Comment expliquer l'incroyable complaisance des journalistes à l'égard de Cohn-Bendit ?

Daniel Cohn-Bendit s’étant livré, la semaine dernière, à une sortie scandaleuse, au Parlement européen, expliquant que tous ceux qui combattaient le multiculturalislme étaient coupables de la tuerie d’Oslo, en insultant grossièrement le président d’honneur du Front national, nous rediffusons ce texte, déjà publié dans le numéro 92 de RL,  montrant l’incroyable complaisance médiatique dont le député européen a bénéficié, tout au long de sa carrière…
Honteux.
Honteux le comportement servile des journalistes avec Cohn-Bendit.
Lors de son altercation avec Bayrou, ils ont lynché ce dernier et ont servi la soupe à Dany le Rouge, sans trop le bousculer pour ses lignes écrites en 1975, (1) c’est le moins que l’on puisse dire !
Pourtant, ce sont les mêmes qui, en hyènes hurlantes, se sont acharnées sur d’autres pour bien moins que ça : rappelez-vous le procès haineux fait à Chevènement pour avoir parlé des sauvageons ; à tel point d’ailleurs que, malgré ses explications aux incultes pour leur rappeler que les sauvageons sont de jeunes plantes pas greffées, la suspicion continue de peser sur lui. Je n’ai pas oublié, d’ailleurs, la saloperie proférée par Cohn-Bendit contre Jean-Pierre Chevènement, qui venait de sortir du coma, et qui, bien qu’affaibli, continuait à défendre son idéal républicain : de manière crapuleuse, il osa ironiser sur les séquelles de l’ancien ministre de l’Intérieur, pour ridiculiser ses propos. En toute impunité médiatique, là encore.

Rappelez-vous la video montrant Royal affirmant que les enseignants du public étaient si peu fatigués qu’ils arrondissaient leurs fins de mois dans les officines privées. Elle aussi a été sommée de s’expliquer, de se justifier, taraudée et poussée dans ses derniers retranchements.
Rappelez-vous Bayrou giflant un gamin qui lui faisait les poches, accusé de violence, sommé lui aussi de se justifier, de s’expliquer, et copieusement vilipendé par… Cohn-Bendit.
Rappelez-vous comment Sarkozy a été brocardé pour avoir dit « casse-toi pauvre con »…
Rappelez-vous Devedjian, surpris par une caméra indiscrète traitant une rivale UMP de « salope », et le passage en boucle de cette vidéo…
Rappelez-vous Rachida Dati, un peu éméchée le 14 juillet, tenant le bras de Laporte, ou bien se marrant comme une bossue, lors d’une réunion européenne…
Rappelez-vous ces vidéos ignobles sur le passé amoureux de Carla Bruni, se terminant par « il n’y a que le train qui ne lui est pas passé dessus », et complaisamment par des féministes, du moment que c’était contre Sarkozy, tout était bon !
Rappelez-vous le lynchage médiatique de Julien Dray, savamment distillé par une certaine presse…
On pouvait donc s’attendre, après les propos de Bayrou évoquant les propos plus que choquants écrits par Cohn-Bendit en 1975, à une mise en cause de l’auteur du livre ; on pouvait s’attendre à ce qu’il soit sommé de s’expliquer.
Il n’est pas question ici de faire un procès d’intention ; chacun peut, dans sa vie, se tromper et évoluer, et heureusement. Par contre ce qui me gêne c’est que je ne crois pas avoir entendu Cohn-Bendit reconnaître qu’il avait changé d’avis, à part quelques mots reconnaissant le caractère « un peu outré, provocateur », de certains de ses propos, plaidant l’ignorance de l’époque quant aux abus sexuels…( d’autres avaient dit la même chose à propos des camps de concentration…)
Mais, sur le fond, rien. Cohn-Bendit, à aucun moment, ne remet en cause l’idéologie libertaire de toute sa vie, qui l’a conduit à prôner le laxisme éducatif, à participer à ce mythe de l’enfant-roi que nous payons si cher actuellement et à militer contre l’interdiction de la fessée. Son livre est emblématique de ce courant de pensée qui a obtenu un certains nombre de sièges à Bruxelles dimanche dernier : l’enfant veut ouvrir la braguette et tripoter ? Ses désirs sont des ordres, on ne lui dit pas non….
Alors vous pensez bien que s’il s’agit d’un caprice pour un bonbon ou du refus de faire des efforts en classe, on ne va pas choquer ces jeunes seigneurs ! C’est d’ailleurs au nom du même principe que cet antirépublicain véhément s’est opposé de toutes ses forces à la loi sur les signes religieux à l’école en 2004. Il est interdit d’interdire. Il est interdit d’éduquer. Il est interdit de donner aux filles une chance de vivre à égalité des garçons… Du plaisir, toujours du plaisir, encore du plaisir… pour ces messieurs.
C’est à ce travail d’investigation que des journalistes dignes de ce nom auraient dû se vouer, c’est ce genre de questionnement qu’ils auraient pu induire au lieu de se contenter de vagues réponses.
Et que dire de la vidéo (2) qui tourne actuellement sur Internet montrant un extrait d’émission de télé de 1982 avec un Cohn-Bendit ignoble, méprisant, revendiquant ouvertement la consommation de substances illicites « les petits gâteaux au hash, c’est fantastique », ou « quand une petite fille de 5 ans commence à vous déshabiller, c’est fantastique » et regrettant qu’il n’y ait pas assez de partouzes… Il nous lève le cœur.
Le plus terrible, c’est le silence des journalistes qui écoutent avec des petits rires embarrassés mais presque complices les propos graveleux et les vantardises de Cohn-Bendit. C’est dire le poids des pires travers de mai 68, et je ne confonds pas le détournement libertaire de cette période avec la grève générale des travailleurs pour obtenir des avancées sociales conséquentes. C’est dire la difficulté, à l’époque, de résister au politiquement correct, et la tyrannie de la pensée exercée déjà par Cohn Bendit et les siens.
Qu’a-t-il fait pour mériter un traitement de faveur ??? Pourquoi ce silence là où un Le Pen, un Beregovoy, ou un Chevènement auraient été lynchés, et rendus inéligibles ??? Imagine-t-on un journaliste voulant faire son travail, et rendant publics les écrits et cette vidéo de Daniel Cohn Bendit, comme cela a été fait contre Ségolène Royal, sur les enseignants, ou contre Sarkozy, avant la présidentielle. Imagine-t-on, malgré la propagande du film Home, ou toutes les émissions alarmistes publiées ces derniers jours, que Cohn Bendit aurait pu faire un score pareil et que sa liste n’aurait pas payé cher ce passé révélé ? Mais les journalistes protègent Cohn-Bendit, parce qu’ils partagent plus souvent l’idéologie libertaire du leader Vert que la culture jugée ringarde de Bayrou, capable de mettre une gifle à un gamin qui lui fouille les poches, non pour le peloter, mais pour lui voler son porte-monnaie. Alors, on lynche Bayrou, et on protège Cohn Bendit, ce qui ne déplaît pas à Sarkozy, par ailleurs !
Il convient de s’interroger : à qui ou à quoi ce pantin profite-t-il, au-delà de la possible élimination d’un candidat à la présidentielle de 2012 ???
On ne voit guère d’autre réponse que dans sa défense forcenée du oui en 2005, avant comme après. Rappelons-nous que la grande majorité des journalistes avait voté oui en 2005, montrant le décalage de leur culture bobo avec le peuple.
Les oui-ouistes seraient-ils si intéressés par la victoire de l’Europe supra-nationale et libérale que nos élites nous ont faite qu’ils seraient prêts à cacher les cadavres dans le placard ????
Sinon, qu’attendent les journalistes pour tarauder Cohn-Bendit sur ses écrits et son passé, afin de savoir s’il fait amende honorable, ou bien si les Français ont été nombreux à tout faire pour qu’un dévoyé nous représente à Bruxelles et donne son avis sur les produits bio, ce qui est sain pour la santé, la directive anti-fessée et l’application de la Charte des droits fondamentaux. ???
Tout cela fait frémir.
Non, cela fait peur.
Non, cela fait horreur.
De mauvaises langues prétendent même que Sarkozy voudrait prendre en compte le vote en faveur d’Europe Ecologie en faisant entrer le soixante-huitard attardé dans le gouvernement.
On toucherait le fond.
Je dois avouer que je n’aurais peut-être pas osé mettre un lien sur cette video nauséabonde et hurler avec les loups si Cohn-Bendit n’avait pas été si agressif, si méprisant avec François Bayrou. Je ne suis pas du tout sur la ligne européiste de celui-ci mais je reconnais que c’est un homme droit et respectueux qui ne méritait ni d’être tutoyé par quelqu’un qui ne lui arrive pas à la cheville, ni d’être traité de minable par le même.
Le scandale, c’est que François Bayrou s’est juste contenté de dire ce que tout le monde pense : quand on a écrit des lignes comme celles qui se trouvent dans Le Grand Bazar, on évite de trop la ramener, de donner des leçons à la terre entière, de se montrer arrogant, méprisant, on évite de prétendre détenir la vérité, on évite de fustiger ceux qui pensent autrement que soi, que ce soit des Bayrou ou les républicains de ce pays, ceux qui osent préférer une Europe des nations et des règles permettant la vie en société à une Europe qui muselle les peuples pour leur imposer un mode de vie et des valeurs et consuméristes et décadentes.
Christine Tasin
(1) [http://www.lexpress.fr/actualite/politique/bayrou-derape-face-a-cohn-bendit-a-la-tele_765205.html->http://www.lexpress.fr/actualite/politique/bayrou-derape-face-a-cohn-bendit-a-la-tele_765205.html
(2) [http://www.fdesouche.com/articles/46086->http://www.fdesouche.com/articles/46086]
Article paru sur le site de Christine Tasin : http://christinetasin.over-blog.fr/

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