Communautarisme : pour un choc législatif

Publié le 7 février 2020 - par

À l’approche des municipales, la commission des lois du Sénat dépose une proposition de modification de la Constitution. Objectif, garantir la prééminence des lois de la République contre les revendications identitaires et les listes communautaires. En devançant la majorité qui indiquait vouloir légiférer, la commission souligne la frilosité gouvernementale.

Néanmoins, en janvier la commission d’enquête du Sénat « combattre la radicalisation islamiste » auditionnait les dirigeants de l’AMIF, une émanation des Frères musulmans proche de l’UOIF dont le slogan est « une insertion sereine de l’islam dans la République ». On s’inquiète du sérieux des sénateurs considérant cette organisation fiable car par définition, l’AMIF s’oppose à la laïcité. Rappelons que l’AMIF portait le projet de taxe halal dont elle aurait géré les fonds afin de former ses imams ! Il est pourtant avéré qu’entre fréristes et djihadistes, seule diffère la méthode, l’objectif étant identique : établir le Califat. On mesure donc mieux la stratégie à long terme de cette association antirépublicaine et a minima l’incompétence de certains sénateurs.

Par ailleurs, le projet sénatorial est en réalité tiré de l’art.3 d’une proposition faite par le RN en 2018. La commission valide donc l’expertise du RN en la matière. Cependant, pour enrayer le communautarisme, l’adoption intégrale du texte initial fut bien plus efficace.

Si ce projet empêche certaines stratégies sécessionnistes, il reste incomplet. Bien naïf est celui qui ignore la pratique du double discours électoral. L’entrisme sur des listes animalistes, écologistes et l’instrumentalisation d’idiots utiles dont regorge le monde associatif en sont l’illustration.

Parallèlement, en cas de revendications, un directeur d’école pourra justifier légalement son refus du halal dans sa cantine. Toutefois, si le directeur y était favorable, ne pourra-t-il pas l’appliquer insidieusement, en l’absence de contestation ? Ainsi, on empêche la revendication d’aboutir mais on n’interroge pas l’objet de la revendication. Dans le contexte des territoires « perdus », cette observation prend tout son sens.

Pour preuve, le rapport annuel de la DGSI, habituellement accessible, est classé secret défense. D’après le JDD on y détaille l’état de sécession de 150 villes françaises. Le dossier est si sensible que les ministres n’ont accès qu’à une présentation orale du document ! Notons qu’il ne s’agit pourtant pas ici de terrorisme mais de communautarisme. Par cette censure, le gouvernement plus inquiet pour lui- même que pour le citoyen se ménage-t-il la possibilité de l’inaction ? L’ampleur du phénomène décrit, validant officiellement des thèses jusqu’ici qualifiées de complotistes, expliquerait-elle aussi cette décision ?

On espère donc que suite au rapport de la DGSI, la représentation nationale rachète ses errements en adoptant le projet de loi du Sénat et s’en servira de tremplin pour imposer un choc législatif visant à armer la société contre le mal qui la ronge.

Bruno Decensier

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