Cuba : une escroquerie intellectuelle qui fascine la gauche

Publié le 28 novembre 2016 - par - 13 commentaires - 703 vues
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melenchonmeetingCastro est mort, voilà un dictateur de moins mais toute la gauche verse une larme.

Il est vrai qu’après avoir adulé Mao, Staline et même Pol-Pot, les icônes vénérées de notre gauche socialo-communiste, celle-ci vient de perdre la dernière grande figure du “romantisme révolutionnaire” des années soixante.

On cherche vainement où est le romantisme dans une révolution sanglante, mais passons… Tout comme pour le Che, le mythe du héros a la vie dure !

La gauche excelle pour s’enflammer pour les tyrans et les despotes en tout genre, à condition qu’ils soient de gauche, évidemment, mais surtout anti-américains. Qu’ils aient les mains rouges de sang importe peu.

Il fallait s’appeler Danielle Mitterrand pour voir en Castro “un grand démocrate”.

Jack Lang n’hésite pas à dire que c’est “un géant de la politique mondiale qui disparaît”.

Et pour Mélenchon, un dernier hommage au “Commandante” s’imposait, avec quelques fidèles (sans jeu de mot) rassemblés au pied de la statue de Simon Bolivar à Paris.

Tout ce joli monde oublie que ce “libérateur”, après avoir renversé le dictateur Batista en 1958, aidé par ses 800 guérilleros en guenilles, les “barbudos”, s’est comporté comme le pire des Robespierre.

Aidé par son frère d’armes Che Guevara, cette idole de la jeunesse soixante-huitarde, dont le portrait a fait mille fois le tour du monde, notre “libérateur justicier” ne va pas tarder à transformer La Havane en enfer pour tous les opposants.

En 1960 l’épuration commence : elle est dirigée par Che Guevara, nommé Procureur du Tribunal révolutionnaire.

On répertorie officiellement 631 condamnations à mort, 146 fusillés, et 70 000 prisonniers politiques, au cours de l’année. Elle est belle la libertad !

30.000 à 40000 Cubains ont été exécutés par celui que le peuple appelle aujourd’hui “el loco”, le fou. Fini le Lider Maximo, héros de 1958.

D’abord soutenu par les Etats-Unis, Castro ne tardera pas à ruiner son pays en nationalisant toutes les sociétés étrangères. C’est la rupture avec Washington.

Castro se rapproche de Moscou. Sucre cubain contre pétrole russe.

La CIA lance alors une opération de débarquement d’exilés cubains dans la baie des Cochons. Celle-ci se solde par un fiasco retentissant (1961).

Suivra la très grave crise des missiles soviétiques installés à Cuba, à deux pas de la Floride. Le ton monte entre Washington et Moscou. Le jeune Kennedy tient tête, le vieux Khrouchtchev recule. On a frôlé la guerre nucléaire (1962).

En 30 ans, Cuba aura reçu de l’URSS 100 milliards de dollars qui auront permis au régime de survivre. La guerre froide est à son comble. Castro enverra ses soldats, aux ordres de Moscou, combattre en Angola, en Ethiopie, au Nicaragua, au Surinam, au Congo, en Libye, au Yémen et en Guinée-Bissau, pour soutenir les mouvements révolutionnaires et défendre les intérêts soviétiques.

Pendant ce temps, le Che, qui aura vainement tenté de propager la révolution au Congo, puis en Amérique du Sud, finira misérablement traqué par l’armée dans la jungle bolivienne, entouré d’une poignée de guérilleros restés fidèles. C’est la mort d’un illuminé sanguinaire, mais c’est la naissance d’un mythe….

Depuis 1993, je me suis souvent rendu à Cuba. J’y ai vu une population cultivée et accueillante, une belle architecture, hélas, pas entretenue depuis des décennies, des belles américaines des sixties, devenues des guimbardes rafistolées de toutes parts.

On y découvre une pauvreté digne et cachée, avec aussi la prostitution des filles, et les petits trafics, comme dans les pays du tiers-monde. C’est chez l’habitant qu’on la découvre cette misère et qu’on apprend la dure réalité quotidienne, à mots couverts.

Si Castro a su donner aux Cubains l’école et les soins gratuits, c’est néanmoins la misère qui domine et la peur du régime, la peur du voisin et de la délation.

Depuis la fin des largesses soviétiques, en 1989, Cuba n’a jamais pu se relever.

En août 1994, le long du Malécon, la promenade qui longe la mer à La Havane, j’ai vu des dizaines de balseros  fuyant le régime et la misère, sur des embarcations de fortune et des radeaux surchargés. Sur 32.000 candidats à l’exil vers la Floride, plusieurs milliers disparurent noyés ou victimes des requins.

Castro avait voulu submerger la Floride d’exilés cubains pour punir Kennedy qui avait décrété l’embargo sur Cuba. Ce tragique épisode des boat-people cubains n’a pas duré. Mais l’exode continue, dans la clandestinité.

Evidemment, le touriste ne voit rien de tout ça. Les plages et l’hospitalité cubaines suffisent à rendre le séjour agréable. Mais pour le peuple, rien ne change.

La révolution cubaine, qui se voulait soi-disant démocratique et devait rendre au peuple fierté et dignité, ne fut qu’une grande illusion. Elle n’a fait que remplacer un tyran par un autre, encore plus violent.

Pour 11 millions de Cubains, le “romantisme révolutionnaire” qui fait vibrer notre gauche hypocrite et attardée, ce fut d’abord une tragédie sanglante, qui se termine en catastrophe économique et sociale. Deux générations sacrifiées.

Puisse la mort de ce tyran sanguinaire permettre l’éclosion d’une véritable démocratie. Le peuple cubain le mérite amplement.

Castro, c’est une cause indéfendable, une gigantesque escroquerie intellectuelle. Il n’y a que nos politiques de gauche pour s’extasier sur un tel désastre, entièrement bâti sur le mensonge et la violence.

Jacques Guillemain

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Notifiez de
jino

Les condamnés à mort étaient les ordures du régime de battista.

Taubira y est allée d’un tweet grandiloquent, comme d’habitude , qualifiant Castro de “grand géant” . J’ignorais qu’il y en eût de petits..

LislamEstUnCancer

En 2016 Georges Marchais n’est toujours pas mort. Il a bu un peu d’eau de jouvence de l’Abbé Souris pour se rajeunir, il est passé par le chirurgien esthétique puis il s’est fait faire de nouvelles pièces d’identité et il porte un autre nom : Mélenchon.

Marchais ! On t’a reconnu ! C’est un scandale !

Jean

On juge Fidel Castro trop durement. C’était certes un dictateur brutal mais il faut considérer le contexte dans lequel il a dirigé son pays. Cela fait 56 ans que l’embargo américain dure. Le régime soviétique s’est effondré en 1989 et bien évidemment à partir de là qu’est-ce que pouvait faire Castro ? Il n’avait plus personne pour le soutenir. Qu’est-ce que vous pouvez faire quand la plus grosse économie mondiale vous boycotte depuis 56 ans ? Imaginez un seul instant ce que deviendrait la France si elle subissait un embargo pareil. La France avec les conditions de Cuba, avec les dirigeant actuels, mais les gens s’entretueraient pour une miche de pain noir rassi.

Niko

La gauche française a toujours eu les yeux de Chimène pour les dictateurs rouges. Autrefois, elle pleurait la mort du “camarade” Staline, aujourd’hui elle porte le deuil du “lider maximo” avec la même ferveur. Quand je pense que des boutonneux à QI d’huître de 16 ans portent des T-shirts avec le “Che” ou ont des posters de lui dans leur chambre, alors que ce type n’a rien à envier à Hitler en matière de cruauté bestiale, cela me consterne profondément.

Citons, parmi les exilés Cubains aux USA, de grands musiciens, comme Monsieur Arturo Sandoval qui profita d’une tournée en Italie pour se réfugier, avec son fils et son épouse, dans les locaux de l’ambassade des USA à Rome.
Faut-il être fasciné par les régimes dictatoriaux, assis sur un ordre divin, ou sur l’idéologie communiste ou nazie, pour pleurer leurs chefs et leurs dévoués serviteurs à chaudes larmes, quand la mort vient frapper à leurs portes.

guillemain

Correction
Lire “pour punir Clinton” et non Kennedy, évidemment, déjà disparu depuis longtemps.
Sorry

Jean

Malheureusement, et quoi qu’on puisse penser de lui, pour débarrasser la France de toutes ces racailles et de tous ces sauvages qui pourrissent la vie de millions de Français 365 jours par an et 366 les années bissextiles, c’est d’un homme de la trempe de Fidel Castro dont ce pays a besoin.

Trumpforeve

Vous êtes taré ?? Espèce de rasciste ! Vous ne comprenez rien à rien, si la France va mal, c’est à cause d’un manque profond de liberté ! C’est à cause du politiquement correct ! Voulez-vous finir votre vie dans les goulags ? Ou fusillés parce que vous étiez contre le dictateur à cause du fait que vous n’ayez plus à manger ? Allez en Corée du nord ou en Iran personne ne vous retiens vous faîtes honte à la France qui s’est battu jadis pour la liberté

@Jean Contre la racaille, il faut tout simplement une bonne justice. Dans les dictatures, c’est pire: la racaille est au service du dictateur, donc toute-puissante et intouchable. Malheureusement en Europe, la racaille est protégée par la dictature pseudo-humaniste. Et comme le dit très justement Zemmour, l’Etat n’est pas assez fort pour protéger le citoyen, mais assez fort pour l’empêcher de se défendre lui-même!

Il faut qu’un vrai journaliste harcèle ce Mélanchon et le mette face à ses contradictions.

Paskal

Qu’il appelle la Russie à écrabouiller Daesh (on ne va pas le lui reprocher !) tout en déplorant l’issue de la bataille de Poitiers en dit déjà long sur sa cohérence.

Myriam

Les héros du Panthéon Gauchiste sont trop souvent des dictateurs sanguinaires ce qui montre bien lleur incapacité de tout sens critique et leur insolvabilité morale

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