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Dans la France de Macron, bientôt des messes clandestines ?

 

Certains cathos vont encore à la messe. Mais oui. Malgré le pape François,  malgré la déchristianisation, malgré l’air ambiant, et bien que ce ne soit plus à la mode. Les églises sont certes ouvertes pendant le confinement, mais il n’y a plus de culte, confinement oblige.

Ils réclament donc, partout en France, de pouvoir aller à la messe le dimanche et ont manifesté pour cela hier. Avec de très bons arguments : le dimanche on peut aller acheter des clous dans un magasin de bricolage, ou n’importe quoi dans un supermarché. Alors pourquoi ne pourraient-ils pas aller à la messe ? Ils ne comprennent pas.

Car pour eux, il est vital dans leur vie d’aller à la messe. Et d’y être présent car le Christ leur fait l’honneur d’y être présent, leur a-t-on enseigné.

https://www.bvoltaire.fr/reportage-aller-en-cachette-a-la-messe-jamais-on-naurait-pense-avoir-ca-en-france/

En effet. Dans mon enfance c’était le contraire : on se cachait plutôt pour ne pas aller à la messe. Il fallait échapper aux dames catéchistes.

L’ennui, c’est que la hiérarchie catho ne soutient pas les cathos. Elle désapprouve les manifestations. Quand on est main dans la main avec le pouvoir macronesque, une manif, ça fait désordre. Surtout lorsqu’on prétend être en discussion  et privilégier la diplomatie. On sait ce que ces mots contiennent de soumission et à quel point ils ne débouchent sur rien.

Belle logique des clercs qui après avoir pendant des siècles martelé que la messe était o-bli-ga-toi-re, se déballonnent devant une soi-disant pandémie…

Mgr Dominique Rey, le dynamique évêque de Toulon, échappe à la règle et il a tweeté :

« La liberté de culte n’est pas négociable. Si commerces et écoles restent ouverts, les catholiques doivent avoir le droit d’assister à la messe ».

Mais il est bien seul parmi les évêques de la CEF, qui ne représentent plus qu’eux-mêmes. Tous les autres évêques sont pour l’aplatissement macronique et véranesque.

Ils ont, il est vrai, intenté un recours devant le conseil d’État le 5 novembre. « Ce recours n’est pas une décÉaration de guerre » a assuré le porte-parole de la conférence des évêques de France, Vincent Neymon. Eh bien, c’est dommage.

Car le Conseil d’Etat, fidèle à sa sinueuse mollesse habituelle, a décidé le 7 novembre  que l’interdiction était justifiée par la nécessité constitutionnelle de la protection de la santé. Et que l’atteinte portée à la liberté de culte n’était pas illégale.

Les catholiques n’avaient dès lors plus qu’un moyen de pression : la manifestation.

« L’appel à manifester n’envoie pas le bon signal pour notre Église » a dit l’évêque de Valence.

La Croix titre : « manif pour la messe : n’y allez pas, les enfants !… » Au moins cela a le mérite d’être clair.

Il y aurait trop d’arrière-pensées politiques derrière ces manifs et puis il faut respecter la prudence, le confinement, le gouvernement. L’auteur de l’article de La Croix, un certain Yves Durand (rien à voir avec moi) explique qu’il n’ira plus à la messe tant que le confinement durera.

On n’a décidément rien à espérer du côté de La Croix, désespérément politiquement correcte de gôoooche et décérébrée. Surtout depuis qu’elle a enlevé la croix qui décorait sa première page. Cela remonte à longtemps.

Le curé de Saint-Germain-en-Laye, lui, bel homme bien charpenté qui est la coqueluche de ces dames, s’est montré particulièrement tartuffe. Il a pondu un communiqué sybillin : en gros, allez-y si vous voulez, la messe, cela m’est égal.

Il a écrit sur le bulletin informatisé de la paroisse : « Comme vous le savez déjà certainement, une manifestation est organisée sur la place, devant l’église, dimanche après-midi. Je n’ai été ni informé, ni consulté directement par les organisateurs. C’est une initiative privée.

À chacun, en conscience, de se déterminer pour y participer ou pas, sans surtout que cela suscite des jugements entre nous, paroissiens, créant des divisions inutiles que personne ne peut vouloir. »

Mais les divisions, justement, ce sont des communiqués comme le sien qui les créent, en donnant des idées. Les jugements sont tout de suite tombés entre les piliers de cette paroisse, comme la vérole sur le bas clergé breton.

Les manifestations avaient reçu l’autorisation des diverses préfectures et s’engageaient à respecter l’ubuesque distanciation sociale. Donc le « rendez à César ce qui est à César » était respecté. Ne restait plus qu’à rendre à Dieu ce qui est à Dieu mais là, c’était une autre paire de manches pour nos curés collabos.

D’ailleurs, à Paris, la préfecture de police a interdit la manifestation. Pourtant, Paris vaut bien une messe… Darmalin avait prévenu qu’il enverrait mettre des amendes.

Il est vrai également que le Christ a dit : « quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. » Mathieu 18, 20.

Par voie de conséquence, exit l’argument de la présence réelle à la messe. On peut rester chez soi et invoquer la présence du Christ, ont dit les opposants, adeptes de Luther sans le savoir. Ils se sont mis à critiquer cette manif, assurant tout aussi bien prier chez eux, dans une sorte d’égoïsme assumé et de négation de l’enseignement reçu.

Reste quand même que les cathos sont en droit de manifester, comme n’importe quels citoyens, puisque l’État garantit la liberté de culte. Et si par la même occasion ils critiquent nos hommes politiques, il ne faut pas bouder son plaisir.

Avec des gens comme la hiérarchie catholique et ces cathos soumis qui critiquent la manifestation et s’abstiennent d’y aller, quitte à en cueillir les fruits après coup sans vergogne, l’Église n’a pas besoin d’ennemis.

Elle est fin prête à renouer avec le temps des catacombes.

Quant aux mosquées, à part celles de Montigny-le-Bretonneux et d’Issy-les-Moulineaux, qui, vexées par les mesures restrictives, ont carrément fermé, elles observent un silence opiniâtre. Qu’attendent-elles en paiement de ce silence ? On le saura assez rapidement.

Sophie Durand