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Contrairement à Zemmour, Marine ne fait plus rêver ses militants

©PHOTOPQR/LE PARISIEN/Arnaud Journois  MaxPPP]

Qui pouvait croire il y a quelques mois que Marine Le Pen et Éric Zemmour seraient au coude à coude dans les sondages et que le monopole de la droite nationale risque d’échapper à la famille du Vieux ?

Marine est plus que bousculé dans sa zone de confort. Elle a du mal à sortir de sa longue léthargie, trop habituée à naviguer en eaux calmes sans vagues ni remous. Incapable d’affronter l’adversité comme tout riche hériter qui n’a pas sué pour mériter sa fortune.

La droite nationale c’est moi et point de salut hors de moi, dirait-elle en son for intérieur.

Elle pense que tout lui est acquis et qu’elle a le privilège du règne sur la droite nationale à vie.

Routine et ronronnement comme seuls mots d’ordre.

Mais voilà qu’un homme que personne n’attend fait une irruption « brutale » dans son espace politique réservé qui la prend de court et l’accule dans les cordes. Ne sachant pas comment y faire face, elle se recroqueville sur elle-même refusant tout échange de « coups » avec lui.

Elle n’est pas habituée à l’imprévisible, trop rigide, lymphatique et amorphe pour se remettre en question convaincue que le soufflet va finir par retomber.

La politique est une guerre sans merci où il n’y a pas de place à ceux qui esquivent l’affrontement.

L’heure est grave n’est pas aux faux-semblants et faux-fuyants, elle n’a pas le choix des armes ni d’envois de piques de cour de récré envers Zemmour, soit elle relève le défi du combat soit elle reste dans son paquebot.

La France n’a pas pas besoin de défaitistes et de rentiers de la politique plus préoccupés par leur prestige personnel que par le sort de la patrie.

En toute logique elle aurait pu tirer les leçons de son échec lamentable de 2017 et faire profiter de son expérience celui qui est à même de porter haut les couleurs de la France.

On sait bien que les sondages de l’automne ne font pas les urnes du printemps et qu’il est trop de tirer des plans sur la comètes. Ils sont les photographies les plus ou moins fidèles de l’instant T. Ils ne sont pas une science exacte et la marge d’erreur n’est pas négligeable. Ils restent un bon outil d’analyse politique qui peut interpeler et alerter l’opinion publique sur le climat politique général du pays. Même si un ciel chargé de nuages aujourd’hui n’est pas le ciel de demain, ils sont une sorte de baromètre politique .que l’on ne peut non plus négliger.

Dans le cas d’espèce les sondages qui rythment la vie des Français en cette période de l’année devraient être scrutés attentivement par tous et tout particulièrement par le RN qui joue à l’autruche, alors qu’il est le parti le plus touché par l’irruption de Zemmour sur la scène politique.

Ils devraient lui donner des sueurs froides, car c’est une bonne partie de son électorat qui est attiré par Zemmour. Elle ne peut continuer à jouer à adopter un ton conciliateur avec celui que les médias appellent « le polémiste » pendant que l’hémorragie se poursuit. Elle est comme un boxeur acculé dans ses cordes plutôt que de contrer les coups qui pleuvent sur lui il supplie son adversaire qui est aussi son concurrent, les deux sont synonymes, de faire équipe avec lui et de se ranger sous sa bannière.

Manque flagrant de courage politique d’affronter l’adversité et de relever les défis de renverser le cours du combat. Un aveu de faiblesse inquiétant et pas rassurant sur ses capacités à sortir la France du bourbier.

Zemmour a le mérite de la pousser dans ses derniers retranchements et de la contraindre à faire tomber son masque angélique.

On sait bien qu’elle est dans un jeu de rôle qu’elle a du mal à assumer. Mauvaise comédienne et trop molle.

Elle prône la compatibilité de l’islam avec la République, comme si le nazisme avait sa place aussi en France.

Si elle veut exister sur la scène et garder ses brebis à la maison, elle doit faire du Zemmour sans Zemmour qui n’est pas le diable qu’on le dit, sinon c’est l’implosion de son mouvement.

Elle ne peut continuer à se mentir et à mentir aux Français. Zemmour ne lui laisse plus le choix des armes. Il révèle aux Français le vrai visage du RN dont il n’est pas membre.

Même le modéré Ménard semble s’en démarquer publiquement, lui qui est un peu sa caution intellectuelle et républicaine. Jamais encarté dans ce parti. Marine Le Pen est face à son dilemme. Revenir à l’ADN idéologique de son mouvement ou disparaître. Quel que soit le scénario elle est fichue

Manque de charisme, de clairvoyance politique et d’anticipation. Elle ronronnait comme un chat blotti dans le fauteuil de son maître.

Le RN c’est sa chasse gardée, une propriété familiale. Mais les militants ont besoin d’autre chose, et c’est Zemmour qui les fait rêver.

Salem Benammar