Convention citoyenne des musulmans de France pour le vivre-ensemble : décoder la takiyya du CFCM

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« Certes, la religion acceptée d’Allah, c’est l’islam (3 :19) »

Mosquée de Shanghaï (Ph. BD)

Dans le contexte des affaires Merah, Nemmouche, du retour de Syrie des jihadistes et de l’affluence de nouveaux jihadistes partant en Syrie et en Irak, le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) vient de publier une « Convention Citoyenne des Musulmans de France pour le vivre-ensemble ». Ce long texte est en fait diffusé pour exonérer l’islam de toute responsabilité dans le jihad. C’est une opération de blanchiment de l’image de l’islam (1), de plus en plus discrédité dans la géopolitique actuelle. De la poudre aux yeux.

Les buts du CFCM Cette convention d’une quinzaine de pages regroupant 19 articles porte aussi un titre arabe : al-Mîthak (الميثاق). Ce titre arabe est mal venu puisqu’il s’agit apparemment de promouvoir la citoyenneté des musulmans en France où la langue officielle est le français. D’autre part, une convention doit être un acte officiel passé entre des individus, des groupes sociaux ou politiques. Or, cette convention n’est pas une convention entre deux parties, le CFCM et l’État français par exemple. Elle n’engage donc personne et encore moins ceux qui l’ont rédigée. La convention est un onguent à usage extérieur à la communauté musulmane et  destiné aux médias en toute première intention. Le CFCM, de faible audience, et très contesté parmi les musulmans en France, cherche à (re)dorer son blason. CONVENTION-CFCM 3 Le préambule 

Le CFCM brandit le souci de « la communauté musulmane [qui] affirme son identité, sa culture et sa religion » tout en voulant rejeter le communautarisme. C’est la quadrature du cercle. Si l’islam « est unique dans sa doctrine », comprenez  immuable, il ne peut cadrer avec « le respect des règles et des lois républicaines ». Clamer que « les musulmans de France affirment leur aspiration à une identité culturelle et religieuse authentique » est aux antipodes de l’intégration à la citoyenneté française. Dans un État laïque, la religion est une affaire privée. Quand le CFCM  veut que les musulmans méritent la citoyenneté, il ne doit pas les inciter à une visibilité du culte puisqu’il sait que cela risque de « susciter aversion ou provocation ». Les exemples sont légion : prières de rues, voile, niqab, ramadan, viande halal, abattage sacrificiel sur la place publique (Belfort), refus du porc, pratique religieuse dans les entreprises, finances islamiques, mariage précoce des filles, polygamie, mariage endogamique, crimes d’honneur, circoncision rituelle, sépulture musulmane, haine des Juifs etc. … Comment vouloir immigrer et conserver tout en ne s’adaptant à rien, en ne modifiant rien et en exigeant des autres de s’adapter à l’islam ?

Le contenu de la convention

Article 1. Le CFCM ne voit dans la laïcité qu’une « neutralité envers les religions » donc un blanc-seing  total accordé aux religions. Or, si l’État laïque garantit l’exercice du culte, il ne peut tolérer des pratiques archaïques qui n’ont de religieux que la clameur des chantres de l’islam et sont contraires aux valeurs républicaines. Ce n’est pas aux religions à imposer à l’État laïque des comportements sociaux sous prétexte qu’il s’agit d’un ordre divin. Selon le CFCM, « les musulmans de France sont attachés à la liberté de conscience pour tous les citoyens ». C’est faux. Il s’agit d’une assertion que le Coran, censé être suivi par tout musulman, contredit : « Ils aimeraient vous voir mécréants, comme ils ont mécru : alors vous seriez tous égaux ! Ne prenez donc pas d’alliés parmi eux, jusqu’à ce qu’ils émigrent dans le sentier d’Allah. Mais s’ils tournent le dos, saisissez-les alors, et tuez-les où que vous les trouviez ; et ne prenez parmi eux ni allié ni secoureur (4 : 89) ». Le musulman n’a pas le droit de quitter l’islam. Muslim et al-Boukhâri (9.84.57) rapportent que  Mohammad a dit : « Quiconque change sa religion musulmane, tuez-le ». Il y a un consensus parmi les quatre écoles juridiques sunnites et les juristes chiites : « L’apostat de l’islam doit être tué ». Même Averroès, dans Bidayat al-mujtahid, ne diverge pas sur la punition de l’apostasie : « Un apostat … doit être exécuté s’il s’agit d’un homme, en accord avec les paroles du Prophète : « égorgez ceux qui changent leur religion (الدين) » ». Il n’y a pas de liberté de conscience dans l’islam. On nait musulman, on meurt musulman. Or la liberté de conscience est une valeuir de la République et des Droits de l’homme. Dans une étude récente, le Pew Institute relève que sur 20 pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, 12 criminalisent l’apostasie. Parmi les musulmans pakistanais (sunnites), 78% approuvent la peine de mort de l’apostat. Pourquoi en serait-il autrement parmi les musulmans en France ? L’islam est très ferme sur la peine de l’apostasie et si certains s’appuient sur le fameux verset du Coran « Pas de contrainte en religion (2 : 256), d’autres répondent qu’il a été abrogé par le Verset du sabre : « Après que les mois sacrés se sont écoulés, tuez les polythéistes, partout où vous les trouverez ; capturez-les, assiégez-les, tendez-leur des embuscades. Mais s’ils se convertissent, font la prière et acquittent l’impôt légal, alors laissez-les aller librement (9 : 5) ». Où est passée la liberté de conscience ? Quand le Coran dit : « […] Et ne donnez pas d’épouses aux associateurs tant qu’ils n’auront pas la foi, et certes, un esclave croyant vaut mieux qu’un associateur (2 : 221) », que se passe-t-il dans la vie quotidienne ? Pour les filles, si, par malheur, elles  veulent contracter mariage avec un « mécréant », ces épousailles sont interdites par Allah. S’il veut épouser une musulmane, le prétendant doit nécessairement devenir musulman. Certaines mairies françaises complices réclament une autorisation de mariage confirmant le passage à l’islam du futur époux.  Sinon, il doit renoncer. La descendance de ce couple (« ex-mixte ») devient, bien entendu, musulmane, par la grâce d’Allah puisque le père est devenu musulman et que c’est lui qui transmet la religion. On voit bien que la liberté de croyance est une chimère dans l’islam.

Article 2. Le CFCM prétend que « le musulman est d’abord citoyen. Il affirme ou non, ensuite, son appartenance religieuse ». Là est une autre tromperie (par takiyya). L’islam ne reconnait ni État ni nation. Le musulman n’est membre que de l’Oumma, qui regroupe politiquement et religieusement l’ensemble des musulmans. Point de citoyenneté dans l’islam. Prôner une citoyenneté est une dérive sectaire (bid’a بدعة) bannie dans l’islam. Le musulman ne peut faire allégeance simultanément à l’Oumma et à la République qui sont deux systèmes de gouvernance contradictoires. Le musulman ne peut se soumettre aux lois humaines, même démocratiquement votées par le peuple, car, pour lui, c’est la loi d’Allah, la charia, qui s’impose à tout croyant et qui sera imposée plus tard aux non-musulmans.Donc, la déclaration de cet article 2 est fausse. Il faut rappeler que le groupe majoritaire au sein du CFCM est celui des Frères Musulmans (UOIF) dont le mouvement a vu le jour en Égypte où il est actuellement banni (الجماعة المحظورة). Ses principes sont éloquents : Dieu est notre but, le prophète notre chef, le Coran notre constitution, le djihad notre voie, le martyr notre plus grande espérance. C’est vers le plan des Frères Musulmans que le CFCM veut conduire les musulmans et ce plan a pour but l’établissement d’un califat mondial. Rien à voir avec la République !

Article 3. Le CFCM encense la femme musulmane dans la société contemporaine. Aucun mot sur le rôle néfaste de la polygamie et de la répudiation dans le statut de la femme musulmane et le développement harmonieux de la famille. Car dans l’islam, c’est l’homme qui est le chef (za’ïm) de la famille ; il est pour l’épouse la référence pour tout ce qui a trait au bien et au mal. Si la femme sort des règles qu’il a établies, le Coran lui donne le droit de la châtier. Le Coran dit à l’homme : « Celles dont vous craignez la désobéissance (نشوز), exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans les lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles (4 : 34)». Ces répétitions rituelles : « Exhorte ! », « Abandonne ! », « Frappe ! » « Fornique ! » structurent psychologiquement le musulman. Ces conseils deviennent une partie constituante de son inconscient. En lui s’est  fondée dès le départ la façon de traiter la femme. La place de la femme dans la maison conjugale ne sera pas celle d’un être égal à lui mais celle de  l’esclave de ses envies : « Vos femmes sont pour vous un champ de labour (حرثاً لكم) […] (2 : 223) ». Comme elle est une esclave, il a le droit de posséder son corps et son âme. Dans les disputes conjugales, l’homme n’a pas le verbe haut mais la main leste. Notons tout de même que l’islam, qui peut tout contourner, a instauré le « mariage de plaisir (mut’a متعة) » qui peut ne durer que quelques heures et le « mariage saisonnier » pour le temps des vacances et le jihad de fornication, …  institutions peu glorieuses pour la femme. La femme musulmane subit aussi les affres du châtiment en cas d’adultère. La lapidation est approuvée par 82% de la population musulmane en Égypte, 70% en Jordanie, 82% au Pakistan et 56% au Nigéria (2). Il faut enfin rappeler les lois iniques sur le divorce et l’héritage qui sont toujours très  injustes pour les femmes. Quelle est donc cette place glorieuse que l’islam offre à la femme ? Le CFCM reste  muet sur le statut inférieur de la femme musulmane.

Article 4. Le CFCM s’intéresse à la jeunesse musulmane. Pêle-mêle, il cite  « difficultés, situation précaire des jeunes, travail, discrimination, islamophobie, racisme, fléaux sociaux » pour expliquer « les nombreux handicaps  » de la jeunesse musulmane dont il ressort que le CFCM les attribue aux pays d’accueil. Tous les immigrés en tout temps connaissent des difficultés qu’ils doivent surmonter. De même, il affirme que « l’école publique peine à faire réussir les enfants issus des milieux les moins privilégiés ». Cela peut être considéré comme une demande d’élargissement de l’enseignement privé musulman qui est loin d’être considéré comme une voie vers la citoyenneté.  Reste que la crise économique est subie par toutes les strates de la population et non exclusivement par la communauté musulmane et que les familles musulmanes doivent aussi prendre leur responsabilité dans l’éducation de leurs enfants et dans leur promotion sociale.

Article 5. Le CFCM tout en prêchant l’anti-communautarisme et sans citer nommément la burqa et le voile, juge ces vêtements comme « une traduction de la dignité et la conformité à la tradition religieuse ». Le CFCM considère donc les femmes musulmanes comme indignes si elles ne portent pas cet emblème faussement religieux, étendard  de l’islam politique dans l’espace public, slogan identitaire, signe  de conquête. Peut-on, en France, pays laïque, clamer la citoyenneté et porter des signes ostentatoires religieux ? Le CFCM montre un esprit rétrograde pour imposer aux femmes le voile qui est en fait une vraie atteinte à leur  dignité ? L’Égypte, pays musulman, a interdit le voile en 1919. Par mesure d’équité, pourquoi ne pas imposer à l’homme le port du voile  pour qu’il soit digne, lui aussi ? Quand le CFCM rapporte « la position adoptée par la majorité des théologiens musulmans qui stipule que le port du voile intégral n’est pas une obligation religieuse », il prêche indirectement pour l’obligation de porter le voile. Rappelons ce qu’est en réalité le voile islamique dont le CFCM ne fait qu’une « tenue vestimentaire » : le voile n’est pas un simple vêtement. Les femmes, en portant le voile, indiquent ostentatoirement qu’elles sont musulmanes vertueuses et intouchables. En fait, elles s’auto-discriminent et discriminent aussi, par là-même, celles qui ne le portent pas. Il y a dans le voile un refus de l’égalité entre les femmes,  un refus de l’égalité homme-femme – un des piliers de la société occidentale – et donc un refus d’intégration. Le voile est une manifestation quotidienne de communautarisme qui détruit l’unité et la cohésion du tissu national. En faisant l’apologie du voile, le CFCM démontre son archaïsme et son refus de s’adapter.

Article 6. Le CFCM se lance dans le « respect d’autrui » : Soit. Mais comment peut-il « recommander le respect des institutions et des personnes civiles ou morales » tout en annonçant vouloir suivre les enseignements d’un Rashîd Rida ? Rashîd Rida (1865-1935) rejette toutes les institutions non soumises aux lois de la charia (cf. l’article 8) Par ailleurs, est-il nécessaire de rappeler que la morale humaine élémentaire interdit toute atteinte à la personne et à ses biens ? L’homme n’a pas besoin d’une religion pour respecter autrui.

Article 7. Le CFCM dresse la position de l’islam sur la bioéthique. Si l’islam et d’autres religions sont opposés à l’avortement, cette décision n’incombe-t-elle pas en premier lieu à la femme et aussi au géniteur ? La religion ne doit pas intervenir comme une épée de Damoclès dans ce genre de choix. Les lois de bioéthique s’appliquent à tous les citoyens, abstraction faite de leur croyance ou de leur non croyance. Mais l’islam n’est preneur d’une loi que lorsqu’elle ne contredit pas la charia.

Article 8. Alors qu’il veut célébrer la citoyenneté des musulmans, le CFCM ne trouve comme référence, pour « réformer et revivifier » l’islam en France, que des auteurs musulmans du 12e siècle (al-Ghazâli) et du 19e siècle (al-Afghani et ‘Abdo). Mais ce qui est le plus choquant dans la démarche du CFCM, c’est de vouloir suivre l’exemple de Rashid Rida, inspirateur et maître à penser de Hassan al-Banna qui fonda Les Frères Musulmansen 1928. En 1898, Rida fut le fondateur de la revue al-Manâr (Le phare) destinée à la promotion de l’islam universel. Il prône le retour au « droit chemin », à la voie suivie par les pieux aïeuls (al-salaf al-sâleh). Il est l’inspirateur du salafisme et marche dans les pas des plus radicaux des « savants » de l’islam, Ibn Taymiyya (1263-1328), Ibn Hanbal  (780-855) et même Mohammad ibn ‘Abd al-Wahab (1703-1792), le père du wahhabisme. Il faut savoir que Rashid Rida récuse toute séparation entre spirituel et temporel. Il est le chantre du califat : « L’islam est fondé sur les autorités spirituelle et temporelle […], le calife est le chef des musulmans, le responsable de leurs intérêts religieux et temporels. Tout gouvernement qui s’écarte de l’obédience à la charia dévie du droit chemin de l’islam. Prôner la séparation du gouvernement de l’État et de la religion … c’est dire la nécessité d’effacer l’autorité musulmane de l’univers et d’éradiquer la charia de l’existence et soumettre les musulmans à ceux qui ne sont pas sur la même voie religieuse qui sont appelés les débauchés, les injustes, les mécréants. Car le cher Coran est le fondement de la religion, il sonne constamment dans leurs oreilles [des musulmans] et les appelle du fond de leur cœur dans une langue arabe parfaite : Ceux qui ne gouvernent pas par les lois révélées par Allah, ce sont les mécréants. Ceux qui ne gouvernent pas par les lois révélées par Allah, ce sont les injustes. Ceux qui ne gouvernent pas par les lois révélées par Allah, ce sont les débauchés ». La référence à Rashîd Rida est étonnante : soit les rédacteurs de la convention ignorent qui est Rashîd Rida, soit ils le connaissent mais utilisent le nom d’une personnalité musulmane inconnue en Occident. En tout cas, en se référant à Rashîd Rida  le CFCM incite les musulmans à se révolter contre l’État laïque, sa Constitution et ses institutions. C’est un comportement factieux qui tombe sous le coup de la loi.

L’Article 9 qui nous paraît l’objectif essentiel qui a poussé le CFCM à la publication de cette convention est intitulé  « Les musulmans de France face au radicalisme, à l’extrémisme et à la violence ». Son but est d’exonérer l’islam de tout lien avec le radicalisme, l’extrémisme et la violence … Le mot jihad n’est pas prononcé, il est en filigrane. Mais s’il faut disculper l’islam de ces tares, il convient de supprimer dans le Coran les nombreuses sourates et leurs versets qui appellent à la violence. Car tout musulman se doit d’appliquer le Coran et la Sunna qui comporte les recueils de hadiths et la sirat du Prophète (sa biographie). Or, que trouve-t-on dans ces textes divins ? Voici quelques versets extraits de la sourate al-Anfâl (Le butin) : Et ton Seigneur révéla aux Anges : « Je suis avec vous : affermissez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les cœurs des mécréants. Frappez donc au-dessus des cous et frappez-les sur tous les bouts des doigts (8 :12) ». Ce, parce qu’ils ont désobéi à Dieu et à Son messager. Et quiconque désobéit à Dieu et à Son messager… Dieu est certainement dur en punition ! (8 :13) Voilà (votre sort) ; goûtez-le donc ! Et aux mécréants le châtiment du Feu (sera réservé) (8 :14). Et préparez [pour lutter] contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, afin d’effrayer l’ennemi de Dieu et le vôtre, et d’autres encore que vous ne connaissez pas en dehors de ceux-ci mais que Dieu connaît. Et tout ce que vous dépensez dans le sentier de Dieu vous sera remboursé pleinement et vous ne serez point lésés (8 :60). Le premier mot de ce verset qui figure sur le logo des  Frères Musulmans illustre leur appel au jihad. D’autres versets encore, extraits de la sourate al-Tawba (le Repentir) : Après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs (3) où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent la Salat et acquittent la Zakat (4), alors laissez-leur la voie libre, car Dieu est Pardonneur et Miséricordieux (9 :5). Combattez ceux qui ne croient ni en Dieu ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce que Dieu et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humiliés (9 :29). Comment peut-on faire croire aux musulmans et aux non-musulmans qu’il n’y a pas de violence dans l’islam ? Cette violence, qui a pour source les textes, est enseignée dans les mosquées. Le CFCM ne pose pas la question du financement des mosquées par les pays du Golfe qui véhiculent l’islam wahhabite fondamentaliste. Il occulte le nombre de mosquées prises en main par des imams salafistes ou membres des Frères Musulmans. Il faut se rappeler qu’ ‘Abdallah ‘Azzâm (1941-1989), l’idéologue d’al-Qaeda et de ben Laden, fut un membre éminent des Frères musulmans et qu’il avait pour titre « Imam des Moujahidînes arabes en Afghanistan ». Le CFCM met aussi en cause, dans « l’attractivité des thèses radicales auprès de la jeunesse », les « injustices et les inégalités ». Il y a des injustices et des inégalités dans toute société. D’autres membres de notre société subissent ces mêmes situations sans pour autant passer à l’islam, épouser une idéologie totalitaire et devenir jihadistes. Un récent sondage a montré que 72% des musulmans aux Pays-Bas approuvent le jihad. Quel est le pourcentage en France ? L’argent du Golfe n’a pas d’odeur. Le CFCM ne peut récuser cette manne. Reste que cet argent a des exigences : la salafo-wahhabisation de l’islam en France et en Occident.

Article 10. Le CFCM nous rejoue la rengaine victimaire en dénonçant l’« islamophobie », terme créé par Khomeini et diffusé par les Frères musulmans qui lui ont empiété le pas. Toute idéologie qui n’est pas en mesure d’affronter le débat accuse ses détracteurs de discrimination, de diffamation, de délation, de racisme etc. … L’islam a toujours le dos au mur. Il est à court d’arguments et ne peut résister aux critiques. Il a une sensibilité à fleur de peau dès que l’on touche à Allah, à l’islam, au Coran ou aux livres dits « sacrés » qui ne sont sacrés que pour les croyants. Pourtant Allah, considéré comme omnipotent, ne devrait pas avoir besoin de défenseurs. … Pourtant l’Organisation de la Conférence islamique (OIC) veut  criminaliser toute critique de l’islam et même toute reproduction de sourates, de versets ou de textes d’exégèse dans le cadre d’un article critique. Un totalitarisme, un fascisme d’un autre siècle, un refus de la libre expression. S’il veut être citoyen de France et de l’Europe, le musulman doit accepter d’affronter les critiques tant qu’il n’a pas remis en cause lui-même sa religion et ses pratiques, tant que tous les textes à sa portée jettent l’opprobre sur ceux qu’il considère comme « mécréants » et qui ne font que ne pas croire ou croire à une autre transcendance.

Dans l’Article 11, le CFCM esquive l’organisation du culte musulman en France en ne faisant que l’éloge du CFCM. De l’autosatisfaction pure. Mais il passe sous silence ses graves dysfonctionnements, les querelles politiques, les égoïsmes et la concurrence des membres qui le composent et qui le minent. Sans parler de l’entrisme des États étrangers musulmans  qui avancent leurs pions dans le Conseil.

Article 12. Le CFCM se propose d’encadrer la formation des imams en France. Ce n’est pas le lieu de formation qui est primordial mais les enseignants, la langue utilisée et le contenu de l’enseignement. Les enseignants devraient être français, non affiliés à des groupes politico-religieux, au salafo-wahhabisme ou aux Frères Musulmans, la langue devrait être le français. Pour le contenu, le scepticisme est de mise. Le Coran et la Sunna encadrent en réalité le corpus de l’enseignement que les imams en formation doivent suivre à la lettre : le jihad contre les mécréants associants, la place inférieure de la femme, l’absence de liberté de conscience etc. … là est le problème fondamental. D’autre part,  ces instituts de formation seront tiraillés entre les obédiences politiques divergentes  des pays musulmans (Maroc, Algérie, Turquie, etc. …). Et dans tout cela, quel sera le rôle d’un État laïque, aura-t-il un droit de contrôle ?  Qui assurera les salaires des enseignants et les frais de ces instituts ? C’est à la communauté musulmane que devraient incomber ces formations.

Article13. Le CFCM se propose également de gérer le calendrier musulman et les fêtes religieuses. Là aussi, s’étalent les facettes du communautarisme. L’islam veut vivre avec son propre calendrier et ses exigences religieuses archaïques. Sous prétexte de respecter l’abattage sacrificiel de la fête d’al-‘Adha, le CFCM réclame encore plus de lieux d’abattage rituel pour satisfaire la demande. La Suisse ne pratique pas l’abattage rituel. Pourquoi la France l’accepte-t-elle ? Ce mode d’abattage est une régression et pose divers problèmes.

Article 14. Les recommandations du CFCM tendent à réinsuffler le respect du 5e pilier de l’islam, le pèlerinage à la Mecque. Si le « hadj » « vise à purifier l’âme des souillures des péchés », il reste néanmoins une source de fléaux sanitaires pour les pèlerins. Mais, in ne faut pas perdre de vue les retombées économiques du pèlerinage sur l’Arabie Saoudite : elles sont gigantesques. Et « Le hadj » est aussi générateur de gros sous pour les intermédiaires des tout pays. … Eux aussi font leurs choux gras. …

Article 15. Le CFCM veille au grain sur l’aspect économique des « rites alimentaires ». Il relève l’existence de 24 versets sur les prescriptions alimentaires. Mais point d’informations sur les millions d’euros qui entrent dans les caisses des mosquées par l’abattage halal. Parler de « rites alimentaires » permet de se poser des questions sur leur utilité au 21e siècle autant que sur leurs retombées financières. L’islam veut se démarquer des autres religions et des autres citoyens en affichant son particularisme alimentaire qui doit lui aussi avoir sa visibilité dans l’espace public. On peut noter aussi parmi les non-dits que le CFCM n’a cure de soulever le grave danger sanitaire de l’abattage par égorgement sans étourdissement de l’animal.

L’Article 16 traite du dialogue interreligieux. C’est par le dialogue avec les autres religions que l’islam cherche à prendre une place dans le cercle des religions. Mais à quoi sert un dialogue quand l’islam est une entité figée depuis la création des quatre écoles juridiques, qui a interdit toute interprétation  (ijtihad), toute réforme moderne dans l’islam. Nous avons cité ci-dessus la place que réserve l’islam aux « mécréants », aux « associants », et aux descendants des « singes et des porcs » qualificatifs attribués aux juifs. Comment peut-il dialoguer avec eux ? Quand le Coran dit : « Certes, la religion acceptée d’Allah, c’est l’islam (3 : 19) », il n’y a point de place pour les autres. A quoi sert alors ce dialogue ? Car l’islam prend mais ne cède jamais rien.

Dans l’Article 17, le CFCM traite des « aumôneries » (armée, hôpitaux, prisons) : Faisant croire qu’il combat tout radicalisme, le CFCM fait l’éloge du rôle des aumôniers. Or, en milieu carcéral, tous les acteurs sociaux (non religieux) affirment le rôle des prisons dans la radicalisation. Mais le rôle de l’aumônier musulman est difficile à cerner. En effet, en réislamisant un prisonnier, il participe indirectement à sa radicalisation qui se poursuit auprès des autres détenus. L’islamisation ou la réislamisation est l’antichambre de la radicalisation. Nous estimons que l’État laïque n’a pas à introduire et à financer  des hommes de religion dans les prisons, les hôpitaux et l’armée. Néanmoins, rien de commun entre un pasteur et un imam. Un pasteur ne prêche pas le jihad.

A l’Article 18,  le CFCM revient sur les carrés musulmans. Alors qu’il réclame une pleine citoyenneté aux musulmans en France, il poursuit son offensive de ségrégation sépulcrale qu’il considère comme « une preuve d’intégration ». Oui, une intégration post-mortem !  Le pays où gît un musulman est de facto une terre d’islam. Cela signifie que l’islam s’est approprié le sol. L’islam est-il crédible dans ses exigences de carrés musulmans et même de cimetières musulmans ? Du berceau au tombeau, l’islam veut absolument distinguer, séparer les musulmans des autres vivants, des autres morts, tout en faisant l’éloge de la « diversité » et de la tolérance  quand elles sont en sa faveur. La circulaire de 1991 que le CFCM évoque est l’un des nombreux accommodements avec l’islam que notre pays laïque a tolérés. Ces accommodements minent l’unité de la nation. S’i faut suivre toutes les religions dans toutes leurs pratiques, où va-t-on ? A la chienlit.

Article 19. Le CFCM veut la « reconnaissance et le respect de la mémoire des musulmans tombés au champ d’honneur ». Si nous partageons sans restriction cette reconnaissance envers tous ceux qui sont morts pour la France, nous devons saluer leur mémoire en faisant abstraction de leur croyance ou de leur non croyance. Même s’il s’agit de musulmans, ces musulmans sont morts par amour pour la France et non pas en tant que musulmans. D’ailleurs, nous respectons aussi la mémoire des harkis » morts pour la France et nous pensons aussi à ceux qui ont été bannis de leur pays pour avoir servi la France. Que le CFCM soit honnête à leur égard.

Conclusion

Après avoir largement passé en revue cette « Convention citoyenne des Musulmans de France pour le vivre-ensemble », nous pensons qu’elle ne touchera nullement les musulmans. Elle est destinée à dénoncer ceux qui font le lien, à juste titre, entre jihad et islam parce que cette période est marquée par le retour des jihadistes [musulmans] rentrant de Syrie et par le crime du musée juif de Bruxelles dont le suspect, Mehdi Nemmouche, musulman franco-algérien au parcours chaotique, endoctriné à l’étape prison et endurci par le jihad en Syrie se situe dans la même lignée des crimes de Mohammad Mérah : haine des juifs, des non-musulmans et de l’Occident. Il faut être aveugle ou lâche pour ne pas reconnaître que le dénominateur commun de ces barbares du 21e siècle est l’islam. Le CFCM devrait laisser là sa fourberie et faire preuve d’une honnêteté citoyenne. Les politiques et les médias devront ouvrir grand leurs yeux, lire cette convention attentivement et entre les lignes et disculper ceux qui critiquent l’islam et qui souhaitent pour ce Conseil le coup de grâce d’un chef d’état éclairé. Naïfs ceux qui croient qu’islam et démocratie sont compatibles. Le CFCM prône le vivre-ensemble mais chacun séparément.

Bernard Dick

(1) A lire : http://ripostelaique.com/ayaan-hirsi-ali-a-chaque-assassinat-musulman-ils-essaient-de-disculper-lislam.html

(2) D’après un récent sondage à l’initiative du Pew Research Center et publié par The Economist le 6/08/2011,  la lapidation est approuvée par 82% de la population musulmane en Egypte, 70% en Jordanie, 82% au Pakistan et 56% au Nigéria.

(3) Les chrétiens sont considérés comme des « associants », des polythéistes, donc des impies. La Trinité (Dieu est unique mais en trois personnes, Père, Fils et Esprit) du christianisme n’est pas admise par l’islam qui croit en une unité divine absolue.

(4) Al-Salât : la prière. Al-Zakât : l’impôt religieux. La zakât s’impose obligatoirement à tous les musulmans sous la loi de la charia en pays d’islam. Les non musulmans, chrétiens, juifs …(les dhimmis) sont eux assujettis de force à la capitation (la jizia). Dans la répartition des finances de la zakât, le poste 7 est le plus important : Pour ceux qui combattent sur la voie d’Allah (la guerre sainte), c’est-à-dire les jihadistes, la zakât leur fournit matériel de combat, munitions, ravitaillement, vêtements et autres dépenses. La guerre sainte est prioritaire.

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