Conte chinois moderne : le joueur de Mah-jong

Le Mahjong est un jeu en apparence simple et divertissant. Mais les joueurs chevronnés savent que, pour gagner, il convient de développer en douceur une stratégie subtile, sans éveiller l’attention de l’adversaire et de le surprendre en annonçant « Hu ! », lui signifiant que l’on pose la dernière tuile, la combinaison victorieuse.
Avec un peu de recul et d’imagination, on pourrait se demander si Xi Jinping, président de la République populaire de Chine, ne profite pas de la pandémie du Covid-19 pour se lancer dans une partie géante de Mahjong contre l’Europe et les USA.

Voyons ce que pourrait être le synopsis de cette histoire :
Automne 2019 : au fin fond de la Chine, un présumé mangeur de pangolin est infecté par un virus inconnu et contamine tous ses concitoyens alentour. L’épidémie enflamme la ville de Wuhan et la région de Hubei est isolée, enfermant cinquante millions d’habitants dans un confinement drastique.

L’économie chinoise est paralysée, son commerce international défaille, le yuan est dévalué. Mais Hong Kong, « le poumon de la Chine », tient le coup et se protège avec une stratégie sanitaire efficiente, prévue de longue date.
Xi Jinping ne bouge pas. Au contraire, il masque et minimise l’événement, au point que les Occidentaux ricanent et évoquent un virus « made in China » dont le risque de contamination est quasiment nul (Agnès Buzyn), une simple « grippette » (Michel Cymes).

Cependant, sur la commune de Wuhan, la Chine entreprend de juguler l’épidémie. Quatre mille ouvriers sortis de nulle part ont construit en dix jours un hôpital de 10 000 lits à Wuhan, sur un immense terrain subitement disponible avec des matériaux en quantité immédiatement suffisantes.
Les Occidentaux ricanent de plus belle. « Regardez-les, ces Chinois qui travaillent comme des fourmis ! »
Mais, dans un deuxième temps, subissant l’inertie du commerce, les entreprises occidentales installées en Chine (coût du travail réduit = plus grosses marges et meilleurs dividendes) voient leurs actions perdre 40 % de leur valeur.

Maintenant, ça y est : le Covid-19 a embrasé l’Italie d’abord, puis la France qui tarde à réagir et ne veut pas fermer ses frontières, vitupérant le « repli nationaliste ». Suivent l’Espagne, toute l’Europe et même les États-Unis. Impréparés, imprévoyants, conditionnés par trente années d’idéologie mondialiste, démunis de masques, gel hydroalcoolique, tests, respirateurs, après avoir délocalisé leurs entreprises, les pays occidentaux se confinent et leurs économies s’atrophient.

En France, des mandarins parisiens entrent en guerre contre leur confrère marseillais, promoteur d’un traitement associant un antipaludéen à un antibiotique. On ergote sur les plateaux de télévision pendant que des gens, souvent âgés, meurent chaque jour par centaines.
Les économies européennes et américaines entrent en récession.
La Chine détenant déjà 1,2 billion de dollars de titres de dette américaine, Xi Jinping, redoutable homme d’affaires, fait acheter à vil prix par la Chine 30 % des actions de sociétés en Europe et aux États-Unis. Quant aux sociétés occidentales présentes sur le sol chinois, il interdit leur rapatriement en Europe et aux USA. Il met la main sur 20 billions de dollars, mais surtout sur les technologies occidentales et le capital de ces sociétés devenues chinoises.

La pandémie sévit toujours en Europe et aux États-Unis, elle effleure l’Amérique du Sud et l’Afrique. Ah, l’Afrique ! Chasse gardée des Français, des Anglais et des Américains ? Plus pour longtemps. Mitterrand voulant en finir avec la doctrine gaullienne de la « Françafrique », la France a lâché l’Afrique dans les années 80. Néanmoins, des soldats français se font tuer au Sahel pour contenir les djihadistes et, pendant ce temps, la Chine s’implante partout sur le continent noir. Mais c’est là une autre histoire…

Xi Jinping nous annonce que l’épidémie a cessé en Chine et que tout étranger qui entrera sur le sol chinois sera testé et placé en quarantaine si décelé positif. Il annonce même disposer d’un vaccin contre le Covid-19 !
L’Europe, défaite, mange son chapeau. Les peuples grondent de colère et, déjà, les dirigeants politiques, inquiets, égrainent des litanies d’arguments spécieux, de prétextes fallacieux pour se justifier lorsque sonnera l’heure de rendre des comptes.

Aux États-Unis, le parti démocrate, rongé par la gangrène gauchiste, veut profiter de l’affaiblissement du pays pour attaquer Donald Trump. Dirigés par Nancy Pelosi, les démocrates, aveuglés par leur haine, font perdre les élections au dernier défenseur de l’empire américain avec comme conséquence la fin de l’hégémonie du dollar et l’effondrement du niveau de vie des citoyens américains.
« Hu ! » La partie de Mah-jong est terminée. La Chine est en passe de savourer la vengeance qu’elle attend depuis la fin du XIXe siècle.

Avec tout le potentiel technologique qu’elle détient, la Chine peut fixer des prix selon sa volonté à un Occident qui est désormais totalement dépendant d’elle et de son bon vouloir.
Alors, se réalise la prophétie de Napoléon Ier : « Lorsque la Chine s’éveillera, le monde tremblera ! ». Nous y sommes.

Jean-Yves Leandri

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4 Commentaires

  1. Tout cela coule de source… une partie de majong parfaitement orchestrée dont le monde et en particulier les occidentaux en seront les dindons de la farce…

  2. L’enchainement des faits parait inéluctable. Mais espérons que ce conte bifurquera vers une fin moins pessimiste et que le sursaut viendra des peuples occidentaux (pas de leurs dirigeants trop pusillanimes et sous influence de la secte mondialiste). Peut-être que Trump réussira à conjurer les traquenards de ses ennemis démocrates ? Peut-être Poutine, que les chinois ménagent, se révèlera être le sauveur de l’Europe ? Peut-être aussi hélas l’Occident sera-t-il conduit à l’affrontement militaire avec la Chine ? Dans ce cas, revoir le film de Jean Yanne : « Les chinois à Paris »…

  3. Pas mal vu, surtout pour l’aspect boursier et de montée en capital.

    Pour la technologie, à force d’avoir transféré tout notre savoir occidental (pour avoir les contrats) à ceux qui ne pourraient soit disant « que fabriquer des boîtes de conserves améliorées », leur niveau technique et scientifique est déjà au même niveau que celui des occidentaux– à de rares exceptions près-. (Voir par exemple ce que dit Raoult sur la bio-tech chinoise). La Chine a aujourd’hui dépassé les USA pour le nombre de publications scientifiques.
    N’oublions pas non plus que leur QI moyen est supérieur à celui des occidentaux
    ET QU’EN PLUS
    Ils ne souhaitent pas se voir enrichis par les africains… ni les Muzz !
    Bravo pour votre emploi correct du mot « billion ».. c’est rare ! (surtout par les journaleux français)

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