Comment prêcher la « laïcité et la doctrine socialiste » à l’école ?

Publié le 1 février 2015 - par
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RI7taubira belkacem benguigui jpegSi le professeur a un rôle, ce serait plutôt de donner des outils que de donner des leçons. C’est ce qui résulte de l’expérience pratique à propos du système d’enseignement de la laïcité à l’école et des problèmes pédagogiques qui en découlent : comment les interpréter et les comprendre ? Si donc le discours de l’école à propos de la laïcité est décevant, voire déprimant, c’est que la connaissance de la réalité porte au réalisme.

L’une des tentations des professeurs complices de l’utopie est de transformer les règles historiques de la laïcité à l’école en lois éternelles. Aujourd’hui, il faut éviter l’arbitraire des intérêts politiques et syndicaux des professeurs complices du système d’enseignement de la laïcité à l’école de la république socialiste.

La conscience de l’arbitraire de la « domination de la parole politique socialiste à l’école » s’impose à tous aujourd’hui, aux idéologues du lobby LGBT et à ceux de l’État-PS, qui ont le monopole du discours politique socialiste, et à ceux qui le subissent, les enfants, les familles et les parents d’élèves. Pourquoi, dans les circonstances actuelles des situations de violences sociales, ressent-on ce coup de force qui est toujours impliqué dans la prise de parole des professeurs complices de l’utopie socialiste, en situation d’autorité ou en situation autorisée, c’est-à-dire mandatés par le modèle de l’utopie socialiste dans la situation pédagogique ?

Quelles sont les « questions réelles » à propos du système d’enseignement de la laïcité à l’école ? Les questions tournent autour des rapports entre la « politique socialiste » à l’école de l’État-PS et la laïcité. Les questions à propos du système d’enseignement de la laïcité à l’école et des problèmes pédagogiques qui en découlent sont formulées ainsi : « la laïcité peut-elle être enseignée à l’école ? » L’école « politisée » de l’État-PS peut-elle encore enseigner quelque chose ? Peut-elle éduquer à la laïcité qui ne s’apprend pas ? C’est que la question de l’enseignement se pose à l’école quand l’enseignement est en crise. C’est justement parce que l’enseignement est en crise qu’il y a une interrogation critique sur ce que c’est qu’enseigner la laïcité à l’école.

Une propriété d’un enseignant qui a été perdue, c’est d’être sûr de lui, d’avoir cette sorte d’assurance qui résulte de la « certitude d’être non seulement écouté, mais entendu« , certitude qui est le propre de tout système d’enseignement d’autorité ou autorisé. Cette situation est liée à un état du rapport pédagogique, à un état des rapports entre le système d’enseignement et la société, c’est-à-dire les catégories sociales, et à un état de l’institution scolaire. On doit se demander : « Enseigner la laïcité ? Mais quelle laïcité » ?

Il y a de « l’inexprimé politique » dans tout discours socialiste sur la laïcité à l’école, en relation avec les « structures sociales autorisées ». On risque d’introduire, dans l’imposition de la laïcité, une opposition classique entre « le professoral et le populaire« . C’est pourquoi, vouloir enseigner la laïcité à l’école court le risque d’être assorti d’une forme de « répression mentale ». Enseigner la laïcité, ce serait enseigner ce qu’on n’enseigne pas dans la rue, ce qui mène à une « contradiction » vis-à-vis des familles et des parents d’élèves.

La laïcité enseignée à l’école fait question. Mais est-ce que la laïcité qu’on veut enseigner à l’école n’est pas quelque chose qu’on enseigne déjà, diversement, selon les institutions scolaires ? On sait que les « instances supérieures de l’enseignement » enseignent très peu ou très inégalement la laïcité.

La question est de savoir « qui commande » la situation scolaire. Est-ce que le professeur est maître à bord ? Est-ce qu’il a l’initiative dans la définition de l’acceptabilité de la laïcité ? Est-ce qu’il a la maîtrise des conditions d’acceptabilité de la laïcité ? Toutes les contradictions de l’enseignement de la laïcité découlent du fait que la liberté du professeur, s’agissant de définir l’acceptabilité de la laïcité dans sa classe, est limitée.

Il ne créera jamais qu’un sous-espace scolaire dans lequel les lois des quartiers sont suspendues.

Ce sous-espace scolaire est dominé par les exigences impératives du professeur, qui est « légitimé » à enseigner la laïcité, ce qui ne devrait pas s’enseigner, si tout le monde avait des chances égales d’avoir accès à cette « capacité de comprendre » la laïcité. Le professeur apparaît comme une sorte de « juge des mineurs » en matière scolaire : il a droit de correction et de sanction sur le « respect de la laïcité » par ses élèves. Si un professeur refuse ce droit de correction, en réalité, ce professeur, quelles que soient ses intentions, reste dans un espace scolaire apte à exercer une « censure anticipée » qui exige la rigueur et la correction.

La liturgie scolaire est la « forme extrémiste d’un propos politiquement autorisé » qui n’est pas compris, mais qui fonctionne sous certaines conditions, selon les règles de la propagande des idéologues de l’État-PS. En situation de crise du système d’enseignement, ce langage cesse de fonctionner : la propagande ne produit plus son effet qui est de faire croire, de faire admettre, de faire respecter, même ce qu’on ne comprend pas.

La crise de la liturgie de la laïcité, qui ne fonctionne plus, résulte du fait qu’on ne l’entend plus, et à laquelle on ne croit plus, tant elle est noyée dans propagande socialo-populiste, dans l’idéologie des « ABCD de l’égalité » et dans la propagande homosexuelle, bi-, trans-, du lobby LGBT à l’école .

C’est la question du « rapport politique » entre la laïcité et l’institution scolaire. Quand la laïcité est en crise, la question est de savoir de « quelle laïcité » il faut parler. Quand l’institution scolaire est en crise, la question se pose de « l’autorité mandante » de l’État-PS.

C’est l’autorité de l’éducation nationale socialiste infiltrée par les activistes du GOF-LGBT qui dit comment parler de la laïcité et qui donne autorité et mission à l’école de la république socialiste pour parler de la laïcité. La crise de la laïcité est-elle séparable de la crise de l’institution scolaire ? La crise de la laïcité n’est-elle pas la simple manifestation de la crise née de la « politisation abusive » de l’institution scolaire ?

Par le passé, l’enseignement de la laïcité à l’école de la république française ne faisait pas problème. Le professeur savait ce qu’il fallait enseigner, comment l’enseigner et il avait des élèves prêts à l’écouter, à le comprendre et des parents prêts à partager cette compréhension de la laïcité. Dans cette situation consacrée, le professeur était un prêtre : il célébrait le culte de la laïcité, il défendait et illustrait la laïcité et il en renforçait les valeurs « sacrées ». Si la crise de l’enseignement de la laïcité provoque des crises aussi dramatiques, et d’une violence telle que celle qu’on a vue, c’est que, à travers la laïcité, un certain nombre de gens défendent leurs propres valeurs, comme le fait la propagande homosexuelle, bi-, trans-, du lobby LGBT à l’école.

Il en est de même avec l’idéologie des « ABCD de l’égalité » du lobby LGBT à l’école.

Pour assurer l’enseignement de la « laïcité non politisée« , il faut que la liturgie de l’institution scolaire puisse fonctionner. Il faut un certain type de confiance dans la relation pédagogique non politisée.

Il faut que les élèves soient prédisposés à reconnaître l’autorité des profs et que les profs ne parlent pas toujours en « délégués politisés et mandatés » par le gouvernement de la république socialiste.

Pour que le discours du prof sur la laïcité soit énoncé et reçu comme allant de soi et fonctionne, il faut un rapport d’autorité-confiance, entre un maître, même mandaté par le gouvernement socialiste, et un élève prêt à recevoir « ce qui est dit de la laïcité« , et prêt à croire que ce qui est dit de la laïcité « mérite d’être dit » et, en conséquence, « mérite d’être cru« .

Thierry Michaud-Nérard

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