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Crise OTAN/Russie : qui envahit qui, qui agresse qui ?

La crise ukrainienne au 28 février 2022 0h00 GMT en deux cartes 

1 – Crise OTAN/Russie:  QUI envahit QUI ?   QUI agresse QUI ?

Constat : Le nombre d’États membres de l’OTAN, alliance défensive à son origine et limitée à l’Atlantique Nord, est passé de 16 en 1990 à 30 en 2021 ! Alors que ses ennemis (l’Union soviétique et le pacte de Varsovie) ont disparu.

De défensive avant 1990, l’Alliance est devenue offensive depuis 1990 en s’ingérant dans les affaires de nombreux États qui n’ont rien à voir avec l’Atlantique Nord  (démembrement de l’ex-Yougoslavie, Irak, Afghanistan, Libye, Syrie, Yémen, nombreuses révolutions colorées et changements de régime organisés par des pays membres de l’OTAN, agissant seul ou en coalition de circonstance).  Entre 1990 et 2022 l’OTAN a largué plus d’un million de bombes sur la planète et provoqué, directement ou indirectement, la mort de plusieurs millions d’être humains, le plus souvent sous de faux prétextes, avec une idéologie « droit-de-l’hommiste » à géométrie variable. Dans les faits, seuls les intérêts états-uniens comptent vraiment dans les actions otaniennes.

L’OTAN s’invente, au fil du temps, de nouveaux ennemis pour justifier son existence. C’est toujours au prétexte d’assurer sa sécurité qu’elle s’ingère dans les affaires des autres et qu’elle mène une politique permanente d’intervention et d’agression. Elle suscite la haine et génère le terrorisme et le chaos partout où elle s’ingère.

Aujourd’hui, la Chine et la Russie sont clairement désignées comme adversaires de l’OTAN car ces deux pays osent s’opposer à l’hégémonisme états-unien (et otanien).

Que les populations européennes et françaises commencent donc à réaliser que l’OTAN  « offensive », telle qu’elle est devenue depuis 1990, ce n’est pas la paix : c’est la guerre assurée contre tous ceux qui refusent l’assujettissement, voire l’asservissement aux intérêts états-uniens.

La guerre contre la Chine et la Russie sera d’abord économique, comme on le voit aujourd’hui avec les sanctions, mais elle peut déraper très vite sur un plan militaire. Dans ce cas, l’infériorité de l’OTAN sur le plan conventionnel ne pourra que provoquer un dérapage nucléaire.

2 – Situation militaire en Ukraine au 28 février 0 h GMT

Commentaires sur la situation militaire :

1 – Quand bien même les bombardements des infrastructures militaires ont concerné tout le territoire ukrainien, l’action des forces terrestres russes se cantonne à l’est du Pays et principalement dans les régions russophones limitrophes des républiques de Donetsk, de Lugansk et de la Crimée.

2 – Si l’offensive de la coalition des Russes et des séparatistes se poursuit dans les directions actuelles, l’Ukraine pourrait, en quelques jours, perdre tout accès à la mer d’Azov avec la perte de Marioupol et peut-être même son accès à la mer Noire, si la prise d’Odessa devenait un objectif pour les Russes. Elle deviendrait alors un pays enclavé si ces territoires ne lui étaient pas restitués par la négociation. Les provocations permanentes des navires de guerre de l’OTAN en mer Noire deviendraient beaucoup plus « compliquées » à organiser. Le sentiment de sécurité de la Russie s’en trouverait  renforcé.

3 – Cette nouvelle situation affaiblirait considérablement l’Ukraine pro-occidentale. Elle perdrait évidemment beaucoup de son intérêt aux yeux de ses sponsors occidentaux qui n’hésiteraient peut être pas à l’abandonner à son sort.

Général Dominique Delawarde