Islam : Nadia Geerts, une laïque belge qui tourne en rond

« islam = ce que les musulmans en font » : voici la nouvelle formule qui se mord la queue et résume la faillite de la pensée philosophique chez une militante progressiste de notre XXIe siècle.
L’article d’Elisseievna que Riposte Laïque avait publié le 4 courant(1) a suscité un débat fort intéressant sur le blog de Mme Nadia Geerts(2). C’est sur ce blog que j’ai eu quelques échanges avec son animatrice. Ayant explicité ma définition basique de l’islam = coran + Mahomet et puis démontré qu’il était liberticide, séparatiste et ségrégationniste au quotidien, donc handicapant pour notre intégration en Europe(3), Mme Geerts a fini par m’opposer sa propre formule qui résume une pensée plutôt embrouillée. Sa façon de penser est malheureusement prédominante chez nos intellectuels français et européens.
Mme Geerts définit l’islam comme étant ce que les musulmans en font. Formulée de façon plus ou moins similaire, cette idée m’a été opposée dans pas mal de débats. C’est donc à l’analyse de cet échange avec Mme Geerts que ce texte sera consacré.
Nul doute qu’elle est une militante progressiste. Elle n’est pas d’accord avec ma démarche et le positionnement de Riposte Laïque, mais il n’en demeure pas moins qu’elle est critique à l’égard des religieux et des religions. Elle n’est certainement pas dupe sur le projet de société que certains ténors de l’islam en Europe voudraient faire passer.

Séparer islam et musulmans, cibler le premier pour soigner les seconds

J’ai toujours commencé par analyser les invariants de la pensée islamique plurielle, avant de disserter des particularités propres à tel ou tel penseur ou mouvement. S’il y a des invariants présents dans toutes les variantes de la pensée produite par des musulmans, c’est bien l’évitement de toute critique du coran et de Mahomet. On ne peut pas comprendre l’entrave qui handicape les musulmans par rapport aux penseurs juifs et chrétiens si l’on élude ce constat. C’est à ce tabou, à cette honte, à cet abcès propre aux musulmans que Salmane Rushdie, les caricatures danoises et Théo Van Gogh etc. ont touché. Ce faisant, ils ont démontré que l’Europe, elle aussi, est en train de voir arriver concrètement l’épée qui a toujours été présente au dessus de la tête, de la langue, de la plume et du clavier des musulmans. Certains intellectuels, comme Nadia Geerts, voudraient se persuader que cet interdit absolu n’est pas intériorisé et partagé par tous les musulmans. Or je prétends que tout enfant qui naît dans une famille musulmane, partout dans le monde, voit ses pieds, ses poignés et sa cervelle livrés à cette entrave massive. On ne peut comprendre la démarche pesante des musulmans, à la traîne de toute notre humanité, si l’on n’imagine pas le poids de ces jougs et de ces tabous.
Les musulmans, tous les musulmans ont de tout temps été conscients que le coran et Mahomet sont la très fragile clé de voûte de l’échafaudage à la façade duquel leur être et leur conscience s’affichent, sont suspendus. Donc interdiction absolue de toucher à cette sacrée clé! C’est cela qui explique qu’aucune pensée ayant quelque poids ou consistance n’a pu voir le jour en terre d’islam : après avoir ânonné Platon et Aristote, on y ânonne aujourd’hui la pensée des autres sans aucun droit à la libre création. Le rationalisme attend toujours que les musulmans prennent leur liberté pour critiquer ce dont ils ont, au fond, terriblement honte. Ils savent pertinemment que la ruine menace leur fameuse « maison de l’islam » (dâr al-islâm). Elle ne tient que par la grâce des dictatures qu’elle a toujours abritées. Elles se suivent et se ressemblent. Ce qui maintient un semblant d’ordre dans la baraque et le souk islamique c’est bien la poigne de ses potentats, tous issus des rangs de ses enfants, c’est bien la menace de fatwas que ses imams, ses muftis et ses mollahs sont prêts à lancer urbi et orbi. C’est là que réside le nœud du problème. On ne peut résoudre la question islamique sans défaire ce nœud et sans faire la critique du coran et de Mahomet.
Dans ma formulation simplifiée de la question islamique, je fais une nette distinction entre islam et musulmans. Je considère la dignité humaine comme sacrée, mais pas les religions et surtout pas l’islam, qui n’a que peu de respect pour la dignité humaine. Mme Geerts a raison de craindre que cette façon de procéder ne heurte les musulmans. Et pour ne pas avouer la pétoche et la lâcheté qui inhibe l’expression de ces évidences, Mme Geerts se console d’imaginer que la démarche de Riposte Laïque est contre-productive. C’est comme si sa démarche et celle des pétochards et/ou idiots utiles avait donné quelque résultat probant !
Ne sait elle pas et ne savent-ils donc pas que depuis le milieu du XIXe siècle, tout une légion de réformistes et de critiques, y compris un certain professeur émérite de la Sorbonne, ont testé diverses recettes de la médecine douce sur les musulmans, premières victimes, vecteurs, reproducteurs de l’islam ! Cela a bien fait marcher le rayon homéopathie des officines que Mme Geerts affectionne, mais l’état de notre malade n’a fait qu’empirer.
Pour moi, il était grand temps de dire la vérité aux patients, à mes concitoyens et à mes voisins musulmans, de leur nommer clairement la souche pathogène qui vit et se reproduit à leurs dépens. J’ai la prétention de ne pas m’arrêter au simple diagnostic : je leur prescris, gratuitement, une thérapie peu coûteuse en effusion et en transfusion sanguines. Je leur garantis que mes remèdes ciblent les germes et épargnent le malade.
Première ligne de mon ordonnance : adopter une posture de bipède et prier la tête haute les yeux tournés vers le Ciel(4). Avec un sourire aux lèvres, c’est encore plus spirituel ! Dès les premières applications sur tout le corps, les signes de guérison seront visibles à l’œil nu. Il n’est donc nullement besoin de recourir aux antiques saignées et de faire la révolution en Arabie, en Iran ou en Algérie…, c’est dans un petit coin du royaume de votre être que s’opère l’authentique révolution.
Je sais que ce diagnostic et cette ordonnance ont le chic d’irriter la bande de nos soi-disant chercheurs, médecins, journalistes et philosophes prêchant et officiant à la Sorbonne, à Nice, à Aix, à Lille, à l’IEP, à Bruxelles etc. Ils se sont soi-disant penchés sur le cas du malade qu’est notre musulman et sur celui de son monde au corps alité, s’étalant de l’Indonésie jusqu’au Royaume-Uni, en passant par Paris.
A ceux qui font remarquer aux musulmans européens que le coran et Mahomet (dans lesquels ils se reconnaissent tous) prescrivent et ordonnent au quotidien des choses monstrueuses, nos Babès, Bouzar, Bidar, Bencheikh, Bouba, Sifaoui, Chebel… devenus experts en fabrication de somnifères opiacés, prononcent à chaque fois leur fameuse formule magique : « Ne vous inquiétez pas, dormez braves gens, nous contextualisons et nous avons l’interprétation capable de vous apaiser ! ». Ils ne diront jamais que l’islam rend la vie difficile à ses propres adeptes et qu’il explique en bonne partie la dés-intégration qui affecte la communauté musulmane en Europe.
Il est vrai que nos intellectuels musulmans sont aujourd’hui capables de miracles : M. Bidar a tout de même tenté et presque réussi le tour de force consistant à islamiser Sartre et l’existentialisme. Il prêche « un islam sans soumission » sans jamais demander aux musulmans de commencer par relever la tête et de ne plus se mettre à quatre pattes. Même si notre Nadia Geerts est maître-assistante de philosophie, elle n’y voit que du feu et prend des vessies pour des Lumières.
Notre ami Bidar, lui aussi professeur agrégé de philosophe, croit qu’il pourrait devenir adulte, responsable et maître de son existence tout en évitant l’acte symbolique consistant à tuer Dieu le père et ses rejetons chéris que sont Moïse, Jésus et Mahomet.
A l’instar de ses semblables logés chez Marianne, Mme Geerts gobe ces somnifères, les avale tout rond, va se coucher et ne s’avise jamais à poser la bonne question à ses concitoyens et voisins musulmans : « Interpréter et contextualiser c’est bien, mais critiquer c’est pour la Saint Glinglin ? ».

Mme Geerts ne veut pas aller directement à l’essentiel

Analysons sa formule et tentons de comprendre ce qu’elle signifie du point de vue théorique et pratique.
« islam = ce que les musulmans en font » nous dit Mme Geerts. Le pronom personnel « en » remplace ici l’expression « de l’islam ». Nous pouvons donc mieux expliciter sa formule : « islam = ce que les musulmans font de l’islam ».
Il est évident que la logique de notre agrégée en philosophe, auteur de cette formule, laisse à désirer. En effet, dès les premiers cours de logique, même les informaticiens apprennent que toute donnée doit être initialisée ou définie à l’aide de variables connues. La définition donnée par Madame Geerts fait appel à un raisonnement circulaire. Il n’explique rien. Sa logique si elle était mise en pratique informatique ferait tomber dans le fameux piège de la boucle sans fin qui, jusqu’à nouvel ordre, n’a jamais produit de résultat probant.
Dans les années 70, j’ai enseigné à mes élèves la dynamique des systèmes. C’était à l’université de Mannheim. Je leur apprenais comment résoudre ce banal problème de définition circulaire et je me permets de l’expliquer ici à Mme Geerts. Assignez tout simplement une valeur de départ à l’islam, avant de laisser les musulmans en faire ce qu’ils font. Vous n’y échapperez pas Nadia : ce problème n’a qu’une seule solution, celle que j’ai donnée au système dynamique qu’est la pensée islamique et non pas l’islam. L’islam, sans abus de langage, a toujours été et sera toujours = coran + Mahomet, deux éléments préexistant à ce que les musulmans en font.
L’équation de Madame Geerts est fallacieuse : on ne peut pas poser une équation du genre « judaïsme = ce que Spinoza, Maïmonide, Sitruk etc. en font ». Cela revient à prendre une pensée philosophique, ou plutôt des pensées philosophiques pour une religion : des lanternes pour une vessie. La pensée de Mme Geerts est donc embrouillée elle est faite d’amalgame, elle manque de discernement linguistique, logique et conceptuel.
Je ne crois pas qu’elle soit bête. Il me semble tout simplement que cela résulte de sa peur d’être traitée de raciste, accusée d’essentialisme et autres balivernes qui n’ont qu’un but : empêcher la libre pensée d’aller directement à l’essentiel. Aucune saine pensée ne peut réellement se déployer si elle se laisse limiter par la peur, si elle manque d’audace. C’est d’audace que notre époque manque cruellement.
J’espère que Mme Geerts comprendra que sa formule suppose, du point de vue théorique, l’existence d’un noyau primordial auquel les premiers musulmans adhèrent et puis en font ce qu’ils en font. Ce noyau incontournable et primordial, de ce qu’on appelle ISLAM, n’est rien d’autre que le coran et Mahomet. Pas d’islam sans le coran. Sans Mahomet pas d’islam. Avec le coran ET Mahomet, l’aventure historique des musulmans peut commencer en tenant compte du fait qu’ils n’ont surtout pas la liberté d’en faire ce qu’ils veulent. Il ne leur reste donc qu’à louvoyer et à déambuler autour du noyau dur en attendant qu’une tête brûlée ose leur expliquer qu’il y a des issues par le haut afin d’échapper à leur prison volontaire et qu’ils peuvent en sortir, sans la démolir : ils peuvent la garder intacte comme symbole de leur histoire, constituée d’une Bastille aussi vaste que le monde musulman.
C’est exactement ces déambulations que les pèlerins musulmans effectuent symboliquement chaque année autour du cube sacré de la Kaaba. J’espère que Mme Geerts et mes amis/contradicteurs arriveront à comprendre qu’à travers l’espace et le temps, toute génération de musulmans se nourrit d’abord du texte coranique et de l’exemple de Mahomet, toujours présenté comme étant exemplaire. A côté de cela chaque état, chaque communauté, chaque tribu, chaque famille et chaque individu a aussi ses héritages particuliers qui nuancent sa compréhension et sa pratique de l’islam, sans jamais avoir le droit de critiquer ouvertement le noyau dur de l’islam primordial. Les musulmans n’ont jamais fait ouvertement la critique de leur religion : la première édition critique du coran est en train d’être écrite non pas à la Mecque, non pas au Caire ou en Indonésie, mais à … Berlin, sous la houlette de philologues allemands !
Interrogeons maintenant la formule de Mme Geerts du point de vue pratique.
En adoptant cette formule, Madame Geert s’intéresse, tout compte fait, uniquement à ce que font les musulmans. L’objet de leur culte et de leur vénération est considéré comme une sorte de boîte hermétique, de boite noire, une sorte de cube de la Kaaba. Elle se refuse donc d’examiner le lien qui existe ou pourrait exister entre ce qu’ils font et ce que cette boîte contient comme instructions, comme exemple, comme enseignement et comme règles de vie. Pourtant, l’histoire a démontré que le contenu de cette mystérieuse boîte a le pouvoir de stériliser la pensée, de l’anesthésier et de paralyser tout mouvement de libération.
La formule de Mme Geerts conviendrait parfaitement à un agent des Renseignements Généraux ou de la police qui ne feraient que produire des rapports ou des constats. Mme Geerts serait-elle devenue simple chroniqueuse, constatant ce que font les musulmans tout en prenant soin de les distinguer des extrémistes désignés par le terme infamant d’islamistes. Ah si ma mère pouvait la lire, elle qui, dans les années 60 et 70 portait le voile intégral en croyant tout simplement obéir aux injonctions du coran et du prophète très vénéré !
C’est aux juges que nos commissaires renvoient l’éventuelle prise en compte des circonstances atténuantes ou aggravantes et l’éventuel examen des tenants et aboutissants. Même si les juges considèrent les faits, rien que les faits, face à un comportement qui n’est pas conforme à la norme générale, ils se doivent d’entendre au moins le contenu de l’enseignement et endoctrinement auxquels ont été exposés les personnes en question.
Ayant une haute idée des intellectuels, des militants et des philosophes, je crois qu’ils seraient chèrement payés s’ils se limitaient au travail délégué normalement aux agents des R.G., de la police ou aux chroniqueurs borgnes et sourds à ce qui agite notre monde.
De plus, je ne peux même pas imaginer que Mme Geerts croit à sa propre formule « islam = ce que les musulmans en font ». Voici les faits qui m’en empêchent : elle en exclut non seulement les islamistes mais aussi ceux qui, dans les colonnes de Riposte Laïque, osent chatouiller les deux précieux bijoux de famille de l’islam. Il est vrai que ces derniers risquent de le stériliser, de mettre fin à sa virilité, de lui ôter, enfin, sa virulence et donc de ne plus faire durer le plaisir de ceux et de celles qui affectionnent la masturbation intellectuelle.
Nos amis/contradicteurs n’aiment pas Riposte Laïque parce que nous dénonçons le sempiternel « tourner en rond » commun à nos intellectuels et aux musulmans. J’espère avoir démontré que leur objet commun auquel ils ne veulent justement pas toucher est la même boîte noire d’où aucune Lumière n’est jamais sortie. Que de misère et d’hypocrisie pour les musulmans et pour ceux qui sont amenés à les côtoyer !
Pascal Hilout
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(1) L’Europe meurt de la fin des Lumières
(2) Rispostes « laïques » ?
(3) Audition au parlement
(4) C’est à la station de métro qui dessert la grande mosquée de Paris que j’ai distribué des tracts dans ce sens. Les représentants du CFCM et des CRCM ont reçu copie de cette ordonnance et bien d’autres encore, faciles à mettre en oeuvre sans moratoire ni atermoiement.

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