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Contre le temps : le dernier album des Brigandes

Voici donc le dernier album des Brigandes – Contre le Temps, abrité dans un très bel écrin – qui, une fois de plus, affirment leur ancrage culturel de leurs voix suaves et non moins percutantes.

C’est d’abord un voyage dans le passé que cet album, où l’on commence avec le morceau « Ragnar » – du nom d’un mythique conquérant viking, actuellement à l’honneur dans une série télévisée (Vikings) – ; chanson de geste narrant les exploits à la fois réels et légendaires de ce roi guerrier. Car Les Brigandes puisent dans toutes les racines européennes, lesquelles sont indiscutablement chrétiennes mais pas exclusivement, comme elles le démontrent. Dans une atmosphère folk-rock très entraînante, cette chanson exalte aussi les vertus guerrières de l’Europe de jadis et qui l’ont constituée comme telle.

Vient ensuite « Soldat d’Odin », en hommage à un groupe d’autodéfense, que certains qualifieront d’« immonde milice fasciste », tout en regardant, la larme bienveillante et justifiante à l’œil, les hordes des cités « faire des bêtises », suivant la formule consacrée ! Ces soldats s’inspirent des Soldiers of Odin, mouvement né en 2015, en Scandinavie, afin de protester contre les dégâts causés par l’invasion migratoire, à forte majorité musulmane, initiée par la chancelière allemande Angela Merkel. Le mouvement a depuis essaimé, notamment en France. Cette ode semblera sans doute odieuse à la chorale mondialiste, mais je rappelle qu’en Norvège, un autre groupe s’était alors constitué – « Soldats d’Allah »… ! –, affirmant cette abomination sur le sol européen : « En réponse au groupe infidèle des patrouilles des Soldats d’Odin, nous, musulmans, avons choisi de créer un groupe qui patrouillera ces rues, d’abord à Oslo, pour empêcher le mal et encourager le bien » (source RT).

Arrive ensuite « Dans la prison de Fresnes », une ballade dédiée à Robert Brasillach, qui s’est, certes, fourvoyé selon moi pendant l’Occupation, mais ne méritait pas les balles reçues au Fort de Montrouge en février 1945, tandis que nombre d’intellectuels demandaient sa grâce au général de Gaulle, tels François Mauriac ou Albert Camus, tous deux peu connus pour être des collaborateurs. La chanson des Brigandes dénonce ainsi le jusqu’auboutisme de la République aveuglément vengeresse. C’est Brasillach, mélancolique, qui parle, peu avant son exécution : « Dans la prison de Fresnes, c’est le dernier poème », soupire-t-il. Une autre version, chantée par Alexis, est proposée en bonus.

« Le chemin des étoiles » rappelle ces chansons cristallines que les quarantenaires, comme moi, écoutaient, enfants, dans les années 1970. Dans une atmosphère mythologique, des paroles fatalistes s’écoulent légèrement et tristement, comme pour dire la fragilité de la condition humaine : « Sur la voie des étoiles le passage est étroit / Et le destin fatal nous ramène en bas. »

Retour au militantisme salutaire avec « Quand on voit arriver les migrants », sur le ton d’une comptine mathématique : avec un migrant, on dit « Comment ça va, fais comme chez toi, mon grand » ; et avec dix millions cela devient « Si on voit cent millions de migrants / Y’a pas à avoir peur, on sera morts avant. » Sombre présage…
« Tomber plus bas » soigne particulièrement Macron, avec une apparente désinvolture blues : « Un président, sans précédent / Nous crache à la face sans haine. »

Et comme si le message n’était pas bien passé, « Ne m’appelez pas président » lève le voile sur les coulisses du faux pouvoir, lequel n’obéit résolument pas aux volontés du peuple : « Je suis là pour vous transmettre… / Les instructions à la lettre / De mes employeurs. » On comprend mieux pourquoi la Macronie s’acharne sur Les Brigandes. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire !

Avec des accents d’autrefois, « Elle a quitté le Portugal » raconte l’histoire d’une Portugaise venue en France « trimer dans un hôpital » et qui, contrairement à d’autres, ne la ramène pas. On se prend son destin en pleine face et l’on se dit qu’on a perdu au change en faisant venir le continent africain chez nous.
Autre morceau embrumé de nostalgie, « Marseille en rêve » raconte un temps qui s’en est allé dans les limbes de l’oubli. Pour un peu, en l’écoutant, on se croirait dans le film Borsalino, avec le tandem Belmondo-Delon, dont l’intrigue se déroule justement dans la cité phocéenne.  Marseille aujourd’hui, ce n’est plus ça : Pagnol n’y retrouverait pas son enfance…

Surgit un hymne chrétien atemporel, « Quand un enfant va venir », merveilleuse célébration de la vie.
« La Caravelle », sur un air de bal musette, se souvient encore du temps d’avant, celui de Jacques Anquetil – surnommé effectivement La Caravelle ou encore Monsieur Chrono –, « avant le temps des amphétamines ». Ici, c’est l’effort qui est exalté, pas la tricherie.

Pour le dernier titre, on mentirait en éludant son caractère moqueur, voire provocateur, mais, qu’on l’approuve ou la réprouve, « Ah Ruedi, mets ta kippa dis ! » est une chanson bien innocente si on la compare à la véhémence de toute part dont est victime le catholicisme, et le christianisme en général. Par ailleurs, ce n’est pas en fredonnant les chansons des Brigandes qu’on assassine les Juifs de nos jours, mais d’autres refrains venus d’une autre foi !

Maintenant, comment s’y retrouver avec Les Brigandes, au-delà des ouï-dire ? Il suffit de les écouter chanter pour comprendre que leur message relève d’une célébration de l’identité française et, par-delà, européenne. Pour le reste, elles ne se mêlent pas de ma vie privée ; alors moi non plus. Je ne sonnerai donc pas leur Hallali, contrairement à certains détracteurs, souvent les mêmes qui ont hurlé, voici quelques années, à l’idée que la Suisse puisse extrader Roman Polanski vers les États-Unis afin qu’il réponde de ses actes sur une jeune fille de treize ans, droguée et violée par ses soins !

Aussi, je conseille cet enchantement musical à tous…

Charles Demassieux