Dalia Abd Ellhameed : Notre islam est pervers

Publié le 26 janvier 2021 - par - 5 commentaires - 558 vues
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Dalia Abd Elhameed est une voix féminine musulmane totalement inconnue en Occident mais pas dans son pays l’Égypte. Elle est responsable du programme de genre à l’« Egyptian Initiative for Personal Rights, EIPR ». Elle est également cofondatrice de l’« Operation Anti-Sexual harassment » (OpAntiSH), une initiative populaire qui résiste aux agressions sexuelles de la foule au Caire lors de manifestations de masse. Elle est l’auteur de maints rapports et articles sur les droits de l’homme et des femmes en Égypte.

Lors de la dernière vague du terrorisme islamique en France en octobre dernier et la polémique concernant le terrorisme islamique, elle fut parmi les nombreux auteurs arabophones qui ont eu le courage de dénoncer la perversité qui affecte la structure même de l’islam en dépit de toutes les manifestations de masses qui ont scandé de façon délirante : « Tout sauf le messager de l’islam ». Dans un article publié le 31 octobre 2020 sur Facebook et des médias arabes, elle montre que l’islam vit effectivement dans une crise structurelle chronique.

Voici un condensé de ses propos :
Choquée par les déclarations de certains leaders musulmans, comme celle du Cheikh al-Azhar au Caire qui voudrait « écraser tous ceux qui blasphèment les trois flambeaux : le Coran, la religion et le messager de l’islam » ; et celle de l’ex-premier ministre malaisien Mahatir qui a revendiqué « le droit des musulmans de tuer les millions de Français », Dalia Abd Elhameed n’hésite pas à confirmer que de tels propos démagogiques suffisent pour prouver que leurs auteurs et les musulmans qui les écoutent sont paranoïaques et souffrent d’une crise profonde à cause de leur islam.

Elle en identifie trois sources :
– D’abord, la fixation immuable de l’islam au cœur de sa structure originale, comme il était lors de son avènement en Arabie au 7e siècle.
« Ce sont les religieux et les gouverneurs des contrées soumises à l’islam qui ont restreint les libertés afin de préserver la leur. Toute critique était réprimée par le meurtre, un châtiment justifié par des versets coraniques, des hadiths du prophète et par les avis prétendus juridiques des premiers musulmans, les salafs. »
Elle se demande : « Comment nier donc cette crise perverse et prétendre que le meurtre religieux est une affaire personnelle alors que la religion et le déni des libertés sont une affaire collective ? En effet, c’est le contraire qui est vrai. La religion est une affaire personnelle parce qu’elle restreint les libertés. Les sociétés et les pays civilisés au 21e siècle sont régis par le droit positif qui trouve sa source dans la charte des droits de l’homme et pas dans la religion. »

– Ensuite, Dalia Abd Elhameed identifie une deuxième source de cette crise. Celle-ci provient du rabâchage de slogans creux et illogiques, conçus spécialement pour apaiser l’esprit collectif religieux, sans lui permettre d’accéder à la modernité humaine, ni de jouir des droits humains et de l’égalité.
« Les religieux et les dirigeants politiques, explique-t-elle, recourent souvent à ce genre de pratiques pour pouvoir contrôler politiquement les différents groupes de la collectivité (peuple, tribus, clans, etc.), les orienter et les manipuler à leur guise. Ils n’hésitent pas à utiliser des astuces rhétoriques, mais insignifiantes et bizarres, pour évoquer la liberté en islam, l’honneur rendu à la femme en islam, les droits de l’homme et la démocratie en islam, l’économie et la civilisation islamiques ainsi que l’influence de l’art islamique. Ils manifestent leur fierté en rappelant la grande valeur des érudits et des philosophes musulmans pendant la période du califat islamique, nonobstant les meurtres, les invasions, les massacres et les guerres fratricides que les califes avaient conduits au cours de l’histoire. D’autant plus que ces religieux et ces dirigeants politiques ne cessent de nous vanter la précieuse contribution des intellectuels du temps des califes à la civilisation humaine, prétendant qu’ils étaient libres et pouvaient favoriser la pensée rationnelle loin des restrictions religieuses ou politiques. »

– Enfin, Dalia Abd Elhameed évoque une troisième source qui aggrave et développe cette crise. Elle est incarnée dans les déclarations extravagantes et honteuses des religieux et des dirigeants qui ne cessent de rabâcher en public que l’islam est toujours la base et le sommet de la civilisation et de la morale la plus noble.
Face à ces déclarations répugnantes, elle se demande :
« Quelle noblesse trouvent-ils dans cet islam qui stipule le meurtre comme droit naturel et légal en réponse à toute insulte expressive de ses fondamentaux ? C’est ainsi qu’ils justifient la défense et la protection du terrorisme islamique. Tout leur objectif consiste à imposer le déni de la liberté religieuse et de la critique de la religion dans les sociétés à majorité musulmane comme dans les États musulmans où la gouvernance est la pire au monde. »
Et d’ajouter : « Ce grave problème est issu du repli des musulmans sur eux-mêmes, de leur refus de s’intégrer et d’accepter l’autre. Leur comportement provoque inéluctablement la violence dans des sociétés où ils sont minoritaires. Ils exploitent les droits de l’homme, la démocratie et la laïcité et recourent aux manifestations sauvages pour revendiquer l’application de la charia en Occident. Est-ce un comportement normal ou pervers ? »

Pour trouver une issue salutaire à cette impasse suicidaire que provoque la crise de l’islam, Dalia Abd Elhameed ne voit que deux pistes possibles :
La première, c’est l’urgence de reconnaître les contradictions et les divergences intellectuelles et de respecter le progrès de la civilisation humaine et des droits de l’homme. « Cela suppose avant tout, clame-t-elle, que les musulmans renoncent à placer le parapluie de la religion comme moyen pour contrôler le monde, et qu’ils séparent la religion, en tant que question personnelle, de la politique, afin qu’elle devienne un potentiel spirituel et jamais un outil de gouvernance et de contrôle. »

La deuxième, c’est de considérer la critique de la religion comme fondamentale ; d’abord à cause de sa relation directe avec l’autorité et la famille ; ensuite pour éviter qu’un groupe d’individus ne parvienne à dominer et à manipuler les gens au nom d’une religion. « Ceux qui cherchent, explique-t-elle, à imposer l’interdiction de la critique des religions visent à écarter et même à exclure définitivement la liberté religieuse comme base essentielle d’une vraie croyance. »

Outre ces deux pistes, Dalia Abd Elhameed réclame qu’elles soient protégées et complétées par deux mesures phares que le monde entier doit adopter et mettre en application.
– Un terme définitif doit être imposé à l’exploitation de l’esprit collectif religieux téléguidé par la haine qui développe l’hostilité face à la science et à la philosophie ; et qui n’accepte que le pouvoir de la religion sous sa forme primaire sur la collectivité.
« Cette première mesure consiste, selon l’auteur, à mettre un terme à ce phénomène destructeur par la libération de la pensée, la garantie de la liberté religieuse, mais aussi par l’exactitude des informations et la recherche dans les domaines éducatif, médiatique et artistique. La religion ne tombe pas avec la critique et la liberté, mais elle s’avilit et se détruit par le repli sur soi. »

– La deuxième mesure qu’elle réclame, c’est de cesser de tolérer de façon inconditionnelle. Elle se réfère à Karl Popper qui dit à ce propos :
« La tolérance inconditionnelle conduira inévitablement à la disparition de la tolérance elle-même. Si nous étendons notre tolérance illimitée pour inclure même les fanatiques, et si nous ne sommes pas prêts à défendre notre société tolérante contre leurs griffes, alors nous aurons détruit le tolérant et la tolérance à leur égard. Par conséquent, nous devons exiger, au nom de la tolérance, le droit de ne pas tolérer les fanatiques. Nous devons exiger que tout mouvement qui prêche le fanatisme soit considéré hors de la loi, et nous devons considérer l’incitation au fanatisme et à la persécution comme un crime, tout comme également l’incitation au meurtre, au kidnapping ou à l’appel au retour de l’esclavagisme. »

Dalia Abd Elhameed, cette voix issue de l’islam, est consciente de ses propos qui émanent de son vécu et de son ressenti sur le terrain. Ses réflexions permettent de confirmer que lorsque les gardiens du temple de cette religion manifestent un basculement vers un extrémisme nihiliste, à l’instar du cheikh Al-Azhar et de l’ancien Premier ministre malaisien, ils dévoileront au monde entier l’hypocrisie démentielle de leur conception religieuse. S’affranchissant de toute cohérence logique et intellectuelle, ils portent un coup de massue à la conception même de leur propre croyance, si elle en est une.
Pour comprendre sérieusement la véracité de l’islam, il n’y a rien de mieux que de lire et d’écouter ceux qui y vivent, ceux qui en souffrent, ainsi ceux qui ont réussi à s’en affranchir et à échapper à ses griffes.

Propos condensés par Maurice Saliba

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Notifiez de
JeanVal

”notre” islam ? cela signifierai que l’islam en lui-même est bon ? Allez, au suivant !

patphil

l’islam est indivisible , le coran le dit explicitement

Sourate 10 Verset 16 ce n’est pas à moi de le changer de ma propre autorité, je ne fais que suivre ce qui m’est révélé
10:38 le coran n’est pas tel que quelqu’un d’autre qu’allah aurait pu l’avoir conçu, il émane du seigneur de tous les mondes
39:29 le coran, un livre récité en arabe, langue claire et éloquente et sans tortuosité
(il n’est donc pas possible d’interpréter le coran, on doit l’accepter au premier degré)
15:92 nous enverrons le chatiment sur ceux qui diviseront le coran en morceaux

Soazig NEDELEC

Merci pour cet article..

Mantalo

Le titre est rebutant. NOTRE islam… non, je ne vois pas…. NOTRE ??
Puis en lisant, je découvre les reproches faits au fonctionnement, aux principes, del’islam, fondés.Des vérités.
Mais ça ne change rien pour moi, cette secte ne peut être édulcorée. L’islam “progressiste” (???) n’existera JAMAIS.
Je suis BORNÉ et je n’en ai pas honte !!!

Arthur de Gobineau

Islam et progressisme = Oxymore

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