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Crise ukrainienne : faut-il interdire la lettre Z ?

Dans le cœur des Russes, le symbole « Z » (qui n’est pas une lettre de l’alphabet cyrillique) désigne dorénavant leur armée. Ce « Z » se prononce comme la lettre cyrillique « З »   Les véhicules militaires de l’armée russe sont ornés d’un « Z » de plus ou moins grande taille.

Aucune explication officielle n’a été faite par le Kremlin.

Selon une source du journal The Sun, la présence de ce symbole sur les véhicules de l’armée russe éviteraient les erreurs de tirs… « Les Ukrainiens ont en effet des chars et des véhicules très similaires » explique cette source. Une « astuce » qui avait été utilisée lors de la Seconde Guerre mondiale, mais qui paraît assez désuète : tous les véhicules russes qui participent à l’offensive possèdent des systèmes numériques embarqués afin d’éviter ce genre d’erreur de frappes.

Pour certains « experts », la marque « Z » permettrait au Kremlin de différencier ses unités mobilisées, et distinguer plusieurs groupes d’intervention.

Pour d’autres, ce « Z » pourrait signifier « Zapad » (« Запад » en cyrillique) qui veut dire « Ouest ». Ainsi, ce symbole pourrait distinguer les premiers véhicules mobilisés sur l’opération ukrainienne, situé à l’ouest de la Russie.

On serait tentés de penser que la question est assez oiseuse. Détrompez-vous : nos voisins d’Outre-Rhin la prennent très au sérieux. Deux länder allemands, la Bavière et la Basse-Saxe, les deux plus grands États régionaux du pays en superficie, ont ainsi indiqué de conserve « vouloir poursuivre toute personne utilisant en public la lettre «Z», symbole du soutien apporté à la guerre menée par la Russie de Vladimir Poutine contre l’Ukraine ».

Les gens qui « expriment publiquement leur approbation de la guerre d’agression du président russe Poutine contre l’Ukraine en utilisant ce symbole « Z » doivent s’attendre à des conséquences pénales », a déclaré le ministre de l’Intérieur de Basse-Saxe, Boris Pistorius, dans un communiqué.

Les sympathisants allemands du Kremlin arborant un «Z» en public «doivent savoir qu’ils peuvent être poursuivis pour avoir toléré des crimes», a prévenu quant à lui le ministre de la Justice du Land de Bavière, Georg Eisenreich.

Il est vrai que la lettre Z est assez problématique pour les Allemands : le gaz utilisé dans les camps de concentration à des fins diverses durant la seconde guerre mondiale ne s’appelait-il pas le Zyklon B ? On comprend la susceptibilité de nos voisins ultra-rhénans quant à l’usage de cette lettre.

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Quid de la France ?

Devrait-on prohiber la lettre Z dans les mots de la langue française ? Les mouvements wokistes hexagonaux devraient rapidement se saisir de ce problème épineux. Pour l’instant, aucune revendication de ce côté-ci du Rhin n’a encore été faite. Mais quand on connaît la vigilance des gardiens du politiquement correct sous toutes ses formes, ça ne saurait tarder.

Comment désignera-t-on dorénavant le « gaz », russe ou non ? « Ga » ? « Gas » ? Affaire à suivre de très près. Il s’agira de dénoncer comme pro-russes les gens qui continueraient à écrire « gaz ».

Eric Zemmour devra-t-il continuer sa campagne sous le nom de « Eric Emmour » ? Ou éventuellement, « Éric Olivier », puisque « Zemmour » est la signification en berbère de l’arbre bien connu de la paix ?

Des changements énormes sont à prévoir dans la grammaire française puisque la 2ème personne du pluriel des verbes de notre langue est marquée par la lettre Z : « Vous aimez », « vous finissez », « vous rendez »…

Des modifications sont également à prévoir dans notre littérature : terminé, « Émile Zola » : dorénavant, si un professeur veut faire étudier « Nana » à ses élèves, il devra présenter l’auteur sous le nom d’« Émile Ola ». Etant donné le nombre de mots de la langue française contenant un Z, les wokistes français ont du pain sur la planche.

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Dès leur arrivée au pouvoir, les nazis ont commencé à épurer le contenu des savoirs dispensés aux élèves dans les écoles du Troisième Reich. S’il est un poème très connu en Allemagne, c’est bien « La Lorelei »  d’Heinrich Heine. Problème : Heine était Juif . Comment faire ? Très simple : les petits Allemands ont continué à apprendre « La Lorelei », sauf qu’à la fin, les nouveaux manuels indiquaient « Unbekannter Dichter » : « Poète inconnu ». Avec un minimun de bonne volonté, il est toujours possible de faire passer une langue et une culture entière sous les fourches caudines du politiquement correct.

Nos wokistes devraient s’inspirer de l’exemple nazi. D’autant plus qu’ils devraient recevoir le soutien, au moins moral, des francs-tireurs ukrainiens

(ci-dessus un détachement du « bataillon Azov »), largement pénétré, comme on le constate, de l’idéologie du Troisième Reich.

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Henri Dubost

In girum imus nocte ecce et consumimur igni