Contre les Gilets jaunes, mécanisme de l’enfumage gouvernemental

Publié le 4 mars 2019 - par - 19 commentaires - 1 178 vues
Share

Le 16e acte du mouvement des Gilets jaunes s’est déroulé samedi 2 mars sans problèmes particuliers sinon quelques matraquages habituels. Mais, bien sûr, le ministère de l’Intérieur a, une fois encore, minimisé les chiffres. Ce qu’ont répété les journalistes de France info dont l’un reprenait le chiffre de 4 000 manifestants à Paris, un autre parlait d’égalité entre le 23 février et le 3 mars tandis qu’une troisième annonçait en direct 1 500 manifestants.

Le Parisien du samedi 23 février avait titré à la une : Gilets jaunes. À BOUT DE SOUFFLE. Or, selon le ministère de l’Intérieur, leur nombre ce jour-là aurait connu un léger regain. Une fois encore les médias poussaient à la démobilisation. Déjà, après les tags antisémites et plusieurs profanations de cimetières juifs, ils avaient complaisamment rapporté les propos haineux de députés et responsables LREM qui, sans preuves, accusaient les Gilets jaunes. Benjamin Griveaux, le sautillant porte-parole de l’Élysée, affirmait : « C’est souvent en marge des cortèges de Gilets jaunes qu’on retrouve ces inscriptions antisémites. »

Castaner rappelait tout à coup que les actes antisémites avaient augmenté de 75 % en 2018, une façon détournée de montrer du doigt les Gilets jaunes. Il oubliait seulement de préciser que l’augmentation était déjà de 69 % avant l’apparition du mouvement en novembre 2018.

L’agression verbale dont, dimanche 1er février, Alain Finkielkraut fut victime, permit de relancer la polémique en accablant, une fois encore, les Gilets jaunes. Et alors que la victime dénonçait la « rhétorique islamiste » et ses alliés « non pas issus de la Génération identitaire, mais hélas de la gauche, extrême ou bien-pensante », gauche à laquelle d’ailleurs il ne souhaitait pas servir la soupe, surtout pour un rassemblement refaisant « la énième version de l’antifascisme », BHL, philosophe à la mode, décrétait que « l’antisémitisme c’est le cœur du mouvement ».

Manque de pot, l’agresseur était un islamiste radical pro-palestinien qui vomit Israël, le sionisme et les Juifs et qui, prenant Finkielkraut comme cible, le menaça de mort, en lançant : « Sioniste de merde ! Sale Juif ! Dieu va te punir ! Elle est à nous, la France ! » Notre pays serait-il déjà une république islamique ? Pour le voyou salafiste, la chose est entendue.

Pourtant, loin de dénoncer les islamistes qui, lentement, gangrènent le pays, assassinent, profanent par centaines les lieux de culte (synagogues et églises) et ont envoyé de nombreux volontaires chez Daesh, le pouvoir temporise. Et si, devant le Congrès du Crif, Macron s’enflamme et promet des « actes », il préfère charger les Gilets jaunes, alors que ceux-ci ont résolument condamné les actes et attentats antisémites.

La vindicte « progressiste » n’épargne pas non plus le Rassemblement national. C’est ainsi qu’à la grand-messe antifasciste du 3 février, Olivier Faure, président du Parti socialiste croupion, avait (on se demande à quel titre ?) décidé d’en interdire l’accès  au Rassemblement national. Encore le coup du bouc émissaire et de la bonne conscience républicaine, mais certaines déclarations de leaders de la France insoumise détonnent qui accusent Finkielkraut de répandre « la haine en France. Contre les jeunes de banlieues. Contre les musulmans ». (Quid de la haine meurtrière des banlieues contre les Juifs ?) On a même entendu l’avocat socialiste Mignard, référence de la gauche bien-pensante ironiser : « On s’émeut sur les plateaux. Bon d’accord, mais il n’a pas été frappé. Ce qui aurait tout changé. Là, il doit être content. Il le cherchait. On l’avait oublié. C’est réparé. » Existerait-il donc un antisémitisme de gauche ? Pour Robert Redeker, nous sommes à un « moment de fusion entre l’ancien antisémitisme et le nouveau de plus en plus fort, de type islamo-gauchiste, où l’antisionisme cache souvent l’antisémitisme. »

Dans une union sacrée de pacotille, tout est bon pour accabler les mouvements populaires rebaptisés populistes sinon « lèpre populiste ». Schiappa, l’ex-blogueuse qui débloque, secrétaire d’État à l’Égalité, a affirmé qu’il « existerait entre la droite et les terroristes islamiques une convergence idéologique », expliquant « l’explosion des actes antisémites mais aussi homophobes par une alliance entre les gens d’extrême droite et les islamistes ». Les propos fumeux et mensongers de la bobo LGBT ont pourtant été cautionnés par Belloubet, garde des Sots qui, louvoyante, n’y voit peut-être pas « une convergence absolue, mais en tout cas des ramifications. »Buzyn, ministre de la Santé (mentale) accuse, elle, le Rassemblement national d’entretenir des relations avec les populistes européens qualifiés en sous-main de fascistes. Il est clair que la bien-pensance a besoin de carburant populiste pour exister. D’où la savante confusion entre Rassemblement national et Gilets jaunes afin d’ostraciser ces derniers.

Macron, tel un maître en arts martiaux, sait utiliser la force de l’adversaire pour rebondir. Le tout sous un masque clinquant : jeunesse, réussite, modernité, mobilité, ouverture à la mondialisation tous azimuts… oubliant de préciser que les grandes gagnantes de la « mondialisation heureuse » sont les multinationales. Les riches sont de plus en plus riches et paient de moins en moins d’impôts, les pauvres sont de plus en plus pauvres et paient de plus en plus d’impôts. Pour information, les 26 personnes les plus riches du monde représentent un pouvoir d’achat équivalent à la moitié de la population de la planète, soit 3,5 milliards d’êtres humains.

Le président nous propose l’image d’une caste aux antipodes du quotidien de plus en plus difficile du citoyen lambda. L’élite contre le Français moyen, la jet society contre les péquenots des campagnes et des petites villes, telle est la réalité où le discours s’inscrit en faux contre le réel, où les promesses sont d’autant plus mirifiques qu’on n’a ni l’intention ni la possibilité de les tenir alors que la vie est de plus en plus angoissante pour des millions de Français qui se reconnaissent dans les Gilets jaunes.

C’est à cet exercice que s’est livré Macron samedi 23 février pour l’ouverture du salon de l’Agriculture. Sourires enjôleurs, bains de foule (tempérés tout de même par un rideau de gardes du corps et de militants), tel est le président en campagne qui félicite de jeunes agriculteurs d’avoir « choisi un métier difficile. C’est courageux ». Surtout quand on sait qu’un tiers des exploitations agricoles a disparu en 10 ans, et qu’une baisse de 43 milliards d’euros du budget de la Pac est annoncée d’ici à 2028, tandis qu’en catimini sont signés des contrats qui ouvrent en grand les frontières à des producteurs qui, n’obéissant pas aux mêmes normes sanitaires et environnementales que la France, peuvent pratiquer des prix concurrentiels mettant en péril notre agriculture. Chaleureux encouragements aussi aux éleveurs, alors que l’élevage français, confronté à la concurrence de gigantesques fermes d’élevage étrangères est de plus en plus menacé.

Et en même temps que le président, aux promesses en cascades, invite les agriculteurs à se moderniser, à s’ouvrir à l’international, on apprend que les producteurs qui ont joué la carte écolo et se sont reconvertis, attendent parfois depuis 3 ans les aides promises et attaquent l’État devant le tribunal administratif. Mais, une fois encore, Macron a su enjôler quelques paysans qui attendent désespérément une réponse à leurs revendications et qui font encore confiance à la parole donnée. Il aurait même eu droit à quelques bravos et selfies lors de sa performance de 12 heures au Salon qui a écrasé celle, légendaire, de Chirac, vieux broutard des campagnes françaises.

Le Grand Débat lancé en grandes pompes, ne procédait pas d’une autre tactique : celle de l’enfumage. Mais, comme l’écrit Natacha Polony, le mot d’ordre est de parler de tout à condition de ne rien changer. Il s’agit de concurrencer les Gilets jaunes en créant un spectacle médiatisé visant à ridiculiser ceux qui foutent la pagaille. Et s’ils ne comprennent pas, de les neutraliser enfin. Car, pour Macron, ils incarnent la « démocratie de l’émeute » et comme tels devraient tôt ou tard être ramenés à la raison.

Quel que soit le public : maires et autres élus, monde rural ou urbain, banlieusards, lycéens… parfois filtré et préparé, la mise en scène et l’animation sont rodées, l’acteur est infatigable. Le maestro use de tous les registres, joue la surprise, l’émotion, l’empathie, l’humour, sait s’adapter à son auditoire, le flatter, le surprendre, le faire rire. Cette machine à fumée qui doit durer jusqu’au 15 mars et qui est censée collecter les doléances des Français pour, après analyse, apporter des réponses concrètes, est une curieuse usine à gaz, car les questions sont archi-connues : pouvoir d’achat, service public revalorisé, justice fiscale, considération, représentativité…

De plus, elle fait double emploi avec l’enquête dont le CNDP avait été chargé par le président, enquête réalisée en janvier 2019 par 31 journalistes auprès de citoyens représentatifs de différents âges et classes sociales. Hélas, les résultats sont passés à la trappe, Emmanuel Macron préféra le Grand Débat au débat petits bras ne bénéficiant, lui, d’aucune vitrine médiatique. Quant aux mesures prévues pour la mi-avril, elles ne sauraient être que des emplâtres, le monarque ayant déclaré, d’entrée de jeu, qu’il n’était pas question de changer sa feuille de route ni de remettre en cause sa politique. Utilité nulle, coût inconnu, temps perdu, le Grand Débat ne sert à rien sinon endormir les Français en leur laissant croire que l’on s’occupe d’eux, du moins pour ceux qui gobent les promesses d’en haut.

Parallèlement, le président, mine de rien, mène campagne pour les Européennes, avec des retransmissions-fleuves sur quatre chaînes télés. Mais cela lui semble insuffisant puisqu’il se propose de publier, mardi 5 mars, une tribune dans 28 journaux européens. Sa suffisance ne saurait se contenter d’un destin national mais se rêve en Charlemagne ou en Napoléon. Sauver l’Europe, tel est le programme, mais peut-être devrait-il veiller d’abord à sauver ses députés car, en matière électorale, rien n’est jamais joué d’avance. On dit pourtant que cette agitation paye, et que LREM remonterait dans les sondages bien qu’elle n’ait pas encore de tête de liste. Cohn-Bendit peut-être, bien qu’il se fasse désirer… L’alliance du soixante-huitard embourgeoisé et du banquier prétendument progressiste aurait pourtant une sacrée allure.

Max Chaleil

Print Friendly, PDF & Email
Share

19 réponses à “Contre les Gilets jaunes, mécanisme de l’enfumage gouvernemental”

  1. Pilaf dit :

    « tout est bon pour accabler les mouvements populaires »
    Uniquement en France car pour les mouvements populaires dans d’autres pays du monde, ces mêmes médias de masse tous pro Macron soit les soutiennent, soit ça les indiffère.

    « Le Parisien du samedi 23 février avait titré à la une : Gilets jaunes. À BOUT DE SOUFFLE »
    22/11/2018 (soit 5 jours après la première manifestation du 17 novembre, les médias disaient déjà que le mouvement des GJ s’essoufflait et on entend qu’il s’essouffle très régulièrement depuis le début, au mois de novembre) La mobilisation s’essouffle, les « gilets jaunes » préparent « l’acte 2 » https://www.ladepeche.fr/article/2018/11/22/2911478-gilets-jaunes-mobilisation-essouffle-avant-acte-2-samedi-paris.html

  2. the end dit :

    Je t aime moi non plus …… tu veux ou tu veux pas …..j’aime les mecs les vrais au moins on est tout les deux d accord.

  3. Escande Pierre dit :

    TEXTE DE VICTOR HUGO REMIS Á LA SAUCE MACRONIENNE…..
    TEXTE DE 1852…..revoyez vos classiques !!

    Salut depuis Mexico…..

  4. Escande Pierre dit :

     » Car France c’est ta loi de ressaisir l’espace,
    Car tu seras bien grande ayant été si basse!
    L’avenir a besoin d’un gigantesque effort.
    Va, traine l’affreux char d’un satrape ivre-mort,
    Toi, qui de la victoire as conduit les quadriges.
    J’applaudis. Te voilà condamnée aux prodiges.
    Le monde au jour marqué, te verras brusquement
    Égaler la revanche à l’avilissement,
    O Patrie, et sortir, changeant soudain de forme,
    Par un immense éclat de cet opprobre énorme!
    Oui, nous verrons, ainsi va le progrès humain,
    De ce vil aujourd’hui naître un fier lendemain,
    Et tu rachèteras, ô prêtresse, ô guerrière,
    Par cent pas en avant chaque pas en arrière !
    Donc recule et descends ! tombe, ceci me plaît !
    Flatte le pied du maître et le pied du valet !
    Plus bas ! baise Macron ! plus bas ! lèche Babouches !

  5. quiditvrai dit :

    Gilbert Bécaud chantait :
    « Et maintenant, que vais-je faire de tout ce temps qu’il me reste à vivre ?  »
    Dans un pays ou règne la confusion et la désolation sur des ruines fumantes d’un pays jadis lumineux.

  6. DUFAITREZ dit :

    Après le Grand Débat réservé aux seuls Français, voilà celui, Européen, avec cette Missive, presque Mondiale, de notre Jupiter, Maitre des horloges et du Monde ! MDR !
    ET SI ORBAN FAISAIT PAREIL ? Vous imaginez ?

  7. Marnie dit :

    Le « morveux » déteste les français, surtout les plus pauvres. Les GJ sont la cible toute trouvée de ce grand méchant qui suit la ligne qu’il s’est fixée : détruire son propre pays, prendre la tête de cette UE moribonde et en faire ce qui a été décidé par ses fondateurs une « UE méditerranéenne ». En voilà un drôle de français, bien digne des cocos, des socialos de la 2ème guerre mondiale.

  8. Mauricette dit :

    « Le 16e acte du mouvement des Gilets jaunes s’est déroulé samedi 2 mars sans problèmes particuliers sinon quelques matraquages habituels.  » Vous m’avez fait bondir ! Un lâche tir de LBD à 10m a pulvérisé la mâchoire d’un gilet jaune qui sera handicapé à vie ( https://twitter.com/BFMTV/status/1101956852202520576 ) . Rectifiez votre article par décence pour ce blessé svp. merci

  9. meulien dit :

    de toute facon les francais sont prets a vivre en esclavage,mais quel sera leur maître?

  10. le Franc dit :

    on voit bien qu’un macron n’est pas là pour bosser en tant que chef d’état mais pour s’occuper à plein temps d’éteindre le feu de son opposition qu’il croyait avoir sous son contrôle avec les « insoumis », les vrais insoumis gigotant hors cadre, n’ayant aucune envie de se voir coachés par les appartchiks habituels institutionnels; pc-ps-npa-lfi, cgt et autres antifas sédentarisés.

  11. PIstou dit :

    Avec moncon et sa bande de dégénérés l’enfumage est permanent. Est ce que le temps des débats est décompté du temps de parole des lrem pour les européennes puisque moncon est en campagne électorale en permanence.

  12. patphil dit :

    chaque samedi, ils nous redisent que les chiffres sont en baisse! et pourtant les images montrent le contraire; chaque samedi ils racontent que les giletjaunes ont des revendications diverses, alors pourquoi en ont ils si peur?

  13. Carnaval dit :

    Vous avez vue les derniers sondages .
    LREM 22 %
    RN. 19%
    A croire que les Francais adorent se la faire mettre profondément.

    • Nuch dit :

      Je pense la mm chose je me dis que c’est irréel que les français soient si cons mais quand mm il faut se méfier des sondages ils sont fait et disent ce que l’on veut bien leurs faire dire j’espère que le résultat sera loin des sondages

    • Sumo dit :

      Ces sondages sont faux.

  14. François BLANC dit :

    le formatage marxiste est bien connu depuis l’entrée des communistes dans les institutions en 1945

  15. Moi dit :

    https://mobile.twitter.com/PrisonPlanet/status/1102725756394921984
    Gilet Jaune en fauteuil roulant aspergé de gaz lacrymogène directement sur la figure à Toulouse par un policier. Attaque criminel d’un policier.

    • the end dit :

      je pense que le pauvre flic ne faisant pas la différence entre un fauteuil roulant et un homme on peut voir les comme cela.