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Combien sont vraiment les Gilets jaunes ?

 

La seule information sur le nombre de Gilets jaunes dans les rues ou sur les ronds-points vient du ministère de l’Intérieur, en un mot de Castaner lui-même. Depuis le début du mouvement, il est évident que dans l’intérêt de son gouvernement, il faut réduire ce chiffre à un minimum pour deux raisons : la première c’est le dénigrement de ce mouvement, si insignifiant que Macron n’en a pas tenu compte au début car il ressemblait trop aux manifestations CGT, Mélenchon ou retraités en colère. Un petit tour dans la rue avec des slogans bouffons et puis avant la nuit tout le monde à la maison. Les quelques casseurs qui s’étaient mêlés à la foule avaient été maintenus en place par les forces de l’ordre.

La seconde était de prouver que cette minorité de mécontents n’allait en aucun cas troubler les réformes de Macron.

Mais l’aveuglement et le sentiment de supériorité (politique et intellectuelle, voir remarque de Le Gendre) ont mené Macron directement dans son mur d’incompréhension : le peuple français qui l’avait élu haut la main et lui avait accordé une groupe de députés à l’Assemblée nationale miracle, combien pouvait-il seize mois plus tard lever la voix et oser l’affronter ? Jusqu’à l’automne 2018, tout baignait et ses ordonnances faisaient merveille, lois sur le travail, lois sur l’ISF, lois sur les cheminots, lois sur les écoles. À fond la caisse, notre Jupiter menait tambour battant sa politique sociale et économique sans franchement aucune opposition des partis morts au combat électoral. Seul Mélenchon ouvrait sa grande gueule et faisait rire la classe politique. Mais ses perquisitions l’ont depuis bien calmé.

Mais Macron derrière les balourdises de Castaner avait oublié un détail, comme toute la presse collabo ( BFM, CNEXS, FR2) : les Gilets jaunes comptabilisés étaient uniquement ceux qui marchaient dans la rue ou se réunissaient aux ronds-points. Ils étaient visibles et malgré les statistiques officielles certainement plus de 50 000 pour le dernier samedi.

Il y avait ceux qui ne marchaient pas à pied mais marchaient en voiture. Le gilet jaune, placé sur le tableau de bord était bien un Gilet jaune sur roue. Jamais on n’a osé donner une statistique. Mais à de nombreux ronds-points, les conducteurs avec leur gilet jaune devant le pare-brise se comptaient par dizaines, par centaines. En un après-midi, au rond-point de Cadenet, Vaucluse, plusieurs Gilets jaunes ont compté les véhicules avec le gilet jaune bien visible. À ce rond point il y avait environ une trentaine d’hommes et de femmes qui défendaient leurs causes. Mais entre  midi et 18 heures, en six heures étaient passés 435 véhicules avec gilets et ceux-là dans les statistiques n’étaient pas ajoutés.

Le mécontentement n’est pas toujours visible ou agressif : il est retenu mais bien là, présent et vif. Les retraités, les femmes chargées de famille, les hommes qui ont peur d’être matraqués ne sont pas forcément dans la rue mais leur cœur y est.

Alors apparaissent d’autres statistiques, certes officieuses mais plus proches de la réalité. Les Gilets jaunes en ce dernier samedi devaient être plus de UN MILLION de participants. Chiffre qui jetterait la panique dans le gouvernement. Pour trente Gilets jaunes au carrefour et 435 en voiture, les 50 000 deviennent 700 000 que je multiplie par deux pour compenser les faux chiffres du ministère de l’Intérieur soit 1 400 000 Français en colère dans les rues à pied ou en voiture !

Mais en reprenant le chiffre officiel de Castaner pour le samedi 17 novembre : 282 710 participants et utilisant le montage précédent des Gilets jaunes en voiture nous arrivons au chiffre phénoménal de 3 757 940 Français en colère !

Nous sommes plus proches de la vérité que de celle de Macron !

Et c’est ce qui explique la fuite en avant du gouvernement, d’avoir lâché du lest et de se retrouver dans le pétrin.

Le mouvement des Gilets jaunes n’est pas près de disparaître et c’est tant mieux car il faut garder la pression jusqu’aux Européennes pour donner une bonne leçon à ce jeune homme arrogant et plein de morgue. Ne votons pas candidats LREM ce jour-là !

André Girod