Crimée : un référendum, c’est une annexion ?

Violation inacceptable….

C’est en ces termes, que d’Obama à Merkel, en passant par l’ineffable François Hollande, on entend tonner : De quoi, de quoi, les Criméens ont décidé… Vous entendez, n’est-ce pas incroyable, une population, un peuple, les Russes de Crimée, prétend décider de son avenir politique et de son appartenance ou non à un ensemble étatique ? C’est une « violation incroyable » !!!

Violation de quoi, en vérité, violation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ?

Les Criméens ont décidé de sortir de la Russie de Kiev (l’Ukraine), – où ils étaient, parce que le gouvernement de Kroutchev à Moscou a vendu la Crimée à une équipe de féaux ukrainiens de Kiev- pour s’unir à la Russie de Moscou. « Annexion » entend-on crier aux tribunes gouvernementales et dans les médias inféodés.

Annexion ?

Dans quelle langue parlent-ils, les adversaires de la libre décision prise par une écrasante majorité de Criméens ?

Celui du principe des nationalités, interdisant d’incorporer un territoire à un ensemble étatique par un acte de force ?

La majorité a voté, elle ne le devait pas, lui oppose-t-on.

La majorité veut revenir dans le giron de la Russie, elle n’en a pas le droit, lui intime-t-on.

Le retour volontaire des Criméens serait une annexion

Il se trouve même des faussaires politiques, distordant les faits à l’extrême, pour comparer le vote de dimanche à l’occupation de la Hongrie de l’automne-hiver 1956-1957, – la Hongrie de la révolution ouvrière et nationale organisée dans les conseils ouvriers élus et gouvernée par un gouvernement du parti socialiste ouvrier hongrois d’Imre Nagy et du parti paysan responsable devant les conseils élus- et à l’occupation-normalisation de la Tchécoslovaquie d’août 1968.

Ce vote libre ne serait qu’un acte « d’appropriation territoriale comparable à l’annexion en 1938 de la Tchécoslovaquie » ou à l’anschluss absorbant l’Autriche, nous explique un connaisseur, le national-socialiste (membre dirigeant du parti Svoboda) qui gouverne présentement l’Ukraine (La Russie de Kiev).

Pour respecter le principe du contradictoire, notons ici que pris à la lettre, les arguments produits contre le vote massif des Criméens condamnent sans appel l’indépendance du Kossovo. A 99,99%, les arguments avancés contre la décision prise dimanche 16 mars s’appliquent à celle de l’UCK formée d’ex staliniens kosovars soutenus par l’union européenne et les USA.

Les hommes de sac et de corde de l’UCK, -aventuriers politiques recyclés du stalinisme pur et dur vers l’islamisme conquérant et armé- étaient une émanation politique d’une migration albanaise devenue majoritaire dans une province yougoslave qui fut le cœur historique de la Serbie.

L’UCK s’est donc approprié un territoire, dont elle a spolié les Serbes

Comme les Serbes n’étaient pas d’accord pour que le Kossovo fasse sécession et proclame son indépendance, l’union européenne et l’OTAN bombarderont… Belgrade et  les bourgades serbes.

Question : en quoi le sentiment national russe, des Russes ou russophones de Crimée, en quoi leur vote pour se séparer de l’Ukraine et s’unir à la Russie « n’ont rien de commun avec le droit, la démocratie ou le sens commun », pour reprendre les termes d’Evhen Perebynis, le ministre ukrainien des affaires étrangères ?

De quelle façon est-ce une « confiscation de territoire », comme a dit Jo Bidden ?

Tandis que l’appropriation du cœur historique de la Serbie (le Kosovo), par des bandes armées issues des ruines maffieuses du stalinisme albanais et albanophone, n’était pas, n’est pas, une confiscation de territoire, comme vient de le dire cet étourdit de Bidden, à propos du vote du dimanche 16 mars et de son accueil par le gouvernement russe ?

Comme je ne suis pas un « journaliste » français, comme je ne suis pas un de ces perroquets ignares ou volontairement privés de mémoire historique, j’aimerai qu’on m’explique pourquoi : quand l’union européenne et sa religion dogmatique nous disent que lorsque l’équipe kroutchévienne à Moscou vend la Crimée à l’équipe de kroutchévistes gouvernant à Kiev, dans les cadres de la défunte URSS, cet acte commercial, cette transaction entre segments de l’ancienne bureaucratie régnante, devient pour toujours la seule et définitive légalité pour le destin de la Crimée propriété de Kiev, tandis qu’à l’inverse, Belgrade doit se résoudre à la perte du Kosovo où s’est formée la nation serbe, parce que les staliniens de l’UCK devenus djihadistes – en guerre contre les héritiers de Tito- ont décidé que les migrants albanais étaient devenus les vrais propriétaires de ce bout de la Serbie…

Allo, j’écoute… Le Kosovo ce n’est pas une confiscation de territoire, puisque les USA et l’union européenne en ont décidé ainsi ?

Alon Gilad

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