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Comment les politiciens utilisent le mot République pour mieux enfumer les Français

Excellents articles du numéro 315  sur Riposte Laïque de Paul-Antoine Desroches et de Jacques Philarchein auxquels Victor Hallidée dit souscrire à 100%.

http://ripostelaique.com/grand-neant-de-france-la-franc-maconnerie-a-du-pouvoir-mais-aucun-savoir.html

http://ripostelaique.com/la-resistance-patriotique-senracine-dans-la-france-avant-que-detre-republicaine-ou-jacobine.html

Je me joins à ce dernier pour appuyer les réflexions pertinentes de M. Philarchein qui l’ont amené à écrire : « Sinon, nous deviendrons des militants de la République et de la laïcité qui passeront leur temps à combattre des militants de la République et de la laïcité.« 

N’est-ce-pas ce qui se passe, déjà ?

Plus prosaïquement que les auteurs de l’article ne l’ont décrit, je voudrai parler de ce qui, dans la vie de tous les jours tout autant que dans la vie politique telle qu’elle nous est présenté quotidiennement à travers les divers médias, nous avons très rapidement le sentiment que tout débat s’enlise, que des 2 côtés de la barrière idéologique et en dehors même des désaccords nets et francs qui surgissent ( un camp pour la régularisation de tous les « sans papiers », l’autre non ; un camp pour le mariage homosexuel, l’autre, non, etc), tous les partis politiques se réclament des mêmes valeurs usant et abusant des mêmes mots pour le dire :

respect, valeurs, valeurs républicaines, crise de l’autorité/rétablissement de l’autorité, droit à la différence, égalité hommes femmes, combattre les inégalités, laïcité, vivre ensemble, rassemblement, ouverture au monde, liberté, égalité, fraternité, la France un grand pays plein de richesses, école républicaine, Lumières, Révolution de 1789.

Nicolas Sarkozy dans un de ses derniers discours ne voulait « pas de compromis avec les valeurs républicaines ».

A quelques semaines de sa victoire, François Hollande réitérait sa « confiance dans les valeurs de la République« .

le-president-francois-hollande-dans-la-cour-de_l'ElyséeJean-Luc Mélanchon, à Bobigny (2012) en appelait à une France « plus grande », « plus laïque », « plus fraternelle », « plus républicaine. » Il insistait en parlant de « passion républicaine » qui devait être elle aussi plus grande et plus forte. 

Ce qui n’est pas sans rappeler le slogan Umpiste « France forte ».

Najat Belkacem expliquait son entrée en politique par la nécessité de « se battre pour nos valeurs républicaines et de gauche. » En associant ainsi aux « valeurs » les termes « gauche » et « républicaines », la porte parole et de propagande de ce gouvernement sous -entendait clairement que les valeurs républicaines ne peuvent être que de gauche.

Chacun d’entre nous se souvient, au début des années 80, du monopole intellectuel que s’arrogeait la gauche en parlant des « intellectuels de gauche ».

A droite, c’était entendu, c’était tous d’ignares crétins.

En 2013, c’est au tour de Jean-Louis Borloo de proposer avec l’UDI « un programme républicain pour sortir de la crise« .

A contrario, Marine le Pen est jugée représenter le parti antirépublicain. Rien de moins.

Mais, c’est quoi, à la fin, les « valeurs républicaines » ?

La République est ce qui s’oppose à la monarchie, c’est un Chef de l’Etat élu qui ne détient donc plus ses fonctions par hérédité.

J’ai beau chercher, aucun parti  politique dans ce pays n’a jamais prôné le retour à une monarchie !

 Il en va des valeurs de la République comme de la  laïcité : tous  l’acclament, tous la revendiquent, tous la défendent avec une ardeur frémissante, et personne ne semble capable de la faire respecter mais tous ceux qui ont été au pouvoir avec ceux qui le sont aujourd’hui  n’ont de cesse de lui tailler des brèches en lui accordant des accommodements de plus en plus déraisonnables alors qu’un pourcentage croissant de Français  s’oppose aux signes extérieurs d’appartenance à une religion.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/08/08/01016-20130808ARTFIG00457-une-majorite-de-francais-contre-le-voile-islamique-a-l-universite.php

Tous les partis politiques affirment vouloir combattre l’insécurité, affirment oeuvrer pour une justice impartiale pour des résultats que l’on connaît, que l’on subit :

Brétigny, Trappes, émeutes du Psg, rafle de l’appartement d’Odette, caillassage des pompiers portant secours à une vieille dame en danger dans le quartier du Mirail à Toulouse, justice impartiale avec des magistrats qui épinglent sur leur mur des Cons des pères de familles dont les filles ont été les proies de psychopathes etc.

Quand des personnes présentées comme des adversaires adoptent le même registre lexical, il y a tout lieu de suspecter une fausse et hypocrite opposition ou … un vrai gros problème.

Nous pouvons supputer en toute légitimité que l’ usage permanent d’une politique politicienne camoufle les vrais enjeux des décisions prises,  comme l’analyse avec sagacité l’ancienne ministre Marie-France Garaud :

[youtube]DWlGMTcnGK0[/youtube]

http://www.youtube.com/watch?v=DWlGMTcnGK0

D’où le sentiment de nombre de compatriotes d’être pris pour les dindons d’une farce dont l’issue risque fort de leur être rien de moins que favorable.

Il appartient aux résistants de redéfinir leur opposition à la doxa en s’appuyant sur des vocables idoines pour ce contre quoi ils se battent, sinon, le peuple qui écoute et qui lit ne voit plus que 2 camps qui défendent les mêmes choses mais dont l’un mentirait pendant que l’autre dirait la vérité.

A ce jeu-là, la victoire remportée appartiendra au camp  qui causera le mieux, qui parlera le plus fort, qui mettra en scène un orateur hors pair…et ce camp-là ne sera pas le plus sincère ni le plus loyal.

Et quand l’un des camps s’est autoproclamé Camp du Bien depuis 32 ans, chacun sait qu’au nom du « bien » se commettent les pires turpitudes et les pires crimes jamais perpétrés.

D’où ma conviction de l’urgence de changer de batterie de cuisine vocable, de redonner aux mots tout leur sens premier, de les rhabiller de la splendeur que tant de galvaudages ont massacrée.

Ou d’en trouver d’autres.

Et, tout aussi inquiétant,  quand les partis politiques ne se disputent pas la propriété des mots, ils se revendiquent, non sans cynisme, d’illustres personnages incarnant les idéaux du camp adverse.

Sarkozy évoquait Jean-Jaurès.

En campagne électorale, Hollande ne se gênait pas pour faire le grand écart entre Mitterrand et Charles de Gaulle. 

http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120221.OBS1987/exclusif-quand-hollande-evoque-mitterrand-et-de-gaulle.html

Tous se réclament aussi du siècle des Lumières, de l’héritage de 1789,  de la République française, soit, mais à qui ces événements parlent-ils vraiment ?

« La France« , « Le peuple français », « Les Français » sont des termes à résonance plus familière, plus chaleureuse, plus affective que celui de « République ». Quand nous sommes loin de notre pays, que la nostalgie nous gagne et que nous nous remémorons notre France,  nous évoquons ses paysages variés, une côte bretonne ou la chaîne des Pyrénées,  ses campagnes et ses bistrots, l’accent marseillais , une fondue savoyarde,  un bon vin, ses musées, ses châteaux, les senteurs de ses forêts, le son des cloches de ses églises, nous pensons à des choses concrètes, nous nous souvenons de notre vécu, nous ne pensons jamais à la France comme à une République. Nous ne pensons jamais à la France sous la forme de ses « valeurs républicaines. »

Parce que la République « Liberté, Egalité, Fraternité », en dépit de sa fabuleuse histoire, reste un terme abstrait qui ne parle pas à notre âme. Il pouvait plus sûrement parler à l’âme d »un Français au XVIII ème siècle parce qu’il vécut sa proclamation et pouvait la comparer à avant, nous, nous ne la comparons à rien parce qu’à notre naissance, elle existait déjà.

Et si parler de la République signifie intrinsèquement « liberté, égalité, fraternité » , que penser de tous ces pays pourtant républicains et démocrates ou républicains seuls qui n’ont pas eu leurs « Lumières » ni leur « 1789 » ?

Aucune personne sensée n’adhère plus au « rassemblement » clamé par les uns et les autres tant l’idéologie dominante a clivé les 2 camps.

Le « vivre ensemble » plébiscité par tous les politiciens donne des boutons à de plus en plus de Français patriotes  qui n’aiment pas qu’on leur dicte leur conduite.

Renaud Camus a bien compris l’enjeu de l’utilisation de mots clairs et précis dont la signification est immédiate et parle à l’âme de ceux qui les entendent, des mots employés à bon escient seront perçus et compris par le plus grand nombre de personnes.

http://www.bvoltaire.fr/renaudcamus/journal-de-renaud-camus-jeudi-8-aout-2013,33046

Caroline Corbières

http://www.renaud-camus.net/journal/2013/08/06

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/les-valeurs-republicaines-me-118848#commentaires

http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120221.OBS1987/exclusif-quand-hollande-evoque-mitterrand-et-de-gaulle.html

http://www.parti-socialiste.fr/la-declaration-de-principes

http://www.europe1.fr/Cinema/Ruiz-digne-heritier-des-Lumieres-Sarkozy-676287/