Congrès du NPA : tempête dans un verre d’eau, tout le monde s’en fout !

J’espère que les lecteurs de Riposte Laïque me seront reconnaissants car je viens, pour eux, de m’imposer une purge… la lecture d’articles et l’audition d’interviews qui concernent le congrès du NPA qui se tient ce week-end.

Le dernier congrès du NPA remonte à 4 ans.
Le moins qu’on puisse dire c’est que les retrouvailles entre camarades sont « chaleureuses », à l’occasion de celui qui se tient en ce moment.
Ainsi, un délégué à ce congrès a déclaré sous couvert d’anonymat (on le comprend) :
« Dans le parti, certains camarades se détestent et ces rancœurs personnelles ont mené le parti au bord de l’implosion ».
Ce constat est tristement banal, puisqu’il est courant dans ce type d’organisation qu’un autre membre soit plus détesté parce qu’il veut mettre une virgule à un autre emplacement dans un texte, qu’un véritable ennemi du parti.

Mais venons-en au fond de l’affaire… quel problème divise à ce point le NPA ?
Ce délégué pose clairement le contexte :
« Maintenant, il y a deux chemins possibles : soit on trouve un accord, soit on se sépare »

Alors, que sont ces deux lignes qui s’affrontent ?
Il y a celle de Poutou-Besancenot (faiblement majoritaire) qui prône le rapprochement avec la NUPES et la LFI.
Lors des élections présidentielles, ils ont appelé à voté Mélenchon. Et pour les législatives, ils ont appelé à voter de nouveau pour la NUPES.
De l’autre côté, il y a celle (faiblement minoritaires) de ceux qui refusent ce rapprochement avec les troupes de Mélenchon car ce sont des « réformistes » et qu’il convient de rester « révolutionnaire », sans compromission.
De ce fait ils étaient opposés avec la ligne majoritaire pour l’élection présidentielle et les élections législatives.

Reste que les textes du Congrès sont d’une pauvreté sidérante.
Aucune réflexion sérieuse. Aucune analyse un tant soit peu approfondie.
Pour preuve, l’un des textes du pré-congrès affirme :
« Le NPA n’est qu’un regroupement de fractions et de tendances, incapables de déterminer une stratégie commune et d’agir ensemble ».

Maintenant si l’on sait lire un peu entre les lignes, on y constate les deux grandes orientations :
Le courant Poutou-Besancenot capitule clairement devant le wokisme (abandon de la lutte des classes, soutien du féminisme pro-voile, soutien aux « racisés » nouveau racisme, soutien au combat contre l’islamophobie, etc.), renonçant par là à tous les fondamentaux du trotskisme.
Leurs opposants continuent à parler de « la classe ouvrière » et continuent à vouloir agir afin d’organiser les travailleurs et travailler à la réalisation de leurs objectifs « révolutionnaires ».

Mais il n’y a pas une ligne, pas un mot sur les problèmes qui sont omniprésents à travers tout le pays :
Rien sur l’immigration incontrôlée et ses conséquences
Rien sur l’insécurité qui frappe partout
Rien sur la dictature sanitaire (Covid)
Rien sur la crise énergétique actuelle et la flambée des prix
Rien sur le torpillage du nucléaire en France depuis près de 20 ans
Rien sur l’escroquerie des énergies renouvelables
Rien sur l’effondrement de l’économie française
Rien sur l’Europe et la politique menée par van der Layen
Rien sur l’utilisation du 49-3 à répétition par Élisabeth Borne au Parlement
Rien sur le naufrage de l’école
Rien sur les ravages du wokisme à l’Université et dans les grandes écoles, etc.

Si l’on veut faire un congrès ayant un sens et prendre des décisions un tant soit peu en prise avec la réalité, comment peut-on ne pas discuter de ces point dans la France de 2022 ?

Le NPA annonce publiquement avoir 2000 adhérents.
Si le congrès consacre l’explosion de ce parti en deux parts égales, il y aura donc environ 1000 adhérents qui partiront vers la NUPES et autant qui resteront afin de « maintenir » le NPA.

Au moment de la constitution de la NUPES, le NPA avait fait acte de candidature pour en faire partie.
La NUPES avait répondu par une fin de non-recevoir.
Si la tendance Poutou-Besancenot rejoint la NUPES, il s’y rendront comme les bourgeois de Calais, c’est-à-dire la corde au cou et à genoux.
Quant à ceux qui resteront au NPA, ce ne sera pas grand-chose.

En fait ce congrès du NPA, c’est la chronique d’un naufrage annoncé.

Pour ce qui me concerne, si le NPA disparaît, cela ne me tirera pas une larme.
Que les morts enterrent les morts.

Bernard Germain

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8 Commentaires

  1. On s’en fout de NPA des LR de Nupes des EELV ,des PS et autres UDI ….il ne reste plus que les abstensionnistes et le RN qui semblent encore timidement interesser quelques citoyens .Verrons nous le prochain mandats sans heurts ? j’ai des doutes !!

  2. Dès lors qu’un parti affiche son anti-capitalisme, il contribue activement à faire fuir les investisseurs et les entreprises. La suite tout le monde la connaît – chômage massif et précarité généralisée. En cette période d’incertitude oú tout se casse la gueule, ce parti d’abrutis qui n’a pas inventé l’emploi ni la prospérité, ferait mieux de la mettre en veilleuse.

  3. Tout le monde s’en fout! C’est vrai mais c’est dommage car ce NPA (N’a Pas d’Avenir) qui groupe 2.000 adhérents participe allègrement au pourrissement de la vie de 65 millions de Français en participant au concours regroupant d’autres groupuscules aussi importants, des idées les plus débiles pour avoir un minimum d’existence dans les médias subventionnés. Et pendant ce temps là motus sur toutes les saloperies qui sont votées en catimini par quelques députés (46 pour, 7 contre sur 577 inscrits).

  4. Tout le monde s’en fout, il est donc nécessaire que j’en fasse un article!
    Franchement… .

    • On aimerait bien que RL se décide à faire au moins un article sur la tempête autrement plus importante qui déferle en Iran.

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