Condamné à verser 10.000 euros à son épouse pour ne pas lui avoir fait assez l'amour !

On croyait avoir tout vu, avec la « Justice » de notre pays. Dans ce journal, nous n’épargnons pas certaines décisions, ni le discours bobo de l’excuse du nombre de magistrats. Nous avons du mal, nous l’avouons, à comprendre qu’on puisse tirer à la kalachnikov sur des policiers, et demeurer libre, quand René Galinier reste plusieurs semaines en prison pour avoir tiré sur des cambrioleurs qui s’étaient introduits chez lui. Nous peinons également à comprendre que menacer d’égorger Marine Le Pen, ce que fait le rappeur Cortex, coûte six fois moins cher, pécuniairement, que demander à une femme de retirer son voile dans les parties communes d’un gite, comme Fanny Truchelut l’a fait en 2006.
Mais ce que je lis dans « Le Parisien » du samedi 3 septembre, page 12, dépasse l’entendement. Dans un article signé de Catherine Lagrange, j’apprends qu’en 2009, un couple de Niçois, la cinquantaine, après 21 ans de vie commune, avec deux enfants, a décidé de divorcer. Jusque là, rien que du banal, l’originalité serait plutôt que le couple ait tenu aussi longtemps ! Là où cela se complique, c’est que le divorce a été prononcé aux torts de l’époux, en janvier 2009. Le crime du coupable ? Aurait-il abusé sexuellement de son épouse, ce que les féministes appelaient « le viol conjugal » ? Aurait-il frappé sa femme ? Se serait-il fait entretenir ? Lui aurait-il fait subir des soirées échangistes contre son gré ? Lui aurait-il imposé la présence de sa maîtresse à domicile ? Que nenni ! Le juge aux affaires familiales d’Aix lui a reproché, sur le seul témoignage de l’épouse, une absence de relations sexuelles de plusieurs années. Non seulement l’homme a contesté, mais il a fait appel. Mauvaise idée ! La cour d’Appel d’Aix-en-Provence, pour lui apprendre à écouter aux portes, l’a condamné, en mai dernier, à verser, en outre, 10.000 euros de dommages et intérêts à Madame !
Est-ce qu’on va encore tolérer longtemps que des juges fassent n’importe quoi, et se permettent à présent de s’introduire dans la chambre à coucher des époux. Je voulais bien entendre le discours de certaines femmes, sur le viol conjugal. Mais j’ignore qu’elle aurait été la réaction des féministes si un homme avait reproché à sa femme de ne plus accepter de faire l’amour avec lui, ou de ne plus s’acquitter de caresses coquines, et obtienne le divorce à son avantage, avec des dommages et intérêts ! Je ne suis pas certain que le malheureux ne se soit pas fait traiter de violeur, d’obsédé sexuel, et autres gentillesses.
Ce qui est révoltant, mais aussi profondément réactionnaire, dans ce verdict, est l’image des règles amoureuses que se devraient les époux. Dans le schéma de ces juges, c’est l’homme qui doit faire l’amour à sa femme, c’est presque une loi, et, s’il ne s’y attelle pas, il est fautif. Il ne vient pas à l’esprit de ces magistrats que le désir ne se commande pas, et que la réalité d’un couple est souvent bien plus complexe que l’apparence extérieure. Le désir s’entretient à deux, et la perte du désir n’a pas besoin d’un coupable, c’est souvent la fin d’un amour, rien de plus. On peut d’autre part être heureux à deux sans faire l’amour, du moment que chacun s’y retrouve. Cela fait-il dans ce cas deux coupables ? Dans la situation de ce couple, seule la parole de la femme suffit ! Il suffit donc qu’une épouse dise, à présent, que l’homme ne l’honore pas pour passer à la caisse ! Jurisprudence effrayante, mais marché juteux en vue.
Vers un minimum sexuel conjugal garanti ?
A quand des avocats chargés des affaires conjugales sexuelles ? A quand des contrats de mariage avec un cahier des charges sexuelles précis, pour bien verrouiller le dossier. Par exemple, parlons technique, deux câlins par semaine avec pénétration, minimum syndical 15 minutes, deux fellations, et deux cunnilingus. Naturellement, amende de 100 euros à chaque défaillance de l’un des partenaires. Comment vérifier ? Pas de problème, les téléphones portables permettent de filmer les ébats, de mettre une date, une heure, et de prouver ainsi le respect du devoir conjugal dû à l’autre !
Elle n’est pas belle la vie que nous promettent nos brillants juges ? Au fait, rendre un tel verdict, cela ne s’appelle pas une faute professionnelle ? Et cela ne pourrait-il pas se traduire par une procédure disciplinaire exemplaire, si nous étions vraiment en démocratie ?
Paul Le Poulpe

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