Cuba : après Marx, Mahomet ?

Publié le 11 septembre 2019 - par - 1 432 vues
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Photo d’illustration prise par votre serviteur, à Galiano, centre-Havane, Mai 2018
(On ne sait pas ce qu’aura donné le selfie de la « dame »).

Juillet 2015 : ouverture officielle de la mezquita (mosquée) Abdallah dans le vieux-Havane, zone touristique classée par l’Unesco.
Et comme il ne saurait y avoir de haute spiritualité sans la panoplie adaptée, inauguration imminente de Firdaus, bazar islamique :https://www.cuballama.com/blog/firdaus-tienda-islamica-cuba/

En fait, l’implantation de l’islam à Cuba n’est pas une franche nouveauté. Mais, entre sous-nombre et discrétion obligatoire, la phase de pré-incubation dribbla tous les écrans-radars.

En effet, tandis que les yeux de la planète se focalisaient sur « la perle des Antilles », théâtre d’échanges d’amabilités entre les deux grands du demi-siècle dernier, alors que les missiles khrouchtchéviens pointaient leur museau à 80 miles de Kay West, d’autres, au pays de la salsa mais aussi des échecs, avançaient leurs pions sur la pointe des babouches. D’autant plus furtivement que la sortie de scène de l’ours soviétique n’aura guère permis d’améliorer ces querelles de voisinage.
L’Iran, d’abord.

Cuba, officiellement « non aligné » (rigolez pas), partage avec l’empire perse la haine de l’Oncle Sam, ou du Grand Satan, c’est au choix. Et ça crée des liens. On trouve de la menthe dans le thé comme dans le Mojito. Fidel et Ahmadinejad devaient adorer trinquer ensemble. Cohiba et chicha, juste pour la rime.
Donc, arrivée d’une cohorte de collaborateurs et « conseillers », tout disposés à laisser quelques traces ADN et culturelles chez une gent féminine souvent accorte et toujours désargentée.

Puis entre en jeu l’Arabie saoudite et son argument diplomatique fétiche : le pognon.
« Vous nous laissez construire une mosquée à Santiago, et on vous refait les canalisations ».
Tentant, surtout au vu de l’état de délabrement de la tuyauterie en question.
Gros embarras de Fidel. Accepter pour les muzz ce qu’il ne tolérait pas des cathos, et encore moins des évangéliques ? L’athéisme d’État a bien fait place à la tolérance religieuse, mais après avoir embastillé et liquidé quelques centaines d’ecclésiastiques, le Leader manquerait de cohérence.

Et le trafic d’influence wahhabites-chiites se complique encore avec l’entrée sur le terrain de la Ligue islamique mondiale, phare des Frères musulmans, et suivie par un certain R.T. Erdogan, calife de Turquie. Vous savez, celui qui explique qu’en arrivant à Cuba, Christophe Colomb y a découvert une mosquée.

Ajoutez-y un bataillon d’étudiants pakistanais, prêts à ensemencer corps et esprits, et vous avez la totale. Certes, ceux-ci se garderont bien d’appliquer la méthode employée par leurs compatriotes à Telford ou Rotherham en Grande-Bretagne, ici on fusille encore. Mais bon, leur surface financière assurant largement le minimum dans un pays où le salaire mensuel moyen tourne autour de vingt euros, ça peut convaincre. Et convertir.

https://oumma.com/lislam-attire-un-nombre-croissant-de-femmes-cubaines/

Ceci étant, combien de musulmans à Cuba ? Probablement, une dizaine de milliers. Pour onze millions d’habitants, cela paraît dérisoire… sauf qu’ils n’étaient que quelques dizaines il y a deux décennies, la vitesse de la propagation ne vous aura donc pas échappé.

https://www.alterinfo.net/Pourquoi-la-population-musulmane-de-Cuba-augmente_a127525.html

Jacques Vinent

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