Comment peut-on ne pas être islamophobe ?

Publié le 27 décembre 2010 - par - 839 vues
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Le 12/05/2009, à la réunion du « Conseil Islamique de l’Eurasie », M. Erdogan, premier ministre turc déclarait : « l’islamophobie est un crime contre l’humanité ».

Qu’est-ce donc que « l’islamophobie » ? Ce concept aurait été inventé par M. Khomeiny pour lutter contre la résistance au port du tchador après la révolution islamique d’Iran, en 1978. Il sert depuis à empêcher toute critique contre l’islam, comme on a pu le voir dans la presse au sujet des « Assises de l’islamisation » de samedi 18 décembre dernier: par exemple, « Des assises de l’islamophobie ordinaire… » (l’Express).
Alors, si on a le droit d’être claustrophobe, arachnophobe, ou agoraphobe, a-t-on encore le droit d’être islamophobe ?

L’islamophobie est-elle un racisme ?

Etymologiquement, « l’islamophobie » c’est la peur de l’islam. Nous verrons en fin d’article s’il est légitime de craindre cette religion. En attendant, l’islamophobie est assimilée à un racisme, notamment par Doudou Diène, rapporteur spécial de l’ONU sur les formes contemporaines de racisme. Dans son rapport de septembre 2007, il qualifie celle-ci de « diffamation contre l’islam » mue par « un esprit de croisades refoulé » en Occident. C’est M. Diène qui a initié les conférence de Durban, avec pour mission de promulguer des directives onusiennes contre la critique de l’islam (cette manoeuvre vient heureusement de se conclure, le 16 décembre dernier, par un échec).

Or qu’est-ce que le racisme ? C’est la détestation de l’autre pour ce qu’il est, non pour ce qu’il pense ou ce qu’il fait. Les racistes n’ont pas besoin que l’objet de leur haine (qu’il soit juif, noir, arabe, blanc ou autre) ouvre la bouche, ni fasse un geste, pour le haïr: c’est pour ce qu’il est qu’ils le rejettent. Or on n’est pas essentiellement musulman, on le devient ou on le reste, en toute connaissance de cause, parce qu’on adhère à une religion prêchée au VIIe siècle de notre ère par Mohammed, à La Mecque, puis à Yatrib (Médine). Alors, par quel tour de passe-passe se voit-on traiter de raciste lorsqu’on s’en prend à l’islam ?

La tactique d’expansion de l’islam est éprouvée depuis des siècles: se faire passer pour victimes tant que les musulmans ne sont pas (ou plus) majoritaires. Or, les islamistes ont constaté qu’au XXIe siècle, à cause des atrocités de la seconde guerre mondiale, l’antisémitisme est unanimement condamné: ils tentent donc d’assimiler l’islamophobie à celui-ci, avec, il faut bien le dire, un certain succès auprès des esprits simples (voir le discours de M. Sarkozy de janvier 2009).

Pourtant, il y a une différence de nature profonde entre les deux: l’antisémite hait l’autre non pour sa religion ou son idéologie, mais pour ce qu’il est. Quoi que fasse l’objet de sa haine (qu’il change de religion, de nom, de relations…), il continuera de subir celle-ci. C’est tellement vrai qu’un des livres qui a le plus de succès auprès des antisémites recense les changements de nom: l’antisémite continue de poursuivre sa victime quoi qu’elle pense, quoi qu’elle dise, quoi qu’elle fasse, même si elle tente de le fuir au prix d’un reniement de ses origines même.
Au contraire, l’islamophobe, même patenté comme moi, ne déteste que l’idéologie prêchée par les islamistes: il suffit que les musulmans la renient, voire simplement l’amendent, vers plus de justice et moins d’exclusion, et ils ne subissent plus les attaques des islamophobes. D’origine musulmane, Taslima Nasreen, Wafa Sultan, Ayaan Hirsi Ali ne sont pas haïes par les islamophobes, mais par les islamistes ! Contrairement à ce que voudraient nous faire croire les islamistes, on ne naît pas musulman (l’état de nature rousseauiste supporte mal le khamis ou le hidjab !), on le devient ou on le reste.

Qui s’oppose à la liberté d’expression ?

Cette condamnation de l’islamophobie n’est donc pas légitime: on peut condamner l’islam comme on peut condamner le capitalisme, le communisme, le christianisme, le libéralisme, le nazisme, voire la laïcité ! La critique des idées relève de la liberté de conscience; or, celle-ci est la base de note civilisation des lumières, le fondement de la République. C’est par les idées qu’on combat les idées.

Alors, d’où vient que dans la France du XXIe siècle on se voit empêché de combattre ce qu’on considère comme une idéologie sexiste, violente, discriminatoire, exclusive ? Comme dit « Le Canard Enchaîné », « la liberté de presse ne s’use que lorsqu’on ne s’en sert pas ». Eh bien pour la liberté d’expression, c’est pareil: nombreux sont ceux qui, incapables de défendre leurs idéologies, tentent d’étouffer toute critique à leur égard par une condamnation sans appel. Les islamistes ne font emboîter le pas qu’aux communistes: ceux-ci ne tentaient-ils pas d’étouffer toute critique du marxisme par la condamnation définitive « anti-communisme primaire ! » (encore cela supposait-il qu’il y en ait un qui soit « secondaire », ce que n’accordent pas les islamistes) ? Plus loin dans le passé, pendant de longs siècles, la religion catholique a étouffé dans nos pays toute critique sous l’accusation de blasphème, équivalente parfois à une condamnation à mort. Après des dizaines d’années d’effort pour conquérir la liberté d’expression, allons-nous laisser une idéologie archaïque nous priver de celle-ci ?

Comment peut-on ne pas être islamophobe ?

Dans toute religion, il y a une composante spirituelle, métaphysique, et une composante sociale, normative. Le problème est que dans l’islam, la seconde domine énormément la première (des 5 piliers de l’islam, seul l’un est d’ordre dogmatique, les quatre autres sont pratiques). En outre, cette religion a été conçue par Mohammed pour fédérer les tribus arabes: elle est donc essentiellement communautariste (« Vous êtes la meilleure communauté », sourate Al-Imran, verset 110). Enfin, si les écrits des autres religions abrahamiques comptent de nombreux passages violents (voir le livre de Josué dans la bible, par exemple), ces écrits ne sont censés être qu' »inspirés » par Dieu, ce qui les rend contextualisables. Quel juif aujourd’hui lapide les adultères ? Quel rabbin condamne à mort celui qui a ramassé du bois durant le sabbat ? N’a-t-on pas le droit aujourd’hui de se moquer de la ridicule pratique juive de l' »érouv » (un artifice qui permet aux fondamentalistes juifs d’échapper au carcan qu’ils se sont eux-mêmes imposé), sans encourir l’accusation infâmante d’antisémitisme ?

Les musulmans, eux, prétendent que le coran aurait été « dicté » par Dieu (via l’ange Gabriel): dans ces conditions, comment revenir sur les nombreux appels à la violence qu’il contient ? C’est à cause de cette intangibilité du coran « incréé » que la charia prétend aujourd’hui encore qu’il faut lapider les adultères, pendre les homosexuels, flageller les « impudiques »… C’est également pour cette raison que les prêches ont toujours lieu en arabe (censée être la langue de l’Etre Suprême). Quant à l’aspect communautariste de l’islam, c’est celui-ci qui condamne les apostats, finance les conversions à l’islam (une partie des revenus de la zakat, l’aumône musulmane, est consacrée à « renforcer la foi des nouveaux convertis » !). C’est également cet aspect communautariste (« celui qui n’est pas avec nous est contre nous ») qui prétend condamner toute critique de l’islam.

Or, un non-musulman ne peut être qu’islamophobe s’il a lu et compris le coran. Cela ne veut pas dire qu’il déteste tous les musulmans (une part non négligeable de ceux-ci pratiquent sans adhérer totalement, par habitude, comme dans de nombreuses religions), mais simplement qu’il redoute d’être traité de « pervers », d' »associateur », de « singe » ou de « porc », comme chaque lecteur du coran peut le lire. Parce qu’avant de parler d’islamophobie, ne faudrait-il pas parler de la « kafirophobie » des musulmans (pour qui les non-musulmans sont des « kafirs », ou des « kouffars »), omniprésente dans le coran et dans les hadiths ?

L’enjeu de la liberté de conscience

Il est de notre devoir d’être islamophobes, parce que si nous ne le sommes pas, c’est bientôt une chape de plomb qui s’abattra sur la liberté d’opinion jusque dans nos pays civilisés. Attirés par la condamnation de l’antisémitisme, les musulmans tentent de jeter un tabou sur la critique de l’islam, et voilà qu’à son tour le pape, dans son message à l’occasion de la 44e journée mondiale de la paix, condamne « la christianophobie ». Proteste-t-il contre l’interdiction du christianisme en Arabie Saoudite ? La persécution des chrétiens en Egypte, en Algérie, en Irak ? Un peu, mais il réserve ses mots les plus durs pour l’Europe ! « Il y dénonce les prises de position des gouvernements et institutions continentales en faveur de l’avortement, du mariage homosexuel ou contre les symboles religieux sur les lieux publics comme les crucifix et les crèches. » !

Voilà quel est le danger:si nous écoutons Mme Blumenthal, Mme Hidalgo ou M. Delanoë, qui voulaient interdire les Assises pour cause d' »islamophobie ». Si nous cédons, qu’aura-t-on le droit, demain, de condamner, de défendre, au nom de la liberté d’expression, dans le pays natal de Voltaire qui s’exclamait « Ecrasons l’infâme ! » ?
La liberté de conscience n’existe pas dans les pays musulmans : aucun d’entre eux n’adhère à la déclaration universelle des droits de l’homme (dont l’article 18 garantit justement cette liberté). Nous qui en jouissons malgré les « bien-pensants » qui voudraient la restreindre, ne devons-nous pas à tous nos frères humains qui n’ont pas la chance de jouir de celle-ci de la défendre, fût-ce contre les accusations infâmantes des faux humanistes ?

Si c’est être islamophobe que défendre cette liberté, alors, soyons islamophobes, et fiers de l’être !

François Lahab

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