Daniel Cordier mérite plus que quiconque la Légion d’Honneur

Publié le 31 décembre 2017 - par - 12 commentaires - 1 234 vues
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Nous n’avons pas la liste complète des 336 personnalités qui se verront attribuer la « Légion d’Honneur » ce 1er janvier 2018, mais le nom de Daniel Cordier est avancé et nul ne méritera mieux que lui la « Grand-croix ».

Lui, qui à 97 ans, fut l’un des plus grands résistants de France durant la guerre de 39/45 et l’occupation nazie.

Cet ex-camelot du Roi fut l’un des premiers, avec quelques autres de la droite française alors que la gauche, et surtout les communistes, collaborait avec l’ennemi, à rejoindre Londres dès 1940.

Membre du BCRA (Bureau Central de Renseignement et d’Action) il était mieux placé que quiconque pour nous instruire sur la résistance.

Missionné par de Gaulle auprès de Jean Moulin comme secrétaire particulier, mais surtout avec ordre de tenir sous surveillance cet homme de gauche qui n’avait pas toute sa confiance, Daniel Cordier tombera sous le charme de celui qui dirigera plus tard le CNR (Conseil National de la Résistance) et il le servira fidèlement jusqu’à sa disparition.

Lors du procès, Daniel Cordier témoignera en son âme et conscience et dénoncera la culpabilité de René Hardy dans la trahison de Caluire et l’arrestation de Jean Moulin.

René Hardy qui fut le plus proche collaborateur d’Henri Frenay, responsable du réseau « Combat ».

Jean Moulin avait parfaitement compris la stratégie de De Gaulle qui ne souhaitait pas que des groupes de résistants trop puissants et bien armés s’opposent, le moment venu, à sa volonté de prendre le pouvoir dès la libération et notamment le CNR.

Derrière son bureau de Londres, de Gaulle n’hésitera pas, jusqu’en 1943, à opposer la résistance de droite aux communistes et à la gauche, Pierre Brossolette et Henri Frenay à Jean Moulin et Raymond Aubrac.

Les oppositions internes entre résistants français étaient palpables et les divergences politiques et stratégiques nombreuses.

Ni le réseau « Combat », ni l’ORA (Organisation de Résistance de l’Armée), sous le commandement du général Frère, ni l’Armée Secrète, sous les ordres du général Delestraint, ni Défense de la France, d’extrême droite, ne feront obligeance à la France Libre. Ils estimaient que « Les résistants de Londres étaient bien payés, bien nourris, n’avaient pas à se battre ni risquer leurs vies, loin de l’occupation nazie ».

Henri Frenay (qui avait fondé le réseau « Combat ») n’hésitera pas à écrire : « J’accuse le général de Gaulle de n’avoir pas entendu, et sûrement pas compris, l’appel passionné de tout un peuple et d’avoir éteint la flamme de la résistance. »

Pour de Gaulle, Jean Moulin va beaucoup trop loin et s’oppose directement à sa volonté, lorsqu’il constitue le Comité Français de Libération Nationale dont il confie la co-présidence au général Giraud (qui est, comme on le sait, le principal opposant aux ambitions gaullistes).

René Hardy doit rencontrer le général Delestraint, chef de l’armée secrète, le 9 juin 1943 devant l’entrée du métro «Muette».

Alors qu’il se rend à ce rendez-vous, Hardy, déjà sous surveillance (à cause de sa récente maîtresse l’irrésistible Lydie Bastien, rencontrée en janvier 43 et qui est une collaboratrice de Klaus Barbie) est intercepté à la gare de Laroche-Migennes, dans le train qui le conduit à Paris (il s’évadera quelques jours plus tard, suite à un arrangement avec la gestapo).

Le général Delestraint est lui arrêté par la gestapo ce jour-là et, comme le général Frère et Jean Moulin, il mourra en déportation.

On ne peut que constater que plusieurs chefs de réseaux de droite furent dénoncés et remplacés souvent par des communistes à dater de 1943.

C’était le premier coup fatal porté à la résistance intérieure et il entraînera irrémédiablement le suivant,  l’arrestation de Jean Moulin douze jours plus tard, le 21 juin à Caluire.

Tous ces faits véridiques nous sont rapportés par Daniel Cordier dans son remarquable livre.

La suite nous la connaissons, Georges Bidault sera nommé responsable du CNR et permettra à de Gaulle de pénétrer dans Paris et de descendre les Champs Elysées en libérateur de la nation. Il deviendra, par la suite, l’un de ses plus farouches opposants jusqu’à remplacer le général Salan à la tête de l’OAS.

Manuel Gomez

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Notifiez de
Poussin bleu

En France, les résistants et l’esprit de résistance ont presque totalement disparus !
Espérons que la manif de 2015, monstre mais relativement modeste pour un pays de 65 millions d’habitants , reste comme la petite lueur vivace qui éclaire un pays risquant de s’enfoncer de plus en plus dans les ténèbres s’il n’y prend garde !

Reconquista

Je pense que de Gaulle se plaçait déjà dans l’après victoire et savait très bien que la résistance toutes orientations confondues ne pourrait pas assurer la victoire malgré l’immensité des services rendus aux alliés. Elle était, avec les faits d’armes de gens comme Leclerc, l’alibi pour retrouver une France libre et pas sous autorité des libérateurs comme cela était prévu après la capitulation et l’officialisation de la collaboration. Il lui fallait aussi évincer les communistes s’il ne voulait pas voir notre pays gouverné par ces traîtres s’étant refait par la suite une sainteté par actes et mensonges aussi. De Gaulle était avant tout un politique, au sens noble du terme et son grade de général fut une étiquette nécessaire à son image.

dufaitrez

Qui saura faire le tri définitif dans cette période trouble où les moyens d’information étaient dérisoires ? Beaucoup de livres s’entrechoquent !
A tort ou à raison, De Galle a gagné la partie. Il resta visionnaire.

JILL

De Lattre,Juin firent allégeance à De Gaulle,comme le général d’armée Catroux bien avant eux ;personne ne le leur reprocha .Le Général était devenu le seul politique crédible de la France et il imposa notre pays à la table des vainqueurs .

JILL

Le CNLF succèdait à la France Libre et constituait le gouvernement provisoire .Giraud,bon soldat certes,mais vaniteux,condescendant et borné ne pesa pas lourd .Il se montra par ailleurs d’une rare lâcheté en abandonnant l’ancien ministre de l’intérieur Pierre Pucheu auquel il avait promis d’intégrer une unité combattante .En fait de combat,
Pucheu se retrouva devant un peloton d’exécution .
La hargne de Fresnaye est consternante …bien sûr que les services de la FL officiait derrière des bureaux comme ceux de tous les alliés .Mais Leclerc,Koenig,et d’autres étaient sur le terrain et offrirent à la France des succès certes symbolique,mais combien importants .

BALT

Meilleurs voeux , Manuel Gomez.
Meilleurs voeux à tous les Pieds Noirs.
Meilleurs voeux à tous ceux qui aiment la France.

Joël

Pour avoir les listes complètes, c’est pourtant simple :
https://www.legifrance.gouv.fr/affichJO.do?idJO=JORFCONT000036339087
M. Cordier est bien promu Grand-croix
Par contre, pour le reste, le copinage va toujours bon train et est toujours aussi farfelu.
Du genre : « directrice de la diversité dans un groupe hôtelier » ou « dirigeante-fondatrice d’une société de vente en ligne spécialisée dans la mercerie ». Le top, le fils à Bourvil :
M. Raimbourg (Dominique, Jean, André), président d’une commission consultative des gens du voyage. Sans compter la valse habituelle des préfets, conseillers d’état, secrétaires des ministères, du CC, etc.

Allobroge

Jean Moulin avait parfaitement compris la stratégie de De Gaulle qui ne souhaitait pas que des groupes de résistants trop puissants et bien armés s’opposent, le moment venu, à sa volonté de prendre le pouvoir dès la libération et notamment le CNR.
Pour de Gaulle, Jean Moulin va beaucoup trop loin.Et en effet MOULIN commence même à « donner » des ordres à DE GAULLE, il est vrai aussi que MOULIN est entouré étroitement de communistes et l’ambition est que ce parti parvienne à terme au pouvoir, ce qui ne peut qu’irriter DE GAULLE et d’où…peut-être ? Le saura-t-on un jour ?Et quand on sait qu’HARDY ne voulait pas se rendre à la réunion de Caluire !…

JILL

De Gaulle n’avait pas à prendre le pouvoir à la Libération,il l’avait déjà dans le cadre du CNLF.Mais le risque de guerre civile n’était pas à exclure au regard des prétentions des communistes .

didile

Il y a des mic -mac invraisemblables des politiques en temps de paix pour sauver son poste ,comment évaluer l’ampleur des machinations ,des mensonges et des trahisons,
en temps de guerre quand il s’agit, en plus ,de sauver sa peau.
Saura-t-on jamais la vérité?
On espère que naîtront beaucoup de Franck Ferrand car nous n’avons pas » l’ombre d’un doute » mais la certitude de beaucoup de mystères.
.

montecristo

Hé oui Monsieur Gomez !
Mais combien de gens a t-on fait taire et combien d’informations n’a t-on jamais diffusées pour servir la légende de De Gaulle … grand libérateur de la France et grand visionnaire politique … qui n’a jamais travaillé qu’à sa plus grande gloire en l’asseyant sur le dos des autres ?

anonyme

et que fait macron lui pour nous libéré de tout ces gens là ? il passe sont temps à vadrouiller , je doute que lui fera ,un jour quelque chose pour la France si ce n’est la envahir