Mes coreligionnaires musulmans me font peur pendant le ramadan…

Publié le 1 juillet 2015 - par - 2 624 vues

ramadantuerLe Ramadan a commencé, une longue attente, avant ce moment fatidique de la vie de tout musulman. Plus d’un milliard et demi de musulmans à travers le monde marquent le jeûne et prient pour honorer Allah. 

Le Ramadan, s’il paraît être de prime abord l’occasion de se retrouver en famille et de trouver en soi des réponses devant les difficultés du jeûne, a tendance à prendre une tournure bien différente. La coercition, la haine, les débordements et l’extrémisme religieux ne font qu’empirer d’année en année. Face à cette version de l’islam, oui, j’ai un problème. 

Chacun revendique le “Prix” du meilleur islam, et de nos jours, il semble que le plus radical soit le grand vainqueur de ce combat de coqs.

Au fil des ans, je me suis rendu compte que la plus grande victime de l’extrémisme islamique est principalement le musulman lui-même. Quiconque ne partage les points de vue des islamistes est considéré comme un hérétique. Qui suis-je, moi qui rejette la doctrine des Frères musulmans, djihadistes et autres salafistes implantés en France?

La deuxième victime est évidemment le non-musulman, dans le cas de la France, nous parlons donc des Français, non-musulmans.

Au cours des dernières années, j’ai en effet été amené à découvrir, à mon plus grand dam, qu’idéologiquement parlant, beaucoup de ces “vainqueurs” du Ramadan, c’est à dire les islamistes les plus intransigeants au regard du Coran – un texte qu’ils interprètent comme bon leur semble, sont des excroissances des Frères musulmans de France. 

Ces mouvements qui sacralisent les activistes les plus extrémistes, sont enfantés par les Frères musulmans. Un exemple est Ayman al-Zawahiri, qui a commencé sa “carrière” chez les Frères musulmans, pour finir recruté par Al-Qaïda. 

Certes, les Frères musulmans couvrent un large pan d’opinions, d’idéologies, et de pratiques religieuses, mais au fil du temps, leur progéniture a pris des positions extrêmes et abandonné les attitudes séculaires.

Qu’ai-je révélé là que vous ne saviez pas? Un point peut-être est à préciser. Ces extrémistes-là, sont “institutionnalisés” en France. Ils sont présents, et partout. L’UOIF (Union des organisations islamiques de France) rassemble des centaines d’organisations sous son giron. Or ils sont bel et bien les représentants des Frères musulmans en France.

Il y a beaucoup de musulmans qui mangent halal. D’autres boivent du vin, et envoient leurs enfants dans l’enseignement public, parce qu’ils comprennent qu’ils vivent en France. Ils se sentent français et ont pris le parti de s’adapter à l’environnement dans lequel ils vivent. Ce monde, leur monde, ils ne souhaitent pas y mettre le feu.

Musulman, j’ai choisi pour ma part de ranger l’islam dans la sphère privée. 

Mais trop nombreux sont ceux qui se perdent, et oublient le dessein de l’islam. Ceux-là me posent problème. Même s’ils vivent en France, ces extrémistes tombent dans une telle intolérance qu’ils estiment qu’il faut tuer les infidèles. C’est en grande partie l’objet de l’UOIF et de ses branches – nettoyer, purifier l’islam de France des scélérats comme moi, qui, selon eux, menacent l’islam. Ne pensez pas, naïfs, que les non-musulmans ne sont pas soumis au même jugement, ils sont la prochaine cible, après les musulmans comme moi.

Alors, comment puis-je vivre pendant le Ramadan en toute tranquillité? Je sens que je ne peux pas marcher dans la rue en fumant, buvant ou mangeant sans me sentir menacé. J’ai l’impression d’être dans le viseur de ces islamistes, et qu’un jour ils presseront la gâchette. Jadis, je passais cette période avec confiance, je me sens aujourd’hui dépassé. Ma liberté, en tant que Français, est bafouée.

L’extrémisme religieux est toujours en arrière-plan, même si on ne prêche pas en son sein.

Je sens que le jeûne rend les fidèles encore plus impatients et intolérants, et les longues prières et la proximité intensive à la religion font monter l’adrénaline.

Peut-on regarder ce poison se répandre dans nos veines et faire semblant d’y être aveugle? Si aujourd’hui cette tension ne concerne que moi, qui sait si demain, l’ensemble de la population française ne se sentira pas “coupable” de manger, fumer, boire dans les espaces publics pendant le Ramadan ? Faut-il attendre d’avoir franchi ce point de non-retour ?

Je suis un musulman qui souffre aujourd’hui et craint pour demain. Ce “demain”, où, à mon sens, la France entière saignera.

Fares Karim
(nom emprunté), musulman de 34 ans vivant en France . Entrepreneur dans le domaine du commerce.

 

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