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Covid : l’OMS en Chine ou les Dupond-Dupont mènent l’enquête…

Sans surprise, les experts dépêchés en Chine par l’OMS pour comprendre l’origine de la pandémie de Covid-19 ont affirmé que l’émergence du Sars-CoV-2 reste pour eux… une énigme.

Les enquêteurs de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui ont débarqué début janvier dans l’Empire du milieu pour tenter de découvrir l’origine du virus à l’origine de la pandémie mondiale de Covid-19 viennent de terminer leur mission. La conférence de presse qu’ils ont donnée mardi 9 février dernier à Wuhan la ville où le patient zéro de la maladie a été localisé le 1er décembre 2019 – se résume en peu de mots : « On n’en sait pas plus maintenant qu’avant »

Le régime communiste n’a cessé de multiplier les embûches à l’encontre de l’équipe de l’OMS. Il a fallu plus d’un an de tractations entre l’OMS et le Parti communiste chinois (PCC) – en régime communiste, le gouvernement n’est qu’une simple courroie de transmission aux ordres du Comité central – pour que les deux parties se mettent d’accord sur le principe même d’une enquête en territoire chinois. On peut supposer que le préalable absolu fixé par les autorités chinoises est que les enquêteurs de l’OMS ne devaient chercher que dans une seule direction : celle d’une zoonose naturelle, autrement dit d’une transmission spontanée du virus de l’animal à l’homme. Pas question d’entendre évoquer la création du Sars-CoV-2 en laboratoire

Rappelons que la thèse de la zoonose naturelle a été mise à mal dans une récente publication du Dr Steven D. Quay.

Une fois leurs visas laborieusement obtenus, les membres de l’équipe sont restés bloqués plusieurs jours à la frontière chinoise. Lors d’une conférence de presse tenue le 5 janvier à Genève, le directeur général de l’OMS, le biologiste éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus déplorait que « les responsables chinois n'[aient] pas encore finalisé les autorisations nécessaires à l’arrivée de l’équipe en Chine ». Le lendemain, Hua Chunying, porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, lui répondait sous la forme d’une claire mise en garde : « La recherche de la source est très compliquée. Pour assurer le bon déroulement des travaux du groupe international d’experts en Chine, les procédures nécessaires doivent être respectées et des arrangements spécifiques pertinents doivent être pris. À l’heure actuelle, les deux parties sont en cours de négociation à ce sujet ». Après avoir finalement été autorisés à entrer en territoire chinois, les enquêteurs de l’OMS ont dû subir un confinement de deux semaines… Ce n’est que le 21 janvier qu’ils ont pu commencer leur travail de terrain.

Initialement, c’est une équipe de dix experts qui était attendue : des épidémiologistes, virologues et zoologues venus du Danemark, du Royaume-Uni, des Pays-Bas, d’Australie, de Russie, du Vietnam, d’Allemagne, des États-Unis, du Qatar et du Japon. Devant les tracasseries administratives imposées par les autorités chinoises, deux de ces experts ont jeté l’éponge.

C’est naturellement vers Huanan, le désormais célèbre « marché aux poissons » de Wuhan – fermé depuis janvier 2020 – que les enquêteurs se sont d’abord dirigés. La thèse chinoise, à laquelle plus aucun scientifique sérieux ne croit mais qui est toujours celle soutenue par le PCC, est que le virus se serait naturellement transmis du pangolin et de la chauve-souris – deux espèces très prisées par les gastronomes chinois mais dont la vente et la consommation sont désormais interdites vers l’homme.

Deux semaines de recherches assez exotiques qui n’ont évidemment rien donné. Ce n’est que le 5 février que l’équipe de l’OMS a pu commencer son enquête à l’Institut de virologie de Wuhan. Une enquête sous haute surveillance – les experts assurent néanmoins avoir eu accès à tous les endroits qu’ils ont voulu examiner… –, menée tambour battant en seulement quatre jours, à comparer aux deux semaines d’investigations pangoliennes sur le fameux « marché aux poissons »…

Liang Wannian, le délégué chinois à la conférence de presse du 9 février, a déploré que l’espèce à l’origine de l’émergence du Sars-CoV-2 n’ait « pas encore été identifiée ». Les experts de l’OMS ont abondé dans ce sens, certifiant que la transmission depuis un animal intermédiaire est  « l’hypothèse la plus probable » et, qu’en conséquence, une fuite provenant d’un laboratoire serait « hautement improbable ».

Seul, le chef la délégation de l’OMS, le Danois Peter Ben Embarek s’est sensiblement démarqué de ce consensus général, affirmant que cette hypothèse nécessitait « des recherches plus spécifiques et ciblées ». Liang Wannian a par ailleurs ajouté qu’il « n’y a pas assez de preuves (…) pour déterminer si le Sars-Cov-2 s’est propagé à Wuhan avant décembre 2019. »

Sans avancer de preuves, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, avait certifié quelques jours auparavant que, bien que le virus ait été découvert à Wuhan, il n’est pas originaire de Chine : « De plus en plus de recherches laissent à penser que l’épidémie pourrait être apparue dans de nombreux autres endroits du monde » a-t-il solennellement déclaré. Le sujet est ultrasensible pour le PCC qui redoutait les conclusions de l’équipe de l’OMS. Il est évidemment essentiel pour la Chine de ne pas être en quoi que ce soit tenue pour responsable de l’épidémie mondiale de Covid… 

Le biologiste allemand Fabian Leendertz (Institut Robert Koch), l’un des enquêteurs de l’OMS, a de son côté tenu à rassurer la partie chinoise : « l’objectif n’est pas de désigner coupable un pays ou une autorité. Il est de comprendre ce qui s’est passé pour éviter que ça ne se reproduise ».

Pour l’OMS, les origines de la Covid-19 demeurent donc à ce jour inconnues…

Ce nouvel épisode, qui tient davantage de la géopolitique que de la science, est une preuve supplémentaire de l’emprise croissante de la Chine communiste sur les institutions internationales et sur l’OMS en particulier. Une influence que le général Robert Spalding a dénoncée dans cet ouvrage fondamental.

On remarquera qu’en bon petit soldat du politiquement correct, Wikipédia relaie docilement la thèse chinoise. Dans cet article, on lit ainsi qu’« il a été prouvé scientifiquement que le virus n’est pas artificiel ». Une affirmation parfaitement fantaisiste. De son côté, Facebook censure toute publication qui émet des doutes sur l’origine non naturelle du virus

Henri Dubost