Comment Najat Belkacem peut-elle être ministre française et obligée du roi du Maroc ?

Publié le 7 mai 2013 - par - 26 530 vues
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Certains se sont posé la question : pourquoi le « printemps arabe » n’a-t-il pas contaminé le Maroc ? La réponse est simple : c’est un gouvernement d’islamistes, le (Parti de la Justice et du Développement), qui est au pouvoir depuis fin 2011, avec la bénédiction divine du Roi, descendant du prophète. Plus besoin de révolte, ils sont déjà là.

 En France, la personnalité politique marocaine la plus connue se trouve paradoxalement, en raison de sa double nationalité et de sa double allégeance, ministre  dans le gouvernement français, avec, de surcroît, un poste de ministre des droits des femmes. Il s’agit de Najat Vallaud-Belkacem qui est aussi membre du Conseil Consultatif des Marocains à l’Étranger (CCME), poste qu’elle prétend avoir abandonné en décembre 2011. Sa démission de cet organisme est contestée par le journaliste marocain, Ali Amar, car elle a été généreusement gratifiée parce qu’elle sert les intérêts du Roi en encourageant l’identité nationale et religieuse des immigrés marocains. On peut dire que c’est une « empêcheuse d’intégration ». Comment peut-elle concilier ces deux postes politiques ? Comment d’autre part Mme Najat Vallaud- Belkacem réagit-t-elle face à la fatwa des oulémas de son pays, le Maroc, qui justifie la lapidation des femmes si, par malheur, elles décident de quitter cette oumma à laquelle elles sont liées de force pour exercer leur liberté de conscience en déclarant leur apostasie ? Les hommes apostats sont eux aussi, bien sûr, condamnés à mort. Pour elle, quels sont les droits des femmes ?

Cette fatwa est contraire aux engagements internationaux du Maroc, notamment au Pacte international relatif aux droits civils et politiques adopté par l’Assemblée Générale de l’ONU en 1966 et entré en vigueur le 23 mars 1976. En 2012, la nouvelle Constitution marocaine a esquivé le droit à la liberté de conscience et s’est cantonnée à « garantir à tous le libre exercice du culte ». La liberté de conscience n’a pas son droit de cité au Maroc.

BELKACEM3Cette affaire de l’apostasie a déclenché une large polémique suite à la publication, le 16 avril 2013, par le journal Akhbâr al-Yaoum,  d’une information selon laquelle le Conseil Supérieur des Oulémas (une institution qui représente l’islam officiel au Maroc) a publié une fatwa  (avis juridique)  affirmant que tuer un apostat de l’islam est licite.

D’après le contenu de la fatwa, le journal précise : « Un individu est considéré comme musulman d’origine par son affiliation à ses deux parents musulmans ou à un père musulman. C’est un engagement contractuel et social avec l’a Oumma. Il s‘ensuit que la charia musulmane ne lui permet pas de sortir de sa religion et de son contrat social. Cela ne sera pas accepté en tout état de cause ».  Il cite la fatwa : « Sa sortie de l’islam est apostasie et infidélité à l’islam. Des châtiments légaux spéciaux lui seront appliqués. Cela implique qu’il se ravise, revienne à sa religion et qu’il s’en tienne à elle, sans quoi ses bonnes actions s’effondreront et il perdra le monde et l’au-delà. Le châtiment lui sera appliqué ». La fatwa termine en disant :  « Il ne sera nullement permis, sous aucun prétexte, d’échapper à ces jugements légaux par quelques exégèses ou interprétations improbables qu’elles soient, ni de s’écarter d’eux, même d’un cheveu, en émettant un avis ou un regard opposé à ces jugements prononcés en bloc et connus forcément des musulmans comme faisant partie de la religion. »

La publication en 2013 de cette fatwa a déclenché une importante polémique au Maroc alors que la date de la décision remonte au 12 avril 2012. C’était dans le cadre d’une demande de conseil en vue d’établissement d’un rapport officiel.

Conseil supérieur ulémas Maroc

Conseil Supérieur des Oulémas du Maroc

Certains médias au Maroc ont dit que cette fatwa est intervenue en réponse à une demande du Ministère des biens religieux et des affaires islamiques qui avait reçu lui-même une sollicitation de la Délégation ministérielle chargée des droits de l’homme  au sujet de la position de l’islam sur la liberté de conscience . C’était dans le cadre de la préparation du 6e rapport périodique relatif aux droits civiques et politiques.

Dans une déclaration à l’agence de presse officielle, al-Mahjoub al-Hayba, délégué ministériel aux droits de l’homme, a démenti formellement ce qu’avaient publié les journaux marocains, disant que l’institution qu’il préside n’a jamais demandé de tel conseil ni même de telle fatwa.

Lors d’une communication avec l’Agence France Presse, al-Hayba a confirmé que ce qui « a été publié dans le document du Conseil Supérieur des Oulémas n’a aucun lien avec notre Direction et ne nous engage en rien », et il a ajouté : « Nous n’avons pas le droit de nous orienter vers le Conseil pour lui réclamer des fatwas et je n’ai pas le  droit de commenter ce qui est issu d’une telle institution constitutionnelle ».

De son côté, le Ministère des biens religieux et des affaires religieuses n’a pas voulu commenter le sujet alors que la presse a dit que la demande de fatwa  est passé par le ministère.

Le Conseil Supérieur des Oulémas du Maroc est l’unique institution religieuse officielle qui soit habilitée à émettre des fatwas mais, malgré cela, des fatwas sont émises par des juristes hors de cette institution et elles soulèvent à leur tour beaucoup de polémiques.

La Constitution du Maroc, adoptée en juillet 2012, stipule à l’article 3 que « L’Islam est la religion de l’État, qui garantit à tous le libre exercice des cultes.»

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Nous avons cherché à connaître les réactions des internautes musulmans. Dans leur majorité, ils approuvent la condamnation à mort de l’apostat et même lancent des mises en garde à ceux qui semblent offusqués par cette fatwa. On constate que le formatage par l’éducation musulmane est efficace et irrémédiable … :

– « Quel est l’intérêt d’apostasier en secret ? [apostasier publiquement est la véritable apostasie]. Malheureusement, les idées talibanesques commencent à se propager. »

– « Ô temps, j’ai bu ton calice. Oui, par Allah, pourvu qu’Il l’applique [la fatwa] au plus tôt par ici car nombreux sont les insolents contre Allah – qu’Il soit loué !, et contre son Envoyé – que la paix soit sur lui –  et qu’Il poursuive ceux qui ne prient pas car ils sont  des impies. »

– « Et il y aura beaucoup d’apostats de l’islam en raison du discours de violence  […] J’ai peur que quelqu’un lise mon commentaire et déclare mon sang licite.

– « C’est un honorable hadith et ça suffit. Le prophète – qu’Allah a prié sur lui et lui a accordé la paix – a dit : « Celui qui change sa religion, tuez-le » (cité par al-Boughari). Il n’y a ni pensées talibanesques ni d’autres pensées. Si ça ne plait pas à quelqu’un, qu’il déclare son refus du prophète ».

– « Qui suis-je si je ne suis pas moi ? La loi de la charia n’a pas besoin d’être discutée. A l’auteur de la premier commentaire : Fais gaffe [à la punition] d’Allah »

– « L’homme « à la cuisse de bois » : Il paraît que certains sont considérés comme musulmans, d’ailleurs ils sont quelques uns, sans plus … Est-il raisonnable qu’ils n’aient pas étudié dans nos écoles gouvernementales ? Est-il raisonnable qu’ils n’aient pas entendu le Coran récité ? Est-il raisonnable qu’ils n’aient pas entendu une explication d’un hadith ? Est-il raisonnable que tout ce qu’ils ont étudié en matière d’éducation religieuse soit réduit en poussière et dispersé au vent ? Par Allah, je ne sais pas, de quelle religion sont-ils les adeptes et en même temps ils récusent ses lois ? Il n’y a de force et de puissance que par Allah …

Ce n’est pas aujourd’hui au 21e siècle que l’islam va accepter la liberté de conscience. L’islam  est encore au 7e siècle et il n’en sortira pas car son désir est de ne pas en sortir..

Quant à Najat Vallaud-Belkacem, qui s’apprête le 25 mai à Rouen à délivrer Jeanne d’Arc du bûcher, qu’elle se rappelle que ses concitoyennes marocaines courent le risque d’un autre style de bûcher dressé par les coreligionnaires obscurantistes pour châtier les apostats du 21e siècle. Nous n’avons pas entendu sa voix sur ce sujet, elle, la porte-parole du gouvernement français et en même temps proche de son mentor, le Roi du Maroc ? Quand François Hollande considère qu’un consultant ne peut exercer son mandat de député sans conflit d’intérêts, une ministre qui a une double nationalité est, elle aussi, en conflit d’intérêts flagrant

Bernard Dick

 

 

 

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