Comment croire que le fascisme soit étranger à la gauche ?

Publié le 21 décembre 2014 - par - 778 vues
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melenchonhitlerOn peut toujours faire des faux-procès et mettre des guillemets partout, il n’en reste pas moins que la réalité est incontournable et affirmer que le fascisme n’a pas grand-chose à voir avec le socialisme c’est nier l’évidence, c’est refuser à l’enfant la connaissance de son père et de sa mère.

Le fascisme n’est pas orphelin. Son père est le socialisme, sa matrice est le socialisme, tout comme le communisme sa soeur jumelle. (relire ICI). Les chiens ne font pas des chats. Histoire de sourire un peu, il faut savoir que le fascisme dans sa prime jeunesse en 1919, avait comme programme des idées qui sont d’actualité à notre époque dans le milieu socialiste français.

En effet, que penser du fascisme « adolescent » sur le terrain économique. Je cite Philippe Conrad de la Nouvelle Revue d’Histoire de Novembre 2013: « le programme du mouvement fasciste semblait très à gauche. Il exigeait la dissolution des sociétés anonymes, l’interdiction des spéculations boursières et bancaires, un impôt sur le capital, la mise en place de la journée des huit heures et d’un salaire minimum, une réforme agraire et la participation des salariés à la gestion des industries lourdes. » Comme on peut le constater, le fascisme n’avait pas grand-chose à voir avec la droite de l’époque, si toutefois on peut faire des parallèles avec notre temps. Beaucoup de Français d’aujourd’hui, particulièrement ceux qui ont voté Hollande et d’autres d’ailleurs, n’auraient pas grand-chose à redire sur un tel programme. Bien des éléments se retrouvent dans les programmes politiques actuels.

Benito Mussolini, créateur du fascisme venait de la gauche et suite à la guerre, cessa de croire à l’internationalisme. Il préconisa un socialisme d’état qui n’a jamais été il faut en convenir, un « national-socialisme » à la manière d’Hitler. À son sujet, l’admirateur transi qu’était Hitler de Mussolini en 1923, avait lui-aussi un programme de gauche. Les faits sont incontournables à laquelle il y avait ajouté son racialisme et l’idée de race supérieure dont comme par hasard, il prétendait faire partie.

Jacques Doriot ancien dirigeant communiste au plus haut niveau, n’a fait que suivre la pente de Mussolini à la suite de sa déception d’avoir été évincé par Staline au profit de Maurice Thorez à la tête du Parti communiste français. Les chiens ne font pas des chats.

Quant à la gauche collaborationniste, on peut toujours tenter d’édulcorer sa responsabilité dans la collaboration en soulignant que beaucoup de collabos ne venaient pas de la gauche comme le souligne certains lecteurs : beaucoup de responsables de Vichy  à des fonctions importantes n’avaient aucun lien avec la gauche. On peut citer entre autre, l’Amiral Darlan, Philippe Henriot, Benoit  Meschin, Darquier de Pellepoix , commissaire aux Affaires juives, Joseph Darnand , chef de la Milice, Jean Jardin, Directeur de Cabinet de Laval. Ce qui n’empêche pas moins que la gauche y compris les communistes ne cesse pas aujourd’hui de considérer leurs adversaires comme des fascistes si ce n’est des nazis. Elle n’a pas de leçon à donner compte tenu du nombre important de ses intellectuels qui ont collaboré, sans parler des artistes.

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Certes, on peut toujours trouver des excuses à beaucoup qui se sont retrouvés à collaborer du fait de leur appartenance à une gauche pacifiste qui inclinait à accepter la défaite plutôt que la poursuite de la guerre. La guerre de 1914-18 et ses souvenirs douloureux n’était pas si loin. Mais n’oublions pas Charles Péguy qui tranquillement affirmait: les pacifistes ont les mains blanches: ils n’ont pas de mains ! Tout comme nos socialistes d’aujourd’hui !

En fait ce qui manque cruellement aux Français et à beaucoup de responsables politiques, c’est une certaine culture historique qui leur interdit de faire des liens, des rapprochements et sans doute des raccourcis.

Le fascisme est une idée venue de la gauche qui s’est peu à peu transformée en un système policier privatif de liberté. Comme dans tous les systèmes socialistes. Un pouvoir socialiste, par définition ne songe qu’à mettre en place l’homme parfait, le citoyen idéal, l’homme nouveau et  il est prêt à y mettre tous les moyens. Ce qui gêne le pouvoir socialiste, c’est la liberté qui est par définition incontrôlable. En France, en mettant l’accent sur la « fraternité et la « solidarité », c’est la liberté qu’il cherche à contrôler.

À décharge, le fascisme, ce socialisme national  italien, a remis l’Italie sur pied. Il a fait de ce pays quasiment du tiers monde avant lui, importateur de blé et de produits de première nécessité, exportateur de sa main d’œuvre, un pays exportateur de blé et ayant l’une des plus puissantes marines du monde. Un pays qui a forcé l’admiration d’un Churchill.  Comme quoi, il y a toujours à boire et à manger dans un débat. Rien n’est tout à fait blanc, ni tout à fait noir.

Parmi les intellectuels de la gauche on peut y trouver, en plus des politiques, certaines personnalités comme Georges Albertini socialiste et Cégétiste, Victor Arrighi patron communiste qui rejoint Doriot, Henri Barbé communiste et ensuite secrétaire du Parti Populaire Français (seul parti fasciste connu), Victor Barthémy, communiste et PPF, Gaston Bergery, Radical-socialiste, René Bousquet, Radical-Socialiste, blanchi par la Haute Cour en 1949, grand ami de François Mitterrand, Francis Bout de l’An, normalien, devenu milicien, venu de la gauche également, Fernand de Brinon,  journaliste et diplomate, Félicien Challey normalien, ami de Péguy et de Jaurés, socialiste, Marcel Déat socialiste, Georges Dumoulin syndicaliste, Léon Emery, Paul Faure tous deux socialistes, etc. Je ne souhaite pas vous fatiguer avec une longue litanie de personnages qui, pour des raisons diverses, issus de la gauche socialiste, se sont lancés dans la collaboration avec les nazis allemands aux côtés du Maréchal Pétain qui lui, eut les pleins pouvoirs par le Front Populaire socialiste. Pour en savoir plus, lisez « Le dictionnaire de la collaboration » du regretté Dominique Venner que l’on ne peut pas soupçonner de compromissions et d’approximations.

Pour conclure, le pire de tout est de chercher à relativiser. Oui, les régimes fascistes et nazis  sont la continuation des idées socialistes et s’ils ont obtenu le soutien des financiers, c’est surtout qu’hier, tout comme aujourd’hui, l’argent, la finance, le grand capital n’a pas de couleur, pas de religion, n’a pas de patrie.

Pour l’anecdote, il faut savoir que dans le bureau d’Hitler, il y avait la photo d’un grand capitaliste américain qui l’a soutenu, Henry Ford dont nul ne songe aujourd’hui à faire un procès à sa compagnie, y compris à ses descendants, alors même que l’on attaque la SNCF. Socialisme bien compris ?

Gérard Brazon (Le Blog)

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