Contrairement à Cortex, Achref Cherif, l’auteur des menaces contre Christine Tasin a été condamné

Publié le 26 janvier 2012 - par - 3 342 vues
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Ce mardi 24 janvier le tribunal correctionnel d’Auxerre jugeait le sieur Achref CHERIF, le courageux internaute de 23 ans qui bien abrité (du moins le croyait-il) derrière l’anonymat de la Toile, avait agoni d’injures grossières et menacé de mort Christine Tasin, présidente de Résistante Républicaine. Les numéros précédents de RL ont rappelé les faits, survenus en août-septembre 2010, qui avaient entraîné le dépôt de quatre plaintes. De longues investigations techniques avaient permis d’identifier un auteur : Chérif. L’une des plaintes visait Sébastien Gozlin, alias Cortex, rappeur de son état. Ce dernier comme on le verra, ne sera pas inquiété.

Le voilà donc à la barre, ce cavalier de l’islam qui sur un champ de bataille aux dimensions d’un écran a recherché la gloire des minables. Taille moyenne, tout de noir vêtu, mince, l’inévitable barbe de plusieurs jours, une esquisse de moustache. Et surtout un air obtus. Les sourcils froncés, il promène sur le juge, la procureure, les avocats, un regard à la fois interrogateur et courroucé, comme un simplet qui ne comprend rien à ce qu’il entend, et que cela agace. Il parle pourtant parfaitement le Français. On devine que sous ses cheveux il n’y a pas foule, mais on le savait déjà à la lecture de ses œuvres.

Le juge lit le PV de convocation, exposant les faits qui lui sont reprochés. Il résume ensuite l’affaire, en donnant connaissance des déclarations du prévenu pendant sa garde à vue : « vous avez reconnu les faits, précisant que vous vous étiez « lâché », et que les menaces de mort, c’était « une façon de parler ». Eh bien dites donc, drôle de façon de parler, qui en l’occurrence constitue une infraction pénale ! Qu’avez-vous à dire aujourd’hui ?». Chérif, qui avec son avocate s’est avancé à moins de deux mètres du juge, fait entendre une voix de fausset, tellement bas qu’on ne saisit rien à deux pas derrière lui, où se trouve l’avocat de Christine. Ce dernier demande au juge de faire répéter le prévenu, ce qu’il fait. On ne comprend toujours rien, mais le juge reprend ses propos : Chérif, revenant sur ses aveux en garde à vue, prétend maintenant ne plus être l’auteur des messages ! – « les bras m’en tombent dit le juge. Vous passez des aveux complets, puis un an et demi plus tard, le jour de l’audience, vous vous souvenez soudain que ce n’est pas vous ! » – « les policiers ont fait pression sur moi pour que j’avoue » miaule l’autre. – « Ah bon, et les PV d’audition que vous avez signés ? » – « On m’a forcé ». L’irritation se lit sur le visage du juge, qui n’aime pas beaucoup les fables à trois sous. – « vous savez dit-il, il ne suffit pas de se rétracter, j’aurai tout à l’heure à tirer les conclusions de cette rétractation ».

Chérif a choisi la ligne de défense de toutes les racailles à la cervelle de moustique comparaissant au pénal. Quelles que soient les preuves, même pris la main dans le sac (au propre parfois), ils nient. Ont-il fait des aveux en garde à vue, ils se rétractent en invoquant la pression policière, croyant bêtement que cela suffira à les faire sortir blancs comme neige. Sans la moindre notion de la crédibilité attachée à cette pauvre stratégie, et ignorant que seule compte l’intime conviction du juge, aveux ou pas.

Après quelques autres échanges, il n’y a plus rien à en tirer, les débats sont clos. Dans le public, on n’a strictement rien entendu des propos du prévenu, heureusement répétés par le juge. Le principe de publicité de l’audience en était pourtant affecté.

Christine étant partie civile, son avocat plaide en premier. Il commence par situer l’affaire dans son contexte : Mme TASIN est fondatrice de l’association Résistance Républicaine, et c’est parce qu’elle ose critiquer l’islam qu’elle est victime de turpitudes diverses, dont l’affaire d’aujourd’hui n’est qu’un exemple. Le juge lève la main : « je vous arrête Maître, nous ne sommes pas là pour parler de l’islam. Je suis saisi de certains faits, je ne juge que ces faits. ». L’avocat répond qu’il est difficile d’apprécier le préjudice de sa cliente en excluant le contexte, mais le juge reste inflexible : les faits, rien que les faits. Soit.

Le défenseur évoque alors le grand absent de cette audience : le rappeur Sébastien Gozlin ( dit Cortex)., qui bien qu’ayant proféré à visage découvert des insultes et menaces proches de celles de Chérif, n’a même pas été interrogé par la police. Le juge lève à nouveau la main : – « je ne suis pas saisi à l’égard de cette personne mais seulement à l’égard de M. Chérif. Si vous avez des comptes à régler avec le Ministère Public, vous le ferez en dehors de cette audience ». – « Mais j’ai le droit, répond l’avocat, de m’étonner de ce qu’un autre auteur, que tout accable, n’ait pas été poursuivi ». – « dans ce cas il vous appartient de déposer plainte avec constitution de partie civile » (autrement dit, devant un juge d’instruction, ou en faisant citer S.G. devant le tribunal par huissier). – « Certes, mais cela entraîne des frais puisque la partie civile doit verser le montant d’une consignation, qui multipliée par le nombre de plaintes, est dissuasive ». Geste évasif du juge : ce n’est visiblement pas son problème. Bon, on passe. L’avocat décrit alors les conséquences pour la vie de sa cliente. La peur, le déménagement obligatoire, son honneur souillé par les propos orduriers proférés. Et conclut par une demande d’indemnisation financière, comme toujours pour une partie civile.

C’est le tour du Ministère Public. La substitut du Procureur commence par dire qu’elle n’a pas à s’expliquer sur les raisons pour lesquelles Sébastien Gozlin n’est pas poursuivi, la victime étant libre de le faire comme l’a rappelé le juge. Puis elle écarte la rétractation de dernière minute du prévenu, rappelle l’ensemble des éléments à charge, et demande une condamnation à hauteur de neuf mois d’emprisonnement assorti d’un sursis avec mise à l’épreuve de deux ans.

La parole est à la défense. L’avocate n’hésite pas : elle reprend à son compte la thèse douteuse de son client (qu’elle a inspiré ?). Il n’est pas l’auteur des messages, l’I.P. de son ordinateur retrouvée par les policiers est certes la sienne, mais il y a tellement de piratages, n’est-ce pas. Quand aux aveux du prévenu pendant la garde à vue, ils ont été bien entendu extorqués, il était sous la pression des policiers, et n’a pas compris ce qu’il signait. Et de poursuivre en évoquant la personnalité de Chérif, qui n’aurait absolument pas le profil qu’on veut lui faire endosser, avec son apparence tranquille, sa voix presque inaudible. Il semble que cette avocate n’ait jamais vu et entendu les yeux langoureux et la voix douce de Ben Laden. Elle demande la relaxe de son client.

Le jugement est rendu « sur le siège » c’est-à-dire immédiatement. Les réquisitions du Ministère Public sont suivies : Chérif est déclaré coupable et condamné à neuf mois d’emprisonnement, assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve d’une durée de deux ans. Pendant cette durée, il devra déclarer son domicile, et a interdiction d’entrer en contact avec Christine Tasin par quelque moyen que ce soit. Toute violation d’une de ces règles pourra entraîner l’incarcération, et une nouvelle infraction commise pendant cinq ans pourrait avoir le même effet, en sus de la nouvelle condamnation prononcée. Il devra en outre verser à Christine Tasin 800 € de dommages intérêts, et 500 € à titre de participation pour ses frais d’avocat. Le prévenu a dix jours pour faire appel.

L’impression générale est mitigée. On ne saurait nier l’essentiel : justice est rendue puisqu’il y a eu condamnation, d’une sévérité conforme à la moyenne. On aurait cependant aimé voir élever le débat, ce qui visiblement n’est pas habituel dans ce petit tribunal provincial au charme suranné. On aurait apprécié d’entendre les débats de la salle. Mais surtout on reste perplexe quant à l’étrange impunité du dénommé Cortex. sur laquelle il n’est pas inutile de revenir.

Cet individu, qui se définit comme rappeur et sévit sur le Net par des vidéos agressives et ordurières, avait dans deux d’entre elles, proféré contre Christine ce genre de douceurs :
« demain quand je vais venir à Issy Les Moulineaux, on va voir qui va parler, bande de salopes que vous êtes, tiens ça dans ton gros c… salope ! » ; « je vais parler de cette grosse p… de Tasin, grosse p… « ; « là je parle avec la rage, je vous b… vos mères la p… » ; « la langue en fait faut faire attention quand on parle, parce que la langue on te la coupe, avec un ciseau, un hachoir (geste joint à la parole) » ; « Tasin, si tu te fais menacer de mort c’est ta faute tout ça, espèce de grosse salope ».

Il n’y manque que les menaces de mort pour égaler Chérif, mais Cortex se félicite ouvertement de celles proférées par ce dernier. Rappelons que ce triste sire n’en est pas à son coup d’essai. Il a fait l’objet de plusieurs condamnations pour des faits violents, et le 5 juillet 2011 pour menaces envers Marine Le Pen, à qui il avait promis de l’égorger, et de la « b… dans des tournantes ». Pour ces derniers faits, le Tribunal correctionnel de Paris l’a condamné à… 500 € d’amende, et 1000 € de dommages intérêts. Sévère n’est-ce pas ?

Pourtant, alors que l’adresse et même le numéro de téléphone de cet individu figurent dans le dossier envoyé à Christine, le Procureur a donné instruction à la police de ne pas l’interroger « pour l’instant ». Un instant devenu éternité. L’avocat de Christine a écrit au Procureur pour souligner tous les aspects du dossier accablants pour Cortex, en les qualifiant : injures pour les uns, menaces pour les autres, et a demandé qu’il soit mis en cause. Il n’y eut ni réponse, ni suite.

Quelles conclusions en tirer ? Faut-il croire que le fait qu’il habite aux Pyramides dans l’Essonne, cité dite « sensible » fait craindre le courroux de son milieu dont le prurit émeutier est connu ? Dans les zones dites de non droit, la police parait-il, hésite à entrer. En serait-il de même à présent de la justice ? On aimerait se tromper. Si ce n’était pas le cas, cela voudrait dire que la République a mangé son pain blanc, et la disette menace. Alors, les émeutes de l’opinion citoyenne seraient à redouter. Celles qui comptent dans l’histoire d’un pays.

Julien Thémis

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