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Combien de communistes tués, en Indonésie, par « le monde libre » ?

Je sais qu’il est mal venu de parler de militants communistes en ce moment en France. Mais je brave l’opprobre pour essayer de parler d’un événement qui pourrait servir à faire réfléchir un peu ceux qui, dans ces colonnes, parlent si souvent des « crimes du communisme » avec l’invective grossière, la haine farouche qui suintent des touches de leur clavier, un événement dont ils n’ont certainement jamais entendu parler…

Quelques réactions de l’époque sur l’événement, avant d’aller plus avant :

Le Time Magazine du 16 juillet 1966 : « la meilleure nouvelle qui nous soit parvenue d’Asie depuis des années…»

U.S. News and World  Report : « Indonésie : l’espoir là où il n’y en avait plus. »

Harold Holt, premier ministre austalien : « Avec 500 000 à 1 million de communistes au tapis […] une bonne réorientation a eu lieu. »

Mais de quoi parlent tous ces hauts dignitaires, ces journalistes du « monde libre » ?

Tout simplement, ami lecteur, d’un des plus abominables massacre de l’histoire de l’humanité, je crois pouvoir te l’affirmer !

Le 30 septembre 1965 commençait l’exécution de plus d’un million de communistes en Indonésie (on a pu avancer le chiffre de 3 millions) et ce, jusqu’en 1966. Le PKI était le parti communiste le plus puissant, en dehors de ceux des partis des pays socialistes, et il était en passe de faire de l’Indonésie la puissance phare du tiers-monde ! Le « monde libre » a eu peur, mais Wikipédia t’en dira plus (par exemple sur le rôle des milices musulmanes sous la conduite de Nahdlatul Ulama… passons !).

Tout cela a été occulté, tout cela est oublié, pire, ignoré car soigneusement caché.

À noter, la non-intervention de l’Union soviétique, l’absence de toute critique de la part des dirigeants français, ce qui allait amorcer les crises et le lent affaiblissement du PC.

Tu sais, si on mettait, parmi d’autres, bout à bout, tous ces faits soigneusement occultés, on prouverait que les  60 millions de “victimes du communisme” ne devront jamais passer à la trappe de l’oubli, bien évidement, mais qu’il serait honnête de mettre en face celles du monde libre, comme ils disent ! Et la liste serait terrible : les camps de la mort nazis, ceux de l’île de Buru, en Indonésie, les millions de mort du génocide nazi, les millions de morts du militarisme japonais, les millions de morts du régime des Khmers rouges. Pinochet, Videla, Franco, Salazar, beau quatuor, le génocide rwandais et la guerre des Grands Lacs, en Afrique… Il doit bien y avoir le sinistre compte dans la balance !

Et si, quand on nous parle des millions de victimes du communisme, on se mettait à compter combien de millions de morts qui portaient tous la faucille et le marteau sur leur uniforme, morts du coté de Stalingrad avec pour seul remerciement l’insulte de certains qui parlent comme des officiers allemands devant « l’affiche rouge » !

Mais si l’on parle « crimes », balayons devant notre porte !

N’est-ce pas un crime contre le peuple de France commis par des forces politiques qui, depuis longtemps, se sont emparées du pouvoir, un crime que d’avoir capitulé devant des puissances étrangères, renonçant, sur leurs ordres, à construire une société meilleure, plus humaine, moins génératrice de crises, de chômage, de misère, débarrassée à jamais d’attentats, de meurtres au coin des rues, sur les quais de gare, sur les Promenades ?

Mais revenons à notre sujet pour conclure !

À l’heure actuelle, les 40 individus les plus riches d’Indonésie concentrent autant de richesses que 60 millions d’Indonésiens ; écoutons, ravalant notre rage, le ministre indonésien de la défense qui, le 18 octobre 2017, déclarait : « les victimes des purges anti-communistes méritaient de mourir ! … »

  Jean-Paul Rebour