Comme Pascal Clément, personne n’a envie qu’il y ait autant de minarets que de cathédrales en France !

Publié le 4 janvier 2010 - par
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«Le jour où il y aura autant de minarets que de cathédrales en France, ça ne sera plus la France» : vrai ou faux ? Voilà la question qu’appelle cette allégation ! Voilà également la question que personne n’a posée !! Et pourquoi donc ? Parce qu’elle serait une «discrimination» de plus, une «stigmatisation» de plus, une «diabolisation» de plus, un «amalgame» de plus lancés au visage de la communauté musulmane !!! Et la plupart des politiques de se jeter sur Pascal Clément, le député – présumé fautif – qui aurait formulé ce jugement dans une réunion à huis clos sur le port du voile intégral.

Ce qui m’étonne d’abord, c’est que les contempteurs de cette affirmation se piquent, sans exception aucune, de l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (qui stipule que «Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit »)… et sont prêts cependant au lynchage médiatique d’une opinion née de cette même liberté d’expression !

Ce qui m’étonne ensuite, c’est que l’analyse objective d’un propos, d’un écrit, d’un dessin, d’une œuvre ou d’une décision soit systématiquement délaissée au profit de la fureur et de l’anathème. Le monde politique aurait-il pour mission d’excommunier la pensée – et la liberté qui lui est consubstantielle ? Faut-il rappeler ici que la liberté de penser est sans limites, et que la finalité d’un Etat démocratique est cette liberté ?

Ce qui m’étonne enfin, c’est que le triomphe de l’affect sur le concept – qui revient à fouler aux pieds la racine de l’humanité par la négation théorique qu’il engendre – s’empare invariablement de la scène politique sitôt qu’il s’agit de la communauté musulmane : si Pascal Clément avait déclaré que «Le jour où il y aura autant de cathédrales que de minarets en Algérie, ça ne sera plus l’Algérie», il aurait été porté aux nues pour sa bienveillante lucidité à l’égard du peuple algérien, et l’on se serait bousculé en haut lieu pour célébrer qui le respect de la culture d’origine, qui le devoir de non-ingérence, qui le droit d’être non occidental, qui la fierté d’être soi, qui le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes… Mais hélas pour Pascal Clément : en foulant les plates-bandes de l’islam, il s’est rendu coupable de blasphème !

Quelle tristesse ! Comme si la réflexion de Pascal Clément n’était pas un truisme ! Comme si les cathédrales ne faisaient pas partie de l’identité de la France, c’est-à-dire de son patrimoine historique, culturel et national, au même titre que la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, de 1789 ! Comme si la France n’était pas à la fois la «fille aînée de l’Eglise» et la mère de la Révolution !

Depuis quand aurions-nous peur de la vérité ? Et comment serions-nous vrais nous-mêmes si nous avons peur d’entendre ou de dire la vérité ? Voulons-nous vraiment ressembler à ces musulmans qui se vexent dès qu’on ose critiquer l’oumma ? Leurs mouvements d’humeur – joints à celui de la secrétaire d’Etat aux Aînés, Nora Berra, claquant la porte pour protester contre les paroles «insupportables» de Pascal Clément – ne sont-ils pas la marque d’un affaissement de l’Occident qui voit croître en son sein ceux qui ne supportent pas qu’on touche à l’islam et ceux qui ne sauraient accepter qu’une remarque, fût-elle juste, puisse insupporter ceux qui ne supportent pas qu’on touche à l’islam ? Et si, en ce domaine, l’adoption d’une posture outragée n’était jamais qu’une stratégie de colonisation qui cache son nom ? Ceux qui s’installent dans un pays pour y imposer leurs us et coutumes ne se comportent-ils pas en colonisateurs ? Que se passerait-il si leur nombre venait à l’emporter sur celui des autochtones ? Qu’en pense Nora Berra ?

Il y a des vérités qui font mal, certes, mais à qui ? N’est-ce pas, en l’occurrence, aux autochtones ? Madame Berra s’est-elle demandé si ces derniers se sentent offusqués des progrès de l’islam militant ? S’est-elle seulement préoccupée de savoir quelle République veulent lesdits autochtones : celle de la laïcité et du féminisme, ou celle de la charia ? En cherchant à concilier les inconciliables au point de laisser une religion imposer ses signes extérieurs comme autant de signes de conquête, on ne peut qu’aboutir pour de bon à l’insupportable ! Ce qui est donc insupportable pour de bon, ce n’est pas la phrase de Pascal Clément – avec laquelle, soit dit en passant, l’immense majorité des Français est d’accord – : c’est la réaction de Nora Berra à cette phrase, comme si la France, ancien pays laïque, était déjà un pays musulman !

Maurice Vidal

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