contexte. Je souhaiterais seulement que les Tchèques en tirent une leçon et qu’ils fassent tout pour ne pas subir le sort de cette France, de moins en moins douce. »

Dr Martin JANECEK

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Notifiez de
laurent k.

en conclusion un kouffard ou mécréant ne vaut mieux qu’une brebis ou un agneau un jour de l’aïd!
mieux vaut donc quitter ce pays qui n’est pas encore tout à fait musulman, mais qui est en voie de le devenir irrémédiablement!
bien à vous cher Docteur Janecek et à bientôt chez vous…

laurent k.

bonjour cher docteur Janecek
la polémique (bien dommage qu’il n’y en ai pas ou hors ce sujet) ne serait elle pas la loi sur la légitime défense ou l’usage de l’arme de service pour détenteur de l’autorité (soit disant) :
1er cas : Mr Beltrame utilise son arme et abats le mouloud : il se fait incendier par le presse et par ses supérieurs
2è cas : il n’intervient pas : il se se fait vilipender par ses pairs pour lâcheté devant l’ennemi! surtout si la caissière fut abattu et lui non!
3 cas : vous le connaissez, il a pris le risque et l’autre s’est offert un aller direct pour le paradis avec 72 vierges!!!en égorgeant un kouffard de 1ère classe : un officier de gendarmerie (bien mieux qu’une simple caissière)

Poncet

Je souscris entièrement à vos propos, Docteur Janecek…La France, en perdant la Foi et les valeurs de probité et de courage qui y étaient attachées, s’est perdue Elle-ême.. Diluée, sans vision, passive, amorphe … aveugle…Le réveil sera tragique et sanglant, je le crains…Chaque enfant qui naît porte une épée de Damoclés au dessus de sa tête…Que Dieu aie pitié de notre descendance !

croquignol

MERCI Docteur , on ne vous lis pas souvent , c est avec beaucoup d emotion , que j ai parcouru cet article , ce fut un très grand plaisir !

dufaitrez

Remake illisible ! Quoi de neuf Docteur ?
Même s’il y a de la Bonne Volonté !

@Benmongaillard

Vous nous faites un bien triste constat et pourtant si véridique !
S’il n’y a pas de véritable sursaut , encore faut-il être bien optimiste pour l’imaginer, la France, terre d’Occident, crèvera sous les assauts répétés de la division de son peuple et de la surenchère islamiste !

BALT

Très bon article. Quand l’Occident se réveillera…

Colonel de Guerlasse

Le facteur déclenchant du terroriste était probablement sa convocation par courrier des ânes bâtés de la DGSI. Un fiché S se cueille à l’aube, messieurs. De plus, le colonel Beltrame est rentré dans le supermarché avec son arme de service armée, de la folie, alors que le terroriste n’avait plus de cartouches dans sa pétoire. C’est sans doute pour cette raison que le policier à la retraite qui a donné l’alerte ne s’est pas fait tirer dessus, lui c’est le véritable héros, il a fait face après avoir enfermé les clients dans un frigo.
Avez vous remarqué que le procureur Molins, si prolixe et précis d’habitude a été prié de fermer son clapet sur ce coup ?

JILL

Si le colonel avait brandi son arme la caissière aurait été égorgée ;en supposant que le terroriste n’avait plus de munitions …et dans l’action,comment le savoir .Il aurait pu aussi avoir des explosifs .

limone

ce n’est pas ce que dit Colonel de Guerlasse..

JILL

Oui mais le colonel raisonne à posteriori;anticiper,c’est plus difficile dans une pareille situation .

quiditvrai

La peine et la honte des Français qui ne prennent pas les moyens pour s’en sortir et de ceux, pire, qui ne veulent même pas voir la réalité en face comme les autruches qu’ils sont.

Eric

Un triste constat…

Allonzenfan

La France est coupée en deux depuis De Gaulle et elle le restera encore longtemps…

Victor Hallidee

Si ce n’étaient que des passions qui divisent… c’est pire : c’est la passion du lucre et du pouvoir, la dehumanisation des oligarchies qui n’ont que mépris et visées criminelles envers un peuple qu’ils se sont ingéniés à aliéner, avant de les précipiter vers l’abattoir.