Contrairement aux voilées, les « bonnets rouges » sont enfants de la République

Publié le 25 novembre 2013 - par
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voiléeesdeserviceBien que le voile islamique soit autorisé dans l’espace public, il ne cesse d’indisposer la majorité des Français. D’où les altercations qui se produisent ici où là, et qui suivront en nombre le nombre de femmes qui le portent.

C’est que le port du voile n’est pas celui d’un chapeau ou d’un manteau, c’est-à-dire d’un vêtement neutre : c’est la marque d’un ralliement.

Se voiler quand on est femme, c’est en appeler à la communauté des femmes voilées, donc des femmes musulmanes, qui, ce faisant, en appellent aux hommes de même confession, afin que chacun puisse se reconnaître comme musulman, et, par la même, s’encourager mutuellement dans sa propre identité. En d’autres termes, se voiler, c’est permettre de visu le repérage de tous les frères en religion pour mieux s’unir en cas de conflit avec ceux que le voile dérange.

Or, ceux que le voile dérange ne vivent pas cette gêne uniquement parce que le voile porte atteinte à la laïcité, ou parce qu’il témoigne d’un culte dont les fondements ne correspondent pas aux fondements de la République : ils vivent cette gêne parce qu’il est toujours dangereux, pour l’unité nationale, qu’un nombre important de personnes manifestent ouvertement leur sécession.

On pourrait dire la même chose des fameux « bonnets rouges » qui défient actuellement le Pouvoir, à cette différence près que les « bonnets rouges » n’obéissent à aucune Transcendance, ce qui rend un accord humain possible, alors que le voile s’enracine dans la Transcendance, ce qui condamne l’accord à s’enraciner dans le divin. Porter le « bonnet rouge », c’est témoigner d’un désaccord négociable ; porter le voile, c’est témoigner d’un absolu.

On ne discute pas avec un absolu, surtout si cet absolu est l’Absolu, c’est-à-dire le « Seigneur des mondes », la Raison première et dernière de toutes choses, ce par quoi il y a quelque chose plutôt que rien. Pour le musulman, en effet, l’islam est soumission à Dieu, car Dieu est le commencement et la fin de tout. L’islam a donc son objet en lui-même, et cet objet, c’est toujours Dieu, c’est-à-dire le Dieu de toujours, l’Etre de tous les êtres, ou encore l’Etre absolument libre : « point de contrainte en religion » !

Telle est l’origine du problème fondamental qui oppose les valeurs islamiques aux valeurs occidentales, les premières s’appuyant sur la Parole divine, les secondes sur le dialogue. Les premières sont en position de force, puisque Dieu est tout-puissant ; les secondes s’illusionnent, puisque foisonnent les dialogues de sourds. Croire, en effet, que le dialogue est la clé de ce problème, c’est ne pas comprendre que l’Absolu est hors d’atteinte de tout argument susceptible de le raisonner ou de le nuancer.

La conséquence de cette logique imparable est tout aussi imparable : si l’on ne veut plus de conflit avec le voile, il faut l’interdire !

Maurice Vidal

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