Comprendre la « nouvelle » immigration en 5 minutes

C’est le résultat d’un pensum dont certains lecteurs de RL n’ont lu que la première et maladroite ébauche. Les conclusions sont pour moi une GROSSE SURPRISE. Elle casse la vision que j’avais de l’immigration héritée des migrations intra-européennes. A lire simplement RL, je ne suis pas le seul concerné.

Comme il s’agit ici d’une SYNTHESE pour que chacun ait les idées claires, je vais aux conclusions et à leurs justificatifs sans excès.

Le seuil bas et probablement sous-estimé des entrées de l’immigration en France de 300.000/an.

Or les statistiques sur la présence de la population immigrée en France montre une progression de 100.000/an*. Où va  le minimum de 200.000 de différence ?

Trois réponses possibles, la mortalité, l’émigration, la remigration.

* : 4,3 millions au 01/01/99 – 5,4 millions au 01/01/2010.

La GROSSE SURPRISE : la remigration massive de la population immigrée en fin d’activité.

L’analyse de l’évolution du nombre des naturalisés (étrangers obtenant la nationalité française) montre sur les 11 années précédant 2010 que pour 143 000 naturalisés/an il en disparaît 100 000 ! Le nombre est tel qu’il ne peut s’expliquer par les décès d’une population inférieure à 2 millions et de naturalisation d’immigrés très majoritairement intervenue depuis 20 ans.

La confirmation se trouve sur des média traitant de la retraite à l’étranger. (1) (2)

On en arrive dans un premier temps à 1 million de français -d’origine et naturalisés- à l’étranger, puis à 1,5 million de retraités avec tous les immigrés rémigrés.

Or le ministère des affaires étrangères considère 200 000 Français retraités à l’étranger (listes des consulats), en introduisant plusieurs rectifications et prises de considération on arrive au maximum de 400 000 Français d’origine retraités et donc 1,1 million de retraités immigrés. Une bonne partie est accompagnée d’un conjoint sans pension, on dépasse le chiffre de 1,5 millions de rémigrés. Pour simplement maintenir ce chiffre de 1,5 million -en réalité il ne peut que croître- en tenant compte de la mortalité d’une population qui a souffert c’est un flux minimum de 100 000 rémigrés/an post fin d’activité. (3)

On arrive à 200.000 entrants.

Les 100.000 autres (au minimum).

On retrouve 3 réponses possibles, mortalité, l’émigration -vers d’autres pays européens principalement-, la rémigration avant la fin d’activité. Là c’est le pot au noir mais l’évaluation en exprime les minima

La mortalité doit être faible puisque majoritairement les immigrés repartent, on peut au moins l’estimer à 40 000 (sans exclure la vieille immigration européenne qui elle s’est installée : polonais, italiens, espagnols, portugais).

L’émigration des immigrés -et des étrangers nés en France- a toutes les chances d’être importante, le pays sert de porte d’entrée pour d’autres pays de Schengen après la déception du migrant ayant cru à l’eldorado et par l’habitude d’une première expérience de migration, voire plus. Au moins 30 000, c’est un minimum.

La rémigration avant fin d’activité avec bien des motifs. Nostalgie, difficulté à s’adapter, fuite de poursuites judiciaires (il ne faut pas l’oublier, n’en déplaise aux bobos). Le phénomène est certainement plus important qu’on peut croire, au moins 30 000 en sous-estimant.

On arrive à un seuil minimal de 300.000 entrants !

Critique de l’analyse.

Le raisonnement est conforté par un document  de la « Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques » du ministère des finances pour l’année 2011 en ce qui concerne les 1,5 million de retraités à l’étranger, bien plus au courant que le ministère des affaires étrangères !

Donc, sans crainte de se tromper, on peut dire qu’il entre bien plus de 300.000 immigrés/an sur le territoire national. Ce qui encore bien au-dessous de certains bruits !

Jean-Paul Saint-Marc

1 : http://www.challenges.fr/patrimoine/20120430.CHA5930/la-retraite-a-l-etranger-tentent-de-plus-en-plus-de-francais.html

« On serait ainsi passé en dix ans de 2 à 3 millions de Français vivant à l’étranger. Une hausse spectaculaire de 50%. Or parmi ces presque 3 millions de Français de l’étranger, un tiers sont des retraités. …/… Une bonne partie d’entre eux sont des salariés d’origine étrangère qui ont été naturalisés. »

Remarque : c’est la génération des immigrés des années 70 qui partent à la retraite…

2 : http://chroniques.blogexpat.com/blog/2013/05/21/prendre-sa-retraite-a-l-etranger-ce-qu-il-faut-savoir

« C’est d’ailleurs ce que confirment les organismes français de sécurité sociale qui ont versé 2 milliards d’euros de retraites à l’étranger (chiffres 2008 ) » .

Avec une retraite moyenne inférieure à la moyenne générale -majoritairement de petites retraites pour une population immigrée ayant eu des métiers modestes- j’en conclus 1,5 million retraités à l’étranger.

3 : Remarques : le phénomène de rémigration des retraités fait baisser « artificiellement » le taux de mortalité en France et … le pourcentage d’immigrés en France multiplié par trois en 100 ans !

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