Comment la gauche peut-elle continuer à s’agenouiller devant l’islam ?

Publié le 21 septembre 2009 - par

Avec la montée de l’islam en France et en Europe, on aurait pu s’attendre à ce que la gauche fût plus que jamais «de gauche». Hélas, la gauche est plus que jamais devenue gauche, c’est-à-dire oblique, maladroite, embarrassée ! Son discours est oblique parce qu’il est dévié par l’islam ; son attitude est maladroite par la gêne que lui impose l’islam ; sa conscience est embarrassée sous la contrainte de l’islam.

La droite de Valéry Giscard d’Estaing mettant en place le regroupement familial, ou celle de Jacques Chirac déclarant que les racines de l’Europe sont musulmanes, mérite évidemment les mêmes qualificatifs, encore que le religieux puisse permettre de comprendre une sympathie droitière à l’égard du monde musulman : le cléricalisme est traditionnellement de droite ; la gauche «bouffe du curé» !

La gauche devrait donc «bouffer de l’imam» ! Or, que fait-elle sinon dérouler le tapis vert d’une religion dont les enseignements s’opposent aux enseignements de la gauche ? La gauche est laïque : l’islam ne l’est pas. La gauche refuse prosternation et soumission : l’islam est cela même. La gauche privilégie le politique : l’islam privilégie le religieux. La gauche veut une France de justice sociale : l’islam veut une France de justice divine. La gauche veut une France de progrès : l’islam veut une France du VIIème siècle. La gauche veut une France laïque et républicaine : l’islam veut une France selon l’islam !

Dans nos sociétés occidentales, la liberté dont jouit la femme est, pour l’essentiel, le résultat de luttes sociales menées par la gauche. De ce fait, comment cette dernière peut-elle ne pas réagir devant la remise en cause de cette même liberté par l’islam ? Le voile islamique et, a fortiori la burqa, ne balaient-ils pas des lustres d’émancipation féministe ? Tandis que nos principes républicains posent l’égalité en dignité et en droits de tous les êtres humains, l’islam proclame la supériorité des hommes sur les femmes, et la précellence de l’oumma sur toute autre communauté – quand il n’exige pas que les non-musulmans soient soumis à tribut ou humiliés, ou combattus, ou mis à mort ! Comment donc la gauche peut-elle être islamophile ? Voiles et burqas ne sont-ils pas les révélateurs de notre islamisation, et, par suite, d’une islamisation de la gauche elle-même – qui n’ose d’ailleurs plus utiliser ce terme, sauf pour en faire la maladie des islamophobes ?

Nonobstant, cette même gauche sait que l’islam continue de lui être antinomique en ce qu’il recourt à la peine capitale, banalise l’esclavage, interdit au musulman de changer de religion, permet au mari de battre sa ou ses femmes, et frappe d’ostracisme les juifs et les chrétiens dès la sourate d’ouverture du Coran (Fatiha, verset 7) !

Si encore l’islam n’était qu’une religion ! Mais c’est aussi une législation dont la particularité est d’avoir Dieu pour législateur – ce qui change tout ! Dans une démocratie, en effet, aucun des droits fondamentaux ne saurait être utilisé contre le Droit. Dans l’islam, au contraire, ordre est donné aux musulmans de combattre, où qu’ils se trouvent, le Droit du pays d’accueil, afin que l’islam y soit la seule loi. Voilà pourquoi les intégristes musulmans ne cessent d’invoquer la liberté religieuse au nom d’une religion qui nie cette même liberté pour quiconque, y compris pour ses adeptes, sauf à vivre selon la charia.

Quand donc la gauche affirmera-t-elle le droit français face à toute autre obédience ? Quand donc fera-t-elle respecter les principes laïques et républicains, quitte à ce que ces derniers froissent telle ou telle communauté ? Serait-il vrai que plus l’islam pose problème, plus il est recommandé de lui laisser les coudées franches ?

Ce n’est heureusement pas l’avis du député-maire André Gérin (PCF) qui, ulcéré par la multiplication des voiles au sein de sa commune, et plus encore par l’entrée du voile intégral sur notre sol, a eu le courage de créer une commission d’enquête parlementaire sur le port de la burqa en France. Mais ils ne sont que 10 à gauche (3 PCF et 7 PS) sur 58 signataires (43 UMP, 2 NC, 3 NI), à soutenir cette initiative, alors qu’aucune voix de gauche n’aurait dû manquer à l’appel d’André Gérin, ni même aucune voix parlementaire. C’est d’ailleurs cette unité de salut public qu’il faudra un jour réussir si nous entendons demeurer maîtres de notre destin !

Mais peut-être qu’à défaut de prospective, les non-signataires n’ont fait qu’oublier le caractère explosif de toute mixité sociale se construisant à l’écart des lois. Dans ce cas, qu’il me soit permis de leur rappeler la sagesse de Montaigne, pour qui «c’est la règle des règles, et générale loi des lois que chacun observe celle du lieu où il est» (Essais I, 23), ou encore celle de Descartes – qui tenait pour première règle de sa morale provisoire «d’obéir aux lois et aux coutumes de (son) pays» (Discours de la méthode, 3ème partie).

A l’évidence, il n’est pas bon, lorsqu’on est Français et qu’on veut le rester, de s’éloigner de ces lumières !

Maurice Vidal

Print Friendly, PDF & Email

Les commentaires sont fermés.

Lire Aussi