Crise monétaire : Pourquoi l’exemple islandais est-il si peu cité ?

En cette période électorale, nous avons de nombreuses discussions et meeting enflammés, ou de nombreux sujets sont remis au goût du jour, mais, surtout, ou les piques et les attaques vont en touchant toujours plus bas, en dépit de toute règle et de toute morale. En même temps, ces attaques sont toutes justifiées par un fait terrible à dire, mais si vrai : les politiques, quels qu’ils soient, sont censés représenter le peuple. Magouilles, mensonges, arnaques, détournements, manipulations, favoritismes, trafics d’armes, de drogues, prostitutions, proxénétismes… Est-ce vraiment des choses qui nous représentent ?

Sans taper dans l’hypocrisie de la gauche, qui se veut « gentille » et donc moralement bonne, je ne pense pas que ces adjectifs me représente, ni même ne représente la majorité.

Nos politiques ne nous représentent donc plus depuis fort longtemps. Et on voudrait nous faire croire qu’en ces temps électorale, le peuple reprendrait le pouvoir, même temporairement ?

La bonne blague. En réalité, peu importe le nom du nouveau président, les choses, au mieux, resteront telles quelles, ou sinon, empireront. Pourquoi ? Tout simplement parce que notre société est figée dans des lois qui l’enchaîne complètement.

Nombreux sont les commentateurs qui vous préconisent de voter l’un ou l’autre pour éviter ceci ou cela, ou, au contraire, pour qu’une nouvelle loi, de nouvelles règles apparaissent.

D’autres nous expliquent qu’il est déjà trop tard parce que, justement, la société est régie par des lois qui ont déjà réduit la liberté d’expression comme peau de chagrin.

Alors, sans espoir ? Nous allons devoir à nouveau supporter 5 années, au moins, de récession et de fermeture de la société (mais pas de l’immigration) ?

Certainement, si on continue comme cela. Sûrement, même, si on pense comme on le fait actuellement.

La pire chose qu’il puisse arriver dans une société démocratique, je crois, c’est de systématiquement privilégier le moins pire, et non pas le meilleur. Souvenez vous, cela fait plusieurs dizaines d’années que cela dure. On vote Chirac pour éviter Le Pen. On vote Sarkozy pour éviter Ségolène, et pour 2012, même tableau : la majorité des électeurs ne votent pas pour quelqu’un, mais contre l’autre. Pitoyable. Et révélateur de l’état de notre société, à la mesure de ses candidats et de leur parti.

Et on ose encore parler de démocratie, alors même que la majorité ne sont d’accord sur aucune des mesures, ou presque.

Petite parenthèse, en passant : qu’est ce que la démocratie ? Le choix du peuple, et donc, de la majorité. Cela semble la mesure la plus juste existante, effectivement, mais il y’a des conditions. En effet, à quoi bon le vote démocratique quand les dés sont pipés ? Nous le voyons en France, par exemple, ou seul 2 partis sont véritablement en concurrence, 2 partis connus et reconnus depuis des années.

En plus de cela, dans une démocratie, toujours en prenant l’exemple de la France, à quoi sert de départager des partis si lesdits partis ont une même vision d’ensemble ? A part favoriser tel ou tel parti à être au pouvoir, les mesures étant grosso modo les mêmes, à quelques nuances près, ce n’est pas un vote démocratique, en tout cas aucunement basé sur une idée de la société.

En troisième lieu, et non pas des moindres, il y’a… Le peuple en lui-même. En prémisse, souvenez vous comment nos journalistes et autres « intellectuels » ont traité la votation Suisse sur les minarets : « vote de la honte », « il faut les éduquer puis les refaire voter ». Alors, nos bobo de services restent dans leur monde binaire, laissons les là où ils sont. Par contre, il faut quant même réfléchir sur la portée de cette dénonciation stupide. En effet, si le contraire était survenu ? Si les Suisses étaient, en majorité, d’accord pour les minarets ? Le vote aurait été démocratique, mais il aurait été catastrophique !

Ce que je veux dire, c’est que le peuple n’a pas toujours raison. Alors, loin de moi l’idée de reprendre des arguments de nos politiques, qui nous prennent pour des abrutis, cependant, il faut prendre conscience d’une chose : le peuple peut être manipulé. En France, par exemple par l’intermédiaire des sondages.

Mais il y’a pire, bien pire : regardons donc la « démocratie » qui s’instaure dans le Moyen Orient.

L’Occident, depuis de nombreuses dizaines d’années, impose « sa » démocratie partout dans le monde. Sur la forme, l’idée est bonne, puisque ça semble être le meilleur système qui soit. Par contre, dans le fond, l’idée est mauvaise, parce qu’elle ne prend aucunement en considération l’état des peuples à qui on impose la démocratie, qui vont alors, tout logiquement, s’accrocher sur des valeurs connues. En clair, les gouvernements islamiques ne peuvent que profiter de la démocratie, puisque leur peuple est écrasée par la religion. A quoi sert un vote démocratique si la religion d’Etat est imposée à toutes et à tous ? Et si les lois découlent de cette religion ?

La majorité des gens des pays islamiques sont pour la lapidation, pour la main tranchée si vol, pour la loi sur le blasphème, pour la peine de mort contre les homosexuels. Démocratie, vraiment ?

La démocratie est donc, comme toutes les autres formes sociales, dangereuse. C’est certainement la moins dangereuse de tout les modèles sociétales, mais ça la rend d’autant plus dangereuse qu’on la croit parfaite !

Au jour du mondialisme d’aujourd’hui, et de nombreux groupements qui existent, la démocratie peut à tout moment basculer dans la manipulation de masse, la pire chose qui soit. Le scénario de Matrix peut à tout moment devenir réalité, si fantastique qu’il peut être, remplacez simplement les machines par un groupement ou une religion.

Je referme cette longue parenthèse, et revient sur la situation de la France, et de l’Europe par ailleurs.

Nous l’avons vu, le bi-choix s’est imposé au fil des années, il s’est même dilué dans des institutions dans lesquelles nous n’avons aucun contrôle, UE en tête. Alors, que faire ? Le vote démocratique, nous l’avons vu, a des failles, la plus grande étant l’habitude des électeurs à ne choisir qu’un parti qu’ils connaissent, ou qu’ils croient connaître, sans aucune remise en question. Peu importe que le parti change complètement, l’électeur continuera de suivre, par habitude.

Seul une réinformation pourra éventuellement faire changer l’électeur, et là encore, il faudra de nombreuses années, voyez les nombreux contributeurs de RL qui ont mis, pour la plupart, beaucoup de temps pour renier leurs engagements, justement par habitude.

Le souci, c’est que ce temps perdu est entièrement favorable aux partis élus, qui vont pouvoir sans cesse renouveler leurs promesses et éventuellement proposer de nouvelles idées qui vont mettre, là aussi, des années à se réaliser, en bien ou en mal, retardant toujours l’échéance de leur défaite.

Certains parlent déjà de 2017 comme le nouvel espoir, mais, pendant 5 ans, il va encore falloir subir sans rien dire, juste parce que la décision a été « démocratique » ?

L’heureux élu n’aura que faire qu’il ait été élu non pas pour ses idées, mais contre les idées de son opposant, et il fera ce qu’il a en tête, même si le taux d’abstention est énorme, même si les bulletins nuls ou blancs sont énormes. La majorité ne sera donc même pas réelle, et pourtant, cet homme et son parti tiendront les rennes de la France avec l’accord du jeu « démocratique ».

Alors, que faire ? Revoir toutes les lois pour expurger celles qui ne sont pas bonnes ? Faire un système à la Suisse ou le peuple pourrait voter sur de nombreux sujets ? Ne pas voter ? Voter ?

En réalité, tout comme il est tout à fait possible d’expatrier tout les étrangers sans bain de sang –l’Algérie l’a plus ou moins fait pour les français- il est possible de faire autrement. Comment ? Eh bien, au lieu d’être englué dans les informations que nous donnent les journalistes, qui sont majoritairement totalement inclus au système, quoi qu’ils en disent, il « suffit » de se renseigner sur ce qu’il se passe chez nos voisins assez lointains. On nous parle en effet de la Lybie, de la Syrie, de l’Iran, de la Corée du Nord, de la Russie (qui m’a l’air bien plus démocratique et juste que la France, soit dit en passant), des USA (qui ont le même système que nous, ou l’inverse, avec deux partis systématiques)….

Mais très peu d’informations sur la Suisse, qui est particulière, il est vrai, sur de nombreux points.

Par contre, il existe un pays qui était similaire au notre, mais qui s’est transformé en quelques années en une démocratie bien plus juste : l’Islande (1) (2).

L’Islande, lors de la crise de 2008, a réalité un tout autre parcours. Contrairement à la majorité des pays occidentaux, dont la France, l’Islande a suivi un tout autre chemin : en effet, alors que nos médias nous inondait de relations totalement farfelues, comme, pour la France, de 20 600 euros par habitant et de 47 400 euros par actif (chiffres de la dette publique française fin 2008, source : wikipedia), le peuple islandais a tranché par référendum : il ne comprenait pas pourquoi il devait payer la dette des banques. 93% des gens ont voté pour le non remboursement de la dette. 93% !

Dans un premier temps, les banques ont été nationalisées, et le gouvernement, de droite alors, révoqué. Une coalition de gauche prendra place au gouvernement de droite… Et remettra à l’ordre du jour la dette, qu’elle envisagera de rembourser via une « taxe » de 100 euros mensuels par habitant durant 8 ans ; un rapide calcul nous donne le chiffre de 9600€ qui était alors pris sur chacun des habitants. Le Président de la République refuse de ratifier cette loi,  et le peuple votera à 93% pour ne pas rembourser cette dette, et retournera dans les rues pour protester.

Bilan : de par le statut quo du pays, ils en ont profité pour… Modifier la constitution, rien que cela ! Et élire une Assemblée constituante, composée de gens qui ne devaient obtenir que 30 soutiens et être majeur.

Alors, certes, l’Islande est une petite île plutôt isolée, composée de 300000 habitants, nous sommes très loin de la France ou de n’importe quel pays européen, il serait utopique de vouloir refaire le même scénario ici.

Ce que je veux dénoncer, en plus des journalistes qui ne semblent ni ne faire leur travail, ni même connaître la charte du journaliste (http://www.snj.fr/spip.php?article1032 ), c’est que nos sociétés ne sont pas figées, contrairement à ce que l’on croit. Nos lois ne sont pas éternelles, ni nos traités, ni nos règlements, ni notre constitution. Nous avons le devoir de les changer quand ils ont fait leur temps, quand ils ne sont plus adaptés, lorsqu’ils sont obsolètes, ce qui est souvent le cas dans notre ère de mondialisation et de nouvelles technologies. Il y’a 30 ans, les droits d’auteur étaient nettement moins détaillés qu’aujourd’hui, à cause d’internet.

Notre société évolue elle aussi, et il est totalement stupide de croire en des partis qui n’ont même plus de valeurs à protéger… Souvenez vous, de cette interview du père Henri Boulad (3), datant de fin 2008, lors de la crise, et avant les émeutes de la Lybie ou de l’Egypte… Le père Henri Boulad vit justement au Caire, voyez comme il eut raison sur la montée de l’islam radical, qu’il juge par ailleurs effective depuis 40 ans !

Sachez donc prendre la pleine mesure de ces paroles emplies de sagesse :

–         « êtes vous prêts à défendre vos valeurs ?

–         elles sont dans nos chartes

–         Mais vos chartes peuvent changer ! »

Et, à la fin du reportage, notez la voix off qui nous prévient : « l’attitude des pays arabo musulmans face à leur minorité chrétienne, sera révélatrice de leur avenir ».

Nous avons donc pu voir leur attitude. Va t-on se réveiller trop tard, en plein cœur d’un système totalitaire constitué d’un ou deux partis unique, soumis à l’islam ? C est bien parti pour. Il faut plusieurs dizaines d’années pour émerger et être visible en tant que parti politique, par contre, il ne faut que quelques jours pour que l’avenir du pays tout entier puisse changer.

Olivier Pfister

(1) http://interobjectif.net/revolution-pacifique-en-islande-black-out-des-medias

(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_financi%C3%A8re_de_2008_en_Islande

(3) http://www.dailymotion.com/video/x8yjb7_vous-vous-reveillerez-quand-il-ser_news?start=2

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