Coup de boule à Kaboul

Il est probable que Jean Bruce, le père d’OSS 117, aurait été inspiré par la situation explosive qui se met en place en Afghanistan.

Le 15 août dernier, Khadija Amin, la présentatrice du journal de la seule chaîne de télévision afghane, annonçait d’une voix serrée l’entrée des talibans dans Kaboul. Dès le lendemain, elle était remplacée au pied levé par un barbu enturbanné qui précisait qu’il était désormais interdit aux femmes de travailler à la télévision et à la radio. Question droit des femmes, dont l’ONU prétend faire une ligne rouge, le ton était donné.

Le même présentateur hirsute et enchiffonné révélait le lendemain la composition du nouveau gouvernement sorti de l’urne funéraire du VIe siècle. Au sein de cette équipe hautement représentative d’un Afghanistan du XXIe siècle figurent cinq anciens détenus de Guantanamo aux visages apocalyptiques qui donneraient la jaunisse à une couvée de singes. Parmi ces grands serviteurs des droits de l’Homme, on trouve le ministre de la Défense, le ministre de l’Intérieur et le ministre du Renseignement. Les Afghans peuvent être certains que l’ordre régnera à Kaboul comme naguère à Varsovie, ainsi que le déclarait le général Horace Sébastiani de la Porta en 1831.

Pendant ce temps, à l’aéroport de Kaboul, le général US Christopher DONAHUE, patron de la 82th Airborne, engueule le général britannique qui commande le 22e régiment des services aériens spéciaux. Selon Monica SHOWALTER, journaliste du Washington Examiner, l’Américain s’en prend à son homologue britannique parce que les Tommies (comme les soldats français) vont chercher leurs ressortissants et leurs alliés afghans où ils se trouvent, c’est-à-dire en ville et en dehors de Kaboul. Cette courageuse manière d’agir serait de nature à ternir l’image des GI qui restent statiques à l’aéroport de Kaboul.

Au-delà de l’invraisemblable chaos créé par l’incompétence du pantin sénile de la Maison Blanche, il est peut-être intéressant de se demander si ce lamentable fiasco afghan ne prend pas sa source il y a 76 ans lorsque, le 14 février 1945 sur le croiseur US « Quincy », Franklin ROOSEVELT est allé faire les yeux doux au roi Ibn SEOUD d’Arabie saoudite, foyer du wahhabisme obscurantiste, vecteur connu et reconnu du terrorisme international.

À partir de ce « pacte du Quincy » qui leur garantissait l’approvisionnement en pétrole, les Présidents américains successifs ont, tour à tour, organisé en 1953 la chute du laïc Mossadegh en Iran pour le remplacer par le Shah, lui-même sacrifié en 1979 pour mettre en place une théocratie régressive. En 1979, guerre froide oblige, ils soutiennent et arment les moudjahidines les plus fanatiques dont Ben Laden, collaborant avec les douteux services secrets pakistanais. Puis, ce sera le soutien de la CIA au Hamas, marionnette de l’Iran des mollahs, pour déstabiliser l’OLP. Suivra l’appui aux islamistes de Bosnie Herzégovine lors de la guerre de l’ex-Yougoslavie (mars 1991 – novembre 2001) et au mouvement mafieux UCK qui créera l’État islamique du Kosovo en contrepartie de l’installation du camp militaire US Bondsteel (7 000 hommes). Plus récemment, on se souvient des mensonges éhontés qui ont justifié l’attaque de l’Irak et l’élimination de Saddam Hussein, avec pour conséquence directe la création de Daech. Kadhafi et Moubarak sont également passés à la trappe, et seul Bachar El Assad a réchappé à ce programme de nettoyage des dirigeants arabes laïcs.

Au passage, nous Français, n’oublions pas comment les congressmen du parti Démocrate américain, guidés par le sénateur J.F. Kennedy, nous ont savonné la planche pendant la guerre d’Algérie avec l’arrière-pensée de pouvoir exploiter au Sahara le pétrole que nous y avions découvert.

Engagés en Afghanistan après les attentats du 11 septembre 2001, on aurait pu croire que les USA avaient enfin compris que l’islamisme radical pouvait leur être nocif, mais pas vraiment, puisqu’Obama a adopté une attitude louvoyante avec les forces islamiques les plus radicales comme on l’a vu en Syrie et en Libye. Selon certaines sources américaines, l’administration Obama aurait même sacrifié, par incompétence, des Navy Seals envoyés dans des opérations hasardeuses.

Georges KUZMANOVIC qui a été sur le terrain en 2006 et 2007, pointe cette « duplicité de la stratégie américaine qui laisse planer de sérieux doutes sur les ressorts de l’intervention en Afghanistan qui a coûté la vie de 2 300 GI et 89 de nos militaires. L’objectif de l’administration US n’a sans doute jamais été d’apporter une quelconque démocratie en Afghanistan ni de pacifier ce pays, mais de faire payer aux talibans leur refus de choisir les États-Unis pour construire les pipelines et gazoducs devant amener le pétrole de la mer Caspienne et de l’Asie centrale vers Karachi. » Le coût financier de ce funeste gâchis s’élève à 2 261 milliards de dollars, soit 3 000 milliards d’euros.

Récemment, le Pentagone relayé par CNN a affirmé que l’Iran a financé des groupes talibans pour attaquer des bases américaines, notamment celle de Bagram il y a un an, alors que l’accord d’évacuation progressive des troupes américaines venait d’être signé à Doha.

Cet accord de Doha a été signé le 29 février 2020 entre l’administration Trump et les talibans. Le gouvernement afghan ayant été tenu à l’écart des négociations, il était évident que, pour les USA, il n’avait aucune légitimité à rester en place. Les USA ont libéré 5 000 détenus talibans et se sont engagés à lever toutes les sanctions à l’encontre du nouveau pouvoir taliban. Ainsi, l’accord conclue : « The US and the Talibans will seek positive relations with each other ». À partir de cet instant, il était logique que les soldats afghans retournent dans leurs foyers et laissent entrer les talibans dans les villes. Ces derniers ayant accepté l’évacuation en bon ordre des délégations occidentales, on a du mal à comprendre le capharnaüm qui s’est installé à Kaboul. Donald Trump vient d’ailleurs de faire observer que, tout étant acté depuis un an, l’évacuation aurait dû commencer par les civils et qu’il appartenait aux militaires de partir les derniers, une fois tous les ressortissants occidentaux et leurs alliés afghans évacués, avant l’arrivée des talibans. Incapable d’anticiper quoi que ce soit, le zombie de la Maison Blanche a négligé de prendre les mesures requises, a mis en danger de mort des milliers de personnes et a décrédibilisé une fois de plus la parole des USA et de leurs alliés occidentaux.

Plus pertinent, tandis que Joe Robinette BIDEN sucrait les fraises, le 28 juillet dernier, WANG YI, ministre chinois des Affaires étrangères recevait à Tian Jin une délégation de talibans conduite par le mollah Abdul GHAMI MADRAR.  « Les talibans sont une force politique et militaire cruciale en Afghanistan », a déclaré le ministre Wang Yi, ajoutant qu’il espérait les voir « jouer un rôle important dans le processus de paix, de réconciliation et de reconstruction en Afghanistan ». En contrepartie, il semblerait que les talibans aient donné aux Chinois l’assurance qu’ils se désolidarisaient des Ouïghours… Pragmatiques les Chinois !

Pendant ce temps-là, dans la vallée du Panshir, le fils du commandant Massoud organise la résistance face aux barbares qui assiègent cette province tadjike. Le 27 mars dernier, il était à Paris pour inaugurer, avec Anne Hidalgo, l’allée du commandant Massoud. Est-ce que l’aide de la France se limitera à une plaque au coin d’une rue ?… L’Ouzbékistan déclare avoir accueilli une cinquantaine de pilotes de l’ANA (armée nationale afghane) qui ont réussi à fuir à bord de leurs appareils. Un peu partout en Afghanistan, les talibans font la chasse aux officiers de l’ex-ANA et aux forces spéciales qui combattaient aux côtés des Occidentaux et qui paraissent déterminés à résister.

C’est ainsi que, à l’automne 2021, le Moyen-Orient est bien pire qu’il ne l’était à la veille des attentats de 2001 contre les Twin Towers. On ne peut donc pas qualifier de réussite la stratégie américaine déployée en faveur de l’islam depuis 75 ans.

Alors que la France fait fonctionner un pont aérien entre Kaboul et Paris pour amener dans notre pays, espérons-le, des auxiliaires de l’armée française et leurs familles, mais aussi des quantités de fuyards afghans dont on ne sait rien (si ce n’est qu’au moins cinq d’entre eux sont suspectés d’être des terroristes), notre « ami » le Qatar peut se réjouir d’avoir installé les talibans à Kaboul et Messi au PSG.

Le 31 août, date limite imposée aux Occidentaux par le traité de Doha pour quitter le pays, la nuit tombera sur Kaboul et nos médias passeront à autre chose…

Jean-Yves Leandri

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8 Commentaires

  1. Les beaux gosses ci-dessus feraient assurément un carton sur les sites de rencontre en y affichant leurs photos !

  2. La photo ci-dessus nous montre des visages irradiant l’altruisme, l’amour du prochain (et de la « prochaine? »…). Ces visages lumineux respirent l’intelligence et l’éveil spirituel. Nous pouvons constater à leurs regards ouverts sur la connaisance du monde et des secrets de la vie et de la mort qu’ils seront pour nous, dans notre France, les voisins les plus agréables que l’on puisse souhaiter et que nous pourrons, avec un immense plaisir, les inviter à venir boire l’apéro… … Ricard ou 51?…

  3. Pour se rendre à Kaboul, il faut y aller avec un collier antipuces autour du cou, des bombes antipuces et antipoux, vu que les barbus talibans grouillent de vermines de la tête au pied (ils se lavent quand il pleut), des désodorisants car leurs émanations corporelles sont insupportables. Ils sentent la sueur, la crotte et l’urine à plein pif! Les parfums de l’Orient, c’est ça !

  4. Ces immondes créatures seraient sorties d’un ventre.?
    Impossible ! La réalité: Des déchets tombés d’une poubelle.

  5. Y a pas à dire, l’islam ca épanouit.. quand on voit leurs sales gueules..

  6. les talibans ont certifié que c’était pour protéger les femmes qui travaillent qu’elles doivent rester à la maison
    et les néoféministes ne disent rien

  7. Quand on voit les tronches sur la photo c’est un grand retour en arrière, à l ère des primates…..sûr que ça change des feux de l amour….

  8. Nos médias continueront à louanger les actes stupides de Macron et de sa bande de clowns pendant que les islamistes peaufineront leur projet pour conquérir l’Europe !

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