Comment peut-on être patriote en France et soutenir les communistes ukrainiens ?

Publié le 4 février 2014 - par - 1 052 vues
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Et maintenant les Staliniens ! En dépit du profond respect que m’inspirent la personne et les actions de Béatrice Bourges je n’avais pas souhaité participer au Jour de Colère, estimant celui-ci subverti par la présence de colons et de partisans du grand remplacement sous prétexte douteux de rééquilibrage communautaire. Chaque jour qui passe me conforte dans ce choix. Outre le cadeau médiatique fait au système par cette participation subversive au regard des torrents de tourbe déversés par endroits, certains alliés objectifs et revendiqués ne peuvent que révulser les âmes bien trempées et les intellects honnêtes.

Ainsi, le site Egalité et Réconciliation ou encore des blogs nationaux-bolcheviques nostalgique du pire des mondes, médiatisent en français les vociférations d’Evgeni Tsarkov, ex député communiste de 2007 à 2012 à la Douma ukrainienne, et actuel premier secrétaire de la section régionale du PC ukrainien d’Odessa. Evidemment ce sale type a le droit d’avoir son avis, et je condamne la répression socialiste française exercée ici contre des manifestants alors que le système a les yeux de Chimène pour les pillages des colons-casseurs. Cependant il faut raison garder, on ne peut pas mettre sur un pied d’égalité les gaz lacrymogènes des CRS et les tirs tendus à balles réelles de la police soviétique dite ukrainienne aux ordres du gang mafieux de Ianoukovitch, président d’Ukraine parlant russe, né soviétique en Biélorussie. Tirs  qui ont fait rappelons-le 7 morts, des centaines de blessés, et 30 disparus enlevés par des gangs mafieux agissant en police parallèle ou escadrons de la mort, pour le compte des oligarques ukrainophobes de Lougansk.

Le parti communiste d’Ukraine est détestable. D’abord car en Ukraine, plus encore qu’ailleurs, il ne faut pas avoir honte pour se proclamer communiste après les trois famines aggravées ou provoquées par le communisme en 1921, 1932-33, et 1946 qui se sont soldées par des millions de morts et qui ont été un instrument de lutte contre ‘l’indigénisation’ sic !

Mais le plus grave est qu’ici des prétendus patriotes le relaient. Les commentaires deviennent inquiétants tant de nombreux soi-disant patriotes acclament les remugles de ce résidu stalinien. En effet,  les conséquences de ce génocide dont le parti de Tsarkov nie l’ampleur tout en déplorant que la répression n’ait pas été alors plus importante, ont été un grand remplacement qui est aujourd’hui à l’origine de la crise ukrainienne. Ainsi, les millions d‘Ukrainiens massacrés en 1932-34 ont été aussitôt remplacés par des déplacés soviétiques d’autres régions et notamment de Russie. C’était en effet l’époque des grandes famines mais aussi des grandes déportations. A la fin de la deuxième guerre, cela a été aggravé, entre 1945 et 1975 par l’installation massive de retraités de l’armée rouge et du sinistre NKVD ainsi que de leurs familles sur tout le littoral ukrainien afin de le coloniser et de diluer la résistance ukrainienne par des éléments sûrs. Et aujourd’hui beaucoup de ces déracinés, décérébrés du Donbass, d’Odessa et d’ailleurs, descendants de l’homo sovieticus analphabète et ivrogne, ignorant même de quelle région venaient leurs grands-parents, ne sont ni Ukrainiens ni Russes mais se tournent plus volontiers vers Moscou par unité linguistique et réflexe soviétique de déraciné colonial. Fruits pourris d’un grand remplacement, les communistes ukrainiens sont un affreux mélange de totalitarisme rouge et de capitalisme mafieux.

En effet, Ianoukovitch, dans ses campagnes de privatisation a favorisé la nomenklatura et la mafia issue des ancienne  ‘élites’ (enfin si on peut parler d’élites dans ce cas…) soviétiques. Ces oligarques ayant appris le libéralisme dans les caricatures marxistes en appliquant un programme qui ferait frémir les ‘manchestériens’ du 19e siècle. Le PC ukrainien et la télé soviétique qualifient généralement les résistants Ukrainiens d’extrémistes, mais déjà les communistes sont eux-mêmes des extrémistes… et regardons par exemple à qui ils sont alliés, outres des sortes de cosaques et suprématistes sans doute plus extrémistes encore. A Odessa, là où sévit le camarade Tsarkov, celui-ci a pour allié un certain Igor Markhov, homme d’affaire louche, incarcéré pour malversation et corruption.

Tout d’abord élu du parti des régions (le parti séparato-irrédentiste de Ianoukovitch), vaguement communiste Markov devient nationaliste grand-Russe, enfin nationaliste soviétique, car je ne veux pas faire insulte aux Russes qui souffrent également de cette politique très coûteuse pour eux. Donc Markov quitte le parti des régions, continue ses ‘affaires’ et trafics, et fonde un groupuscule, toujours néanmoins allié du parti des régions et du PC, le parti Rodina qui est en fait un groupe de brutes et de repris de justice qui terrorisent les commerçants et les retraités ukrainiens par le racket et les étudiants dès lors que ceux-ci osent affirmer le caractère ukrainien d’Odessa. Le pouvoir local étant entre les mains du parti des régions, la police corrompue et aux ordres laisse faire. Pour preuve je vous invite à regarder cette vidéo qui devient terrible, où on voit Markov et ses hommes dont l’un porte (un magnifique tee-shirt rouge marqué CCCP) disperser violemment un rassemblement pacifique et laisser un homme pour mort (pris de convulsion et baignant dans son sang) en serrant la main des policiers en uniforme présents sur place avant de quitter les lieux.

http://www.youtube.com/watch?v=Mn5XvXfMJt0

Cela soulève ces questions : comment ne pas faire un parallèle avec la complicité, ici plus douce mais réelle entre les racailles, les non moins racailles antifas (chargés de faire dégénérer les rassemblements en les attaquant)  et le pouvoir socialiste et ces mafieux- gauchistes grands-remplaceurs qui agressent des patriotes à Odessa ? Comment peut-on dénoncer l’impérialisme et soutenir les tenants d’un autre impérialisme ? Comment peut-on lutter contre la perte d’identité et en soutenir les symboles vivants là-bas ? Comment peut-on dénoncer l’oligarchie et soutenir celle du clan mafieux de Lougansk ? Comment peut-on lutter contre la falsification de notre histoire et défendre la falsification négationniste soviétique de l’histoire ? En étant soit un idiot utile soit un vendu…. Et nous ne serons jamais ni l’un ni l’autre.

Jean-Marie Rousset

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