Comme Monti, Attali rêve de diriger la France sans être élu par des Français qu’il méprise…

Publié le 14 juin 2013 - par - 3 236 vues
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Jacques Attali est un cerveau surpuissant, c’est certain (Major de Polytechnique, ENA, Corps des Mines de Paris, Sciences Po, Docteur en Economie).

On est loin de Vallaud-Belkacem qui, récemment, n’a même pas été en mesure de se souvenir de ce qu’était le Fonds de Réserve des Retraites (espérons qu’elle termine ses révisions avant le prochain remaniement ministériel).

Jacques Attali est un puits de science. Il sait tout sur tout. Et bien plus encore. Maître Jacques écrit des livres, beaucoup de livres (Jacques ne dort que 4 heures par nuit contrairement aux humains tristement ordinaires comme vous et moi qui avons besoin de deux fois plus), sur tous les sujets.

On y trouve des essais, des romans, des biographies, des pièces de théâtre et même un conte pour enfant (pour les endormir je suppose).

Il donne également des conseils, beaucoup de conseils.

Rien qu’à la suite de la crise de 2008, Maître Jacques a écrit pas moins de 5 livres pour nous expliquer que tout cela était prévisible. Tout y est : ce qu’il aurait fallu faire, ce qu’il fallait ne pas faire, ce qu’il faut faire, ce qu’il faudra faire et surtout ce qu’il faut faire une fois que l’on a fait ce qu’il ne fallait pas faire.

Il est réellement dommage que Maître Jacques, qui écrit 3 ou 4 livres par an, n’ait pas daigné en consacrer un à la crise de la dette ou à celle des subprimes avant qu’elles n’éclatent. Ayant lu tous ses ouvrages je n’en ai trouvé nulle trace dans ses écrits antérieurs à 2008.  Mais probablement ai-je mal compris.

Il est également regrettable que pendant 14 ans aux côtés de Mitterrand, en qualité de conseiller spécial, Maître Jacques ne lui ait pas fait profiter de son savoir. Cela aurait peut-être empêché des fossoyeurs de l’économie française comme Bérégovoy (qui, avec sa politique de franc fort, a financé à nos dépends la réunification allemande) de nous transformer en nation de seconde zone.

En 1990, soutenu par Mitterrand, il prend la tête de la BERD (banque européenne dont la fonction était le développement des pays de l’Est).

Ri7Attali condor3Maître Jacques en a été éjecté très rapidement pour mauvaise gestion. Des mauvaises langues (britanniques bien entendu) avançaient que Maître Jacques menait grand train et que sa principale action à la tête de la BERD fut de mettre du marbre hors de prix  dans le hall de l’entrée.

La fréquentation prolongée des socialistes semble donc en mesure de faire basculer tout le monde du côté obscur de la force, même les grands esprits.

En 2008, Sarkozy a eu la riche idée de ressortir Maître Jacques Attali de la naphtaline pour lui confier la direction d’une commission éponyme dont l’objectif était de faire des propositions pour réformer l’économie française et la rendre plus compétitive.

Maître Jacques n’a pas pris la chose à la légère et sa commission a accouché d’un rapport proposant 316 mesures que de pauvres hères comme nous n’auraient jamais pu imaginer.

Maître Jacques et ses acolytes donneurs de leçon nous expliquent qu’il faut trouver des emplois pour les chômeurs, supprimer les monopoles injustifiés, apprendre à lire et écrire aux enfants, réduire la dépense publique tout en maintenant la qualité des services, développer les transports, supprimer les échelons territoriaux inutiles comme le département, etc.

Quiconque a lu ce rapport ne peut être qu’effaré par l’absence totale d’imagination de ces propositions formant une concaténation de lieux communs, surtout quand on pense que chacun des membres a été grassement rémunéré pour cette tâche.

Sarkozy n’avait bien entendu nullement l’intention d’appliquer les préconisations de ce rapport qui, comme tous les précédents, ne sert qu’à caler des armoires dans les ministères.

Mais pas cette fois ! Maître Jacques, bouffi de prétention, dressé sur ses ergots a prévenu : il est hors de question de picorer des propositions ou de les faire valider par un processus démocratique. C’est tout ou rien !

La crise financière qui a débuté en 2008 a mis en exergue l’impérieuse nécessité de réformer l’économie de notre pays et a permis à Maître Jacques de revenir sur le devant de la scène.

Maître Attali se serait bien vu à la tête du FMI ou de la BCE mais les places étaient déjà prises.

C’est alors que le parachutage de Mario Monti à la tête de l’Italie a donné des idées à Jacques Attali.

En effet, sachant pertinemment que notre pays suit la même trajectoire (étant donné qu’il est un des principaux responsables de la situation), Maître Jacques se verrait bien propulsé aux commandes de notre pays sans passer par le processus démocratique qu’il exècre.

Depuis lors, Maître Jacques est de tous les plateaux télé, parfois simultanément sur plusieurs chaînes (peut-être a-t-il développé le don d’ubiquité à l’ENA ou a Polytechnique ?).

Relooké, avec son col Mao, ses petites lunettes et sa barbe de 3 jours, Maître Jacques, tel un ascète, nous explique doctement que nous avons trop dépensé et que la belle vie c’est terminé !

Terminé les rentes, les salaires trop élevés, la protection sociale. Vous avez trop profité et Maître Jacques va vous réformer.

Comment ?  Tout est dans ses livres. Il vous suffit de les acheter.

Quiconque ose mettre en doute ses thèses est immédiatement rabroué comme un malpropre. Maître Jacques n’est pas là pour discuter mais pour vous enseigner. Il sait, lui, ce qui est bon, ce qui est juste.

Tout juste peut-il tolérer quelques minutes, la mine dégoutée, que d’autres que lui s’expriment, mais pas plus.

Posez-lui une question dérangeante (comme les accusations de plagiat flagrant portées à son encontre) et il quitte immédiatement le plateau. Maître Jacques n’a pas de temps à perdre.

Maître Jacques Attali a également décrété que l’Europe avait besoin de 50 millions d’immigrés supplémentaires dans les décennies à venir et que les vannes à visa devaient être grandes ouvertes.

Pour Attali, 50 Millions d’immigrés supplémentaires ne représentent qu’une cellule que l’on modifie dans un fichier Excel. Il ne les côtoie pas, il n’est pas soumis au diktat du « vivre ensemble ».  Je ne crois pas m’avancer beaucoup en affirmant que Jacques Attali ne vit pas dans un HLM de banlieue parisienne.

Quand on sait que ceux qui sont déjà là sont au chômage et que nos jeunes diplômés sont contraints de s’expatrier ou de rentrer vivre chez leurs parents, on serait tenté de demander à Maître Jacques comment il compte procéder pour les intégrer ?

C’est très simple, en nous désintégrant. Maître Attali ne veut plus de frontières ni de nations. Il propose de diluer ce qui reste de la France dans un gouvernement mondial.

Le misérable cloporte que je suis va cependant prendre son courage à deux mains et poser une question à Maître Jacques, lui qui est si prompt à parler de pragmatisme : a-t-il parlé de son idée de son gouvernement mondial à Poutine, Obama, Xi Jinping, Cameron et Merkel ? Si oui comment a-t-elle été accueillie ?

Cessez donc de ricaner. Maître Jacques déteste le chahut pendant qu’il dispense son cours magistral.

Jacques Attali symbolise jusqu’à la caricature la déconnexion totale de nos élites vis-à-vis de la réalité et leurs incapacité à trouver des solutions concrètes aux problèmes.

Sa morgue et son mépris pour le peuple ont atteint un tel niveau qu’il ne parvient plus que très difficilement à se maîtriser.

Attali, à l’instar de Monti et Draghi, ont mis au point un système presque imparable. Ils se targuent d’avoir anticipé des crises (sachant que presque personne n’ira vérifier) que leurs propres théories ou actions ont contribué à générer, et ont le culot de se présenter en sauveurs.

Au final, Jacques Attali est comparable à Elizabeth Tessier (astrologue de François Mitterrand), c’est-à-dire un charlatan.

A la différence peut-être qu’Elizabeth Tessier, elle, ne croit probablement pas aux balivernes qu’elle profère.

Alain Falento

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