Croissance de la démographie, une chance pour la planète ?

On vient de publier avec beaucoup d’enthousiasme les nouveaux chiffres de la population française, la France compte 65 millions de personnes , elle a le plus fort taux de natalité en Europe 2,2. Il serait intéressant d’analyser pourquoi notre taux de natalité augmente plus que celle des autres pays.
Maintenant il faut réfléchir à cette notion qui est de la part des commentateurs d’annoncer comme un signe de bonne vie d’un pays et que d’aucuns présentent de manière positive : « la moitié de la population de tel pays à moins de 20 ans ! » entend-on régulièrement. J’avoue que ces annonces ne me réjouissent pas, il me semble qu’il y a pour notre planète un danger à vouloir encourager, ou tout au moins nous réjouir, d’un mouvement ou sans cesse la croissance de la population d’un pays pourrait être un signe de bonne santé.
Les récents évènements de la Tunisie et de l’Algérie sont là pour, peut-être, nous montrer un autre aspect des choses. Outre le fait que ces pays sont dirigés par des poignes de fer, se posent pour eux comme pour nous les problèmes d’emploi. La Tunisie qui a un peuple très instruit et diplômé est dans une impasse économique. Le tourisme marche bien ; mais avec la crise il pourrait baisser, les délocalisations de l’industrie dont elle avait, comme le Maroc, un moment bénéficié, se sont re-délocalisées dans les endroits où la main d’œuvre est encore moins chère.
Mettre au monde un enfant n’est-ce pas réfléchir à l’avenir qui l’attend, au monde dans lequel il va vivre ? Peut-on de nos jours, souvent au nom des préceptes religieux « croître et multiplier » sans se poser de question ?
Notre monde qui en 1960 comptait 3 milliards d’individus, est passé à 6 milliards en 2000 et à 7 milliards en 2010. Sept milliards d’individus à qui nous devons fournir soins, logements, éducation, sécurité, travail. Les terriens dans leur ensemble pourront-ils longtemps s’abstenir de réfléchir, d’une manière collective, au point de rupture d’une telle croissance ? On modernise, on robotise, on informatise pour alléger la pénibilité du travail, mais ce faisant, on réduit de façon drastique la place de l’humain dans le travail. On disait autrefois que la jeunesse d’Alger tenait les murs, mais dans nos pays développés, en France aussi, la jeunesse « tient » les murs dans les cités. A cela s’ajoute une politique économique mondiale axée exclusivement sur les profits à court terme au bénéfice de quelques uns, richesse très souvent détournée des pays d’origine. La réussite d’un pays n’est-elle pas un subtil mélange équilibré ? Une population mesurée à laquelle les ressources du pays et les volontés politiques devraient être en capacité de fournir le minimum vital ? L’exemple des pays dits « développés et consuméristes » n’étant pas forcément la référence à imiter.
Ne sommes-nous pas entrés en zone de fortes turbulences ? Les Chinois avaient compris qu’ils iraient dans le mur et avaient préconisé la politique de l’enfant unique. La planète comme tout organisme vivant a besoin de soins. La croissance démographique continuelle n’est-elle pas un facteur de risque d’une rupture dont les conséquences sont incommensurables ? Problème délicat dont personne n’ose parler et pourtant n’est-il pas urgent de le poser ?
Chantal Crabère

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