Comment gagner un procès en démontrant qu'on est sexiste et rétrograde

Une affaire jugée au tribunal de grande instance de Lille, le 1er avril dernier, a retenu mon attention (1). Le tribunal a prononcé l’annulation d’un mariage, accédant ainsi à la demande du plaignant, le mari, dont le seul grief contre sa nouvelle épouse était : « Elle n’est pas vierge ». Impropre à la consommation, en quelque sorte, un peu comme on rapporterait un rôti de porc (ah non, justement, pas de porc !) périmé au supermarché.
Ce jugement peut surprendre, au moment où l’on célèbre le 40è anniversaire de mai 68, ses fleurs, ses interdictions d’interdire, ses brûlages de soutien gorge (tiens d’ailleurs, on fête également cette année les 50 ans de la marque Aubade, pardon, je m’égare). Mais cela nécessite un peu de décodage.
Tout d’abord, un mariage civil est un contrat, conclu entre 2 parties (pas plus de 2, n’insistez pas). Si l’une des parties estime avoir été dupée, elle peut demander sa rupture, sous certaines conditions néanmoins. Celles-ci sont inscrites dans le code civil, article 180, dont le dernier alinéa est celui-ci (2) :
« S’il y a eu erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l’autre époux peut demander la nullité du mariage. »

C’est donc ce passage qui a été utilisé pour annuler le mariage. L’époux a fait valoir qu’il s’est trompé sur une des « qualités essentielles » de sa femme. Libération va plus loin dans la confidence et nous rapporte le « drame » de la nuit de noces (3) :
« X et Y (ils veulent rester anonymes) sont des musulmans français «pas du tout extrémistes», précise l’avocat du mari. Lui est ingénieur, la trentaine. Elle était étudiante quand ils se sont rencontrés. «Elle lui a été présentée comme célibataire et chaste», note le jugement lillois. Y, elle aussi, assure à X qu’elle est pure comme il le souhaite et n’a jamais eu de relations sexuelles. C’est ce que croit toute sa famille. Le mariage se fait en grande pompe, comme il se doit. La nuit de noces, le marié découvre que son épouse a menti. Au bout de quelques heures, il débarque au milieu des invités qui sirotent un dernier jus. Il n’a pas de drap taché de sang à exhiber. Son père ramène immédiatement Y, sa belle-fille, chez ses parents. Tout le monde se sent déshonoré. »
Voila de bons citoyens français, musulmans mais « pas intégristes » (bah tiens.. le pire, c’est que c’est vrai, c’est l’islam tout entier qui est arriéré), bien intégrés et pas voués à l’obscurantisme, si on en juge par le niveau d’études. On notera néanmoins qu’ils « sirotent un jus » lors d’un mariage, eh oui, champagne verboten. Et surtout, on remarquera cette charmante coutume tellement « intégrée » et « moderne » de prouver à l’assemblée sa virilité, ainsi que la pureté de la mariée, en exhibant à tout le monde le fameux drap conjugal, taché du sang d’un hymen sauvagement supprimé. Drap qui, au bled, se retrouve d’ailleurs accroché au balcon des jeunes mariés, afin d’en rajouter dans le romantisme nuptial. Pourquoi les jeunes français ne feraient il pas preuve de tolérance, et de leur goût pour l’exotisme, en adoptant cette charmante coutume ? Je m’étonne d’ailleurs que la Halde n’ait pas fait encore rendu un jugement « de tolérance » en ce sens pour briser les velléités contestataires.
Revenons-en au jugement. La jeune mariée a vite admis, pour accélérer l’ « enquête », qu’elle avait menti car elle SAVAIT que son promis refuserait de l’épouser sinon. La duperie, quelle qu’elle soit, a donc été avérée, facilitant la tâche du tribunal. On peut assez facilement deviner que le juge a rendu un grand service à cette jeune femme en accédant à la demande du mari.
Faut-il se scandaliser d’une telle décision de justice ? J’en doute. La duperie a été avouée, le contrat était donc signé sur de mauvaises bases. Car après tout, il ne s’agit que d’un contrat. On pourra néanmoins se poser la question de la recevabilité du procès, car enfin, la justice a encore l’option de déclarer la plainte irrecevable ! Madame Dati elle-même a estimé, par l’intermédiaire de son porte parole (4), que c’était une décision de justice normale, que-l’islam-n’a-rien-à-voir-dans-tout-ca, et n’a pas du tout relevé le fait que ce procès était tout simplement… anachronique et sexiste. Car ce qui est intéressant, c’est qu’on a là un homme qui n’a pas hésité à aller au tribunal en démontrant son sexisme et son mépris des femmes, et qui grâce à ces tares, a eu gain de cause ! Il est là le tour de force : les sexistes obscurantistes les plus primaires n’ont même plus honte de leur condition.
Cela en dit long sur l’existence, en France, d’une mentalité rétrograde complètement anachronique avec la société française, et qui malgré son éducation a été complètement incapable de s’adapter à son milieu d’accueil et à en adopter les principes et l’humanisme. Cela démontre malheureusement l’incompatibilité scandaleuse entre une mentalité importée, et la conception de l’individu, de l’être humain, qui devrait être la base de l’éducation de tous les enfants scolarisés en France. Elisabeth Badinter a eu le courage d’aller au-delà du jugement rendu par le tribunal, pour dénoncer cette mentalité, et pour fustiger les conséquences du jugement rendu, qui risque d’accentuer un peu plus les pressions sur les jeunes filles musulmanes, et qui semble légitimer des revendications rien moins qu’animales et insultantes pour la moitié du genre humain… « je pense à cette malheureuse jeune fille, humiliée, publiquement humiliée, revenant dans sa famille, ce qu’elle a dû vivre a dû être épouvantable. J’ai honte que la justice française n’ait pas pris a coeur de défendre toutes ces jeunes filles». (5)
On peut d’ailleurs noter les termes exacts du procès : la future « lui a été présentée comme célibataire et chaste », on ne parle donc pas seulement de la virginité en tant que telle, mais bel et bien de la prescription religieuse de chasteté. En outre, ce n’est pas la concernée qui s’est présentée comme chaste, mais bel et bien sa propre famille qui en a fait « l’article » selon ces termes. On nage en pleine foire aux bestiaux.
Qu’est ce qu’on rigolerait si ca avait été l’inverse, si pour une fois le mâle avait été obligé de justifier qu’il n’était pas vierge, qu’il avait été humilié pour sa « non-pureté », et que sa virginité perdue ait été exhibée à la France entière. Et non, c’est bel et bien un domaine qui n’accuse que les femmes, qui constitue en soi une vraie discrimination sexiste qui se traduit, dans les faits, par un jugement au tribunal. Mais que fait la Halde ? Trop occupée à défendre l’islam, elle est probablement bien embêtée dans ce cas précis.
On remarquera qu’on se trouve là ironiquement dans un cas qui rentre directement dans le cadre des nouvelles directives anti-racistes de l’union européenne, dans leur définition de la définition de la « discrimination directe » : « une personne est traitée de manière moins favorable qu’une autre ne l’est, ne l’a été ou ne le serait dans une situation comparable ». (6) Effectivement, le « serait » peut s’appliquer dans ce cas aux hommes : jamais un homme ne « serait » jugé pour cela, par conséquent d’après nos fonctionnaires bruxellois, cela constitue une discrimination manifeste ! C’est, quoi qu’il en soit, une bonne démonstration des contradictions et de l’incompétence des « autorités » qui sont censées nous apprendre la tolérance.
En conclusion, nous apprenons grâce à cette affaire, plusieurs choses :
– la justice française a ses limites quand il s’agit de défendre la République et ses principes. Les islamistes ont d’ailleurs déjà utilisé notre système judiciaire pour bafouer la République, par exemple en défendant l’imam de Vénissieux, qui enseignait pourtant comment battre sa femme en islam, ou contre Fanny Truchelut, obligée de mettre la clé sous la porte pour ne pas avoir accepté de femmes voilées dans les parties communes de son gîte. Cet exemple de la « mariée non conforme à la charia » n’en est que plus frappant. La justice ne s’occupant que de la forme, et non du fond de la requête, légitime ainsi la plus barbare des arriérations. Oui, cela pose problème. Oui, cela aura des conséquences sur l’islamisation de la société française, et le recul du droit des femmes.
– Des musulmans, pourtant « hautement éduqués », « bien intégrés » et « loin d’être intégristes » considèrent toujours que l’honneur des familles se situe entre les cuisses des femmes. Caroline Fourest l’avoue à ses dépends (7) : c’est probablement un point assez malheureux, car ce ne sont pas des personnes rustres ou intégristes qui ont conservé cette conception « bouchère » de la femme, mais des musulmans « modérés » et ayant fait des études supérieures en France. Quelle meilleure démonstration des fondements sexistes de l’islam ? Et malgré cela, on trouve à nouveau les irréductibles idiots utiles de l’islam pour nous rabâcher que « ca-n-a-rien-à-voir-avec-l’islam » ! Effectivement, le jugement n’est pas lié à l’islam, mais à la conception islamique de la femme par le plaignant, comment dès lors refuser tout rapprochement entre la dissolution du mariage, et l’islam ? En ce qui me concerne, n’importe quel abruti qui serait capable de gaspiller le temps de la justice française, pour ses superstitions rétrogrades et insultantes, devrait gagner immédiatement un aller simple vers la terre d’islam. La charia en France, on n’en veut PAS !
Jérémie Ménerlach
1- http://www.europe1.fr/Info/Actualite-France/Justice/Elle-n-etait-pas-vierge-son-mariage-a-ete-annule/(gid)/139165
2- http://www.divorce-famille.net/divorce-famille/textes-de-lois/code-civil-mariage.htm
3- http://www.liberation.fr/actualite/societe/328802.FR.php
4- http://www.presse.justice.gouv.fr/index.php?rubrique=10461&article=14967
5- http://www.liberation.fr/actualite/societe/328837.FR.php
6- http://www.ripostelaique.com/Halde-la-20-Apres-la-promotion-du.html
7- http://www.dailymotion.com/video/x5lqcy_la-mariee-netait-pas-vierge_news

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