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Confession d’un piquouzé : je m’arrêterai à trois doses

Mars 2020, un peu avant le premier confinement, que j’ai à peu près respecté : pas plus de vingt kilomètres de chez moi et pas plus de cinq heures dehors. Bon, c’était un kilomètre et une heure. Mais moi et les chiffres, on n’a jamais été à la colle ! Ce samedi de mars, donc, je participe à une manifestation particulièrement « sportive », où la police a des relents de milice colérique. Rapport au fait qu’un virus virulent se propage et qu’il ne faut pas manifester. Surtout si c’est pour critiquer le parrain de l’Élysée, la sublime lumière de l’Occident bancaire, l’omnipotent cardinal de la sainte église du CAC-40, j’ai nommé Emmanuel Macron !

Un mois plus tôt, j’ai attrapé le pompon : la grippe saisonnière. Et là, je me demande pourquoi j’ai les mêmes symptômes qui reviennent. Je rentre chez moi le soir, empestant la lacrymogène et les hydrocarbures, ces délicates fragrances d’une manifestions parisienne. Et le lendemain me voilà malade, nettement moins qu’avec la grippe, toutefois. Ҫa passe comme passent les bateaux au large du Havre ou les emmerdes lorsqu’elles ont fini de voler en escadrille, pour reprendre un bon mot de Jacques Chirac…

17 mars 2020, le cheptel de citoyens français est sommé de demeurer aux enclos – on appelle ça le confinement –, provoquant sans doute la pire crise psychologique collective de l’après-guerre. Ainsi, en France, les suicides ont connu une forte augmentation, en 2020, dans un pays qui détenait déjà le record d’Europe en la matière !

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/japon-coup-d-arret-au-declin-des-suicides-en-2020-dans-le-sillage-de-la-pandemie_151127

Fin mai 2020, c’est la quille, on nous libère… partiellement ! Mais on nous enferme encore, un peu plus tard. Tout ce cirque va durer encore plusieurs mois, avec des contraintes plus connes les unes que les autres : pas de musées ni de cinéma mais va pour le métro ! Enfin, je ne vais pas vous faire le détail, vous l’avez vécu, vous savez. Entretemps, je me goinfre tout de même un variant, toujours sans trop de dommages, sinon quelques gênes respiratoires qui se dissipent avec le temps et en se bougeant le popotin de son canapé pour aller courir ou marcher. Ce que nos anciens faisaient sans avoir l’impression de grimper l’Everest !

J’en arrive à la vaccination. Il faut vous dire que dans ma petite vie, j’ai eu l’occasion d’approcher des médecins et des chercheurs, et tous m’ont expliqué qu’un vaccin ça prend du temps. Dès que la vaccination s’ouvre à tous, je traîne donc un peu des pieds. Seulement voilà, j’écris – cherchez pas, c’est sous pseudo, histoire de ne pas me faire entuber comme la première fois où des hordes d’ultra-gauchises ont harcelé mon ancienne éditrice pour cause de publication d’un facho ! D’abord je ne suis pas facho : je suis juste un démocrate timide !

En effet, j’écris et pour ça je me documente souvent in situ, qui veut dire « sur place » mais ça fait chic de glisser du latin dans article ! Surtout, je vis pour l’art – celui des autres, parce que moi je me contente d’écrire pour divertir. L’art, pour moi, c’est une échappatoire sans laquelle la vie me semble assez chiante, sauf avec ma chérie et quelques potes, mais ça c’est ma vie privée.

Donc, sans vaccin, pas de bibliothèque, pas de musée, pas de cinéma, pas de monuments, sinon les cimetières, que j’ai arpentés de long en large lorsque tout était fermé. Je suis presque devenu une encyclopédie de la dalle funéraire ! Je connais les emplacements par cœur. Tiens, demandez-moi où se trouve la tombe d’Ernest Du Genou, mort du côté de la Bastille un soir de beuverie pour honorer la mémoire de son épagneul breton nommé La Tanche, rapport au fait qu’il nageait très bien mais qu’est mort noyé !

Je finis par me laisser piquouzer, dans un gymnase à l’atmosphère rassurante comme un abattoir le jour de l’Aïd ! Première piquouze, premier papelard. « Mais faut r’venir pour la deuxième tournée ! » qu’on me dit. Quinze jours passent et je vais à la deuxième, qu’on croyait la dernière. Mais la vaccination Covid c’est comme le dernier verre au comptoir, on ne sait jamais quand ça s’arrête. Finalement ce sera trois.

Bon, soyons honnête, les deux premières injections m’ont fait aussi peu mal que les remarques acerbes de mes profs de maths, jaloux de mes notes en français et qui auraient tant rêvé que je fasse des prouesses identiques dans leur matière qui m’emmerdait sévèrement. Par contre, pour la troisième injection, ce fut un festival : cloué au lit avec des courbatures comme si Mike Tyson m’avait filé une trempe pour avoir maté le décolleté de sa bourgeoise ! Des maux de tête, pas faim, envie de gerber. Tout ça pendant trois jours. C’est long trois jours quand on a mal. Pas aussi long tout de même que deux quinquennats de Macron, je vous l’accorde. Et, contrairement aux effets de sa politique, ça nous fait moins mal qu’ailleurs.

Mais le plus drôle est à venir… Une poignée de semaines après ma dernière pénétration « aiguillale » – ça vire au trivial mon truc, je sais ! –, je me chope, devinez quoi, un autre variant, toujours d’après les symptômes. Parce que j’ai toujours refusé de me faire enfoncer un coton-tige de la taille d’un membre de cheval ! Si ça continue, je vais me faire un herbier des variants, moi ! Là, j’ai eu la confirmation que ce vaccin n’en était pas un, que c’était au mieux un traitement. Sans pour autant affirmer, comme certains illuminés qui ont forcé sur la poire, qu’on m’avait inoculé des nano-puces pour me tracer et m’obliger à aller chercher la balle quand on la lance ! J’ai mes limites dans le délire, surtout si j’ai pas picolé le calva fait maison de tonton Fernand, le même qui a réussi à faire décoller un Airbus qu’était à sec, un jour ! Si, si, j’vous jure !

Alors pourquoi j’ai été aussi stupide pour accepter les trois doses ? Je le redis : les portes qui m’étaient fermées relevaient pour moi du bagne. J’ai l’air de rire, là, mais les gens qui me connaissent intimement savent que me priver de certaines choses c’est me tuer à petit feu. Et c’est là que Macron a été très malin, parce que figurez-vous qu’il a exigé son impasse sanitaire jusque dans des lieux que j’ai visités seul, absolument seul. Et il y avait peu de chances que je contamine un tableau ou un reliquaire ! Quant à mon manque de courage, moi, au moins, j’ai risqué de perdre un œil – vidéos à l’appui – en allant défier Macron ailleurs que derrière mon clavier ! Et je rappelle à ceux qui n’auraient pas lu mes reportages sur le sujet que j’ai aussi manifesté contre l’obligation vaccinale, comme beaucoup de vaccinés d’ailleurs.

Mais, et vous aurez du mal à me croire étant donné ma confession, je m’arrêterai à trois doses. S’agissant du masque, son utilisation raisonnée ne me rebute pas. Mais faut pas pousser, comme cette fois où je suis tombé sur un couple en randonnée, dans le Vexin, qui marchait main dans la main et… masqué ! Conclusion, l’erreur est humaine mais, comme je ne veux pas être plus diabolique que le diable, je ne persévérerai pas dans la « vaccination ».

Enfin, j’en veux à ceux qui savaient que l’efficacité de cette expérimentation à grande échelle était très discutable, qui savaient aussi que d’autres voies curatives étaient possibles mais ont préféré s’inféoder à Big Pharma. Un jour il faudra envisager un grand procès de tout ça…

Allez, j’attends vos réprobations prosaïques, que j’espère d’un meilleur niveau que celui d’un cador m’ayant invectivé parce que je donnais mon sang et que ça servait à rien, qu’il disait !

Charles Demassieux