Dans l’Indre, un médecin tunisien avec femme voilée refuse de parler à la femme de son garagiste

Publié le 20 août 2012 - par - 3 011 vues

L’autre jour, je vais récupérer mon véhicule chez mon garagiste dans l’Indre dont je suis proche. Madame F. épouse du garagiste reçoit toujours les clients avec un mot gentil, la plupart sont des habitués. il lui arrive d’être arrangeante quand les factures sont importantes. On aurait bien du mal à trouver une personne à qui Madame F.  pourrait déplaire.
Et pourtant ce jour là, madame F. déplut… Pas  à n’importe qui,  à un médecin des environs.  Irait-on imaginer que madame F. puisse déplaire à un médecin au point de refuser de lui parler. Il exigea de s’entretenir avec son mari. Pas même pour une question technique. D’origine tunisienne ce médecin accompagné de son épouse voilée, en bon musulman comme il se doit, a refusé d’adresser la parole à Madame F.qui en a été toute retournée. Ce n’est pas courant au fin fond du Bas-Berry.

A la campagne c’est  le désert médical. Il est  fait appel à des médecins étrangers à condition qu’ils ne soient pas trop exigeants quant aux conditions de travail, nombre important de visites à domicile dû aux personnes âgées principalement des veuves.
A ce moment du récit, on peut se poser quelques questions : comment fait-il avec ces patientes ? Avec le pool d’infirmières ? Le personnel féminin de la pharmacie ? Leurs parle-t-il seulement, et comment ?

Madame F en bonne commerçante ne se prive pas de raconter sa mésaventure avec sa conclusion : le prochain président de la république sera une femme énergique.

Le propre de la campagne sont les rumeurs et elles se propagent vite. “Ah bin si ce médecin refuse de parler aux femmes, on en verra un autre ”  Et le tour sera joué. Si d’aventure quelques associations bien connues en viennent à l’apparendre, aucun doute entendrons-nous : “ces berrichons qui croient encore aux sorciers sont des arrièrés racistes et xénophobes”. Il y a belle lurette que la sorcellerie est sortie des têtes et que la campagne dispose d’internet à haut débit, mais on n’a pas perdu l’habitude de se saluer  de se dire un petit mot gentil en passant et de se raconter une histoire.

Bernard Bayle

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