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Dans mon village, j’ai vu apparaître la première voilée : c’est foutu !

Un matin vous vous dites que tout est foutu.

Pourtant vous vous étiez fabriqué un petit nid douillet en pleine campagne, près d’un village* bien calme, aux maisons dominées par une belle église romane aux murs peints… Pourtant vous aviez l’impression d’être encore dans la douce France si bien chantée par Charles Trenet… Pourtant vous aimiez entendre l’été le bruit des moissonneuses batteuses et voir les troupeaux des belles vaches charolaises… Pourtant vous aimiez séjourner près de ces gens rudes et durs à l’ouvrage, si dévoués à leur famille, toujours prêts à rendre service… Pourtant vous pensiez que vous pouviez y être à l’abri des désordres migratoires des grandes villes…

Pourtant vous les aviez déjà vus, depuis plusieurs années, envahir les brocantes de l’été dans tous les villages de la région, polluant de leurs silhouettes obscènes, trainant leur progéniture brailleuse, marchandant sans vergogne… Pourtant vous saviez qu’ils vivaient non loin de là, dans les « zones sensibles » des villes proches, là où fleurissent les mosquées et les associations idiotes utiles… Pourtant vous n’ignoriez pas que les hyènes syndiquées du « camp du bien » et les vautours subventionnés du « vivre-ensemble » oeuvraient avec acharnement à la destruction de notre France moribonde… Tout cela vous le saviez et, vous mentant à vous-même, vous tentiez de vous convaincre : « Ici c’est un petit refuge, un havre de paix, la vraie vie, comme avant, comme du temps où les filles pouvaient partout laisser leurs cheveux au vent et leurs bras au soleil, comme du temps où on pouvait se foutre des péroraisons laïques des vieux débris de la Libre Pensée et des sourates priapiques de Tariq Ramadan, car elles n’existaient pas, on vivait, c’était tout et c’était beaucoup ! »

Pourtant vous saviez que partout, dans chaque recoin de France, dans chaque village, la gangrène islamique avançait, parée de ses oripeaux de tolérance fétide, adoubée, encouragée, promue, devancée dans ses exigences, désirée même jusqu’à l’extase…Pourtant vous étiez  lucide et bien souvent vos interlocuteurs encore malvoyants fustigeaient vos propos véhéments ; pourtant vous connaissiez cet accablement, cette aigreur, cette révolte qui vous assaillaient à chaque fois que vous croisiez en ville ces corans ambulants en voile ou en kamis ; et ces sentiments cruels ne vous quittaient jamais, sauf peut-être, justement, quand vos mains libératrices aimaient à tailler, tondre, nettoyer ce cher petit coin de terre…

Et un jour vous vous dites que tout est foutu.

Parce qu’un matin, à l’arrêt du car qui rejoint la ville, vous l’avez vue, rayonnante, joviale, bavardant avec un habitant, et arborant son étendard, un hijab rouge vif aux paillettes dorées !

Vous saviez que le maire et son conseil municipal s’étaient portés volontaires pour accueillir deux familles de « réfugiés » syriens, vous saviez que de bonnes âmes oisives s’étaient précipitées pour les choyer avec gourmandise, et vous espériez encore que, peut-être, elles seraient  chrétiennes…

Et ce jour-là vous résistez pour qu’à la colère et à la révolte ne s’ajoute pas le désespoir…

Danielle Moulins

*Ce village existe, son maire et ces familles syriennes musulmanes aussi et chacun comprendra qu’il m’est difficile d’en dire plus…