Darmanin a expliqué que son modèle, c’était le capitalisme américain

La prestation de Gérald Darmanin hier soir sur A2, est la copie conforme de Macron Premier depuis sa candidature. Or cette politique est claire et abondamment expliquée depuis des mois. C’est le fer de lance de Macron pour modifier complètement le paysage social français.

Nous avons devant les yeux un modèle presque copié-collé du capitalisme à l’américaine, dernièrement encore plus accentué par Trump. Malheureusement, les Français ne sont pas prêts à accepter ces changements brutaux parce qu’ils ne connaissent en rien ce qu’est le capitalisme aux Etats-Unis. L’économie de marché n’est jamais expliquée au cours de la scolarité des élèves français contrairement à l’éducation américaine.

Laissez-moi vous raconter une anecdote peu banale qui s’est déroulée (entre autres villes) dans une école primaire à Cedar Rapids, Iowa en 1976. J’habitais cette ville et y enseignais à l’université locale depuis de nombreuses années. Mes filles allaient à l’école élémentaire et j’étais devenu le « PTA President », président des parents d’élèves, suivant de près le curriculum de l’école.

Un jour, le principal, un dénommé Churchill (sic), m’appelle pour me faire part de son projet. Je le rencontre dans son bureau à la Roosevelt ESchool pour en discuter. Il m’expose alors son intention d’organiser une « Corporation week », la semaine de l’entreprise à laquelle participeraient tous les élèves de « 4th and 5th grades » équivalent des CM1 et CM2 chez nous. Soit un total de plus de cent enfants.

Intrigué, je lui demande des explications : elles sont simples. Les élèves se regrouperont par 5 et formeront une société. Ils réfléchiront d’abord au nom de leur entreprise et du but de cette formation. Puis ils désigneront à l’intérieur du groupe le président, le vice président et le trésorier, les deux autres étant membres du conseil d’administration. Une copie réaliste du système capitaliste américain. De plus, chaque entité pouvait chercher des sponsors non pas pour de l’argent mais pour des conseils dans l’élaboration de leur projet.

Ma fille qui avait alors neuf ans forma avec des copines un groupe qu’elle appela « Green Rental ». L’idée pour elle qui aimait la nature, était de louer des plantes vertes pour décorer les futurs bureaux qui allaient se constituer dans les salles de classe, environ 4/5 corporations par pièce. Avec les membres de son « Board », son conseil d’administration, elle contacta plusieurs pépiniéristes de la ville pour savoir lequel les aiderait. Elles en trouvèrent vite un qui, après négociations, proposa tarifs et conditions.

Il ne leur fallait plus qu’à vendre ou à louer et ce sont les commerciaux qui s’en chargèrent.

D’autres sociétés se créaient : transport, investissement, conseil en tous genres, ventes de toutes sortes. Le lundi de la semaine « Corporation week » tout était prêt. Chaque groupe partait avec un capital de 100 dollars (fictifs).

Le vendredi, tout se terminait et des bilans étaient dressés par les élèves. Plusieurs groupes avaient déposé le bilan le jeudi et avaient été pris en main par des businessmen et women qui leur expliquèrent où ils avaient pêché. Une excellente leçon pour les perdants.

Le vainqueur de la semaine a été le groupe d’investisseurs à acheter et vendre les actions des sociétés, chaque action au départ valant UN dollar donc cent pour chaque groupe. Le président de ce groupe avait 9 ans et depuis plusieurs années, il avait son propre fonds d’investissement, aidé en cela par son père banquier. Il achetait et vendait des actions en expliquant que lorsqu’une action augmentait de 3%, il vendait et rachetait quand elle baissait de 3%. En un an il atteignait un gain de près de 40% !!!

Son groupe se retrouva avec 219 dollars soit un gain de 119 !

Le groupe de ma fille s’en sortit bien avec 118 dollars soit 18 dollars de gains !

Puis le curriculum normal reprit.

Les petits Américains sont donc entrainés à vivre dans une société de libre marché et de formations de « start-up », ce qu’ignorent totalement nos petits Français qui en savent plus sur Louis XIV que nos chers yankees.

Pour être encore plus réaliste, je vais parler de la création d’entreprise que j’ai vécue. J’ai fondé sept sociétés .inc pendant mes 25 ans en Amérique. Une société mère, celle qui trouvait les clients et formait un important capital et 4 sociétés sous-traitantes qui géraient des fonctions de la principale. Gros avantage : vous répartissez les bénéfices entre plusieurs groupes et diminuez nettement vos impôts. Exemple : une agence avait été constituée pour s’occuper uniquement des réservations avions, hôtels, trains, locations voitures pour les employés de la maison mère. Cette agence faisait des bénéfices car les tarifs étaient fixés par l’agence.

Autre avantage : si la maison mère ou un sous traitant était affecté par une difficulté : juridique, financière, fiscale, seul ce sous-traitant avait un problème, pas les autres. Il s’agissait alors de le larguer en créant un autre sous-traitant.

Ainsi avec un capital de 100 euros au départ,  la valeur de la maison mère fut multiplié par plus de cent fois en 15 ans !

En un mot, c’est le système que veut imposer Macron à la France. Il est équipé pour par son expérience de banquier d’investissement, son obnubilation pour les Etats-Unis et sa détermination d’avancer.

C’est ce qu’a expliqué Darmanin hier sur France 2 mais pas beaucoup n’ont compris le sens de son intervention.

André Girod

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19 Commentaires

  1. « L’intrusion » de l’entreprise dans les Ecoles de commerce devient la règle.
    Pourquoi pas avant ? Mais « gagner du fric » en France est immoral ! L’enseigner ???
    Assistance et Redistribution sont nos deux mamelles…

  2. Géopôles avec André Bercoff / Donald Trump : un an après, le premier bilan (VIDEO TV. LIBERTES)

    Un an après, voici l’heure d’un premier bilan :
    Donald Trump est toujours là, il est à 42 % d’opinion favorable malgré les attaques incessantes et violentes dont il fait l’objet de la part des grands média américains. La situation économique est très satisfaisante avec un chômage presque inexistant. Quant à la puissance américaine dans le monde, elle ne se dément pas.
    Mais tout cela n’empêche pas une guerre ouverte que lui ont déclarée ses adversaires. Peut-on parler de démocratie à géométrie variable ?

    https://www.tvlibertes.com/2018/03/15/22125/geopoles-donald-trump-an-apres-premier-bilan

  3. Darmanin , Macron et consorts sont des chefs d’ entreprise . Pas des chefs d’ Etat .

  4. « L’economie de marché n’est jamais expliquée aux élèves français contrairement à;l’éducation américaine ». Avec des profs marxistes, ça vous étonne? Non, en France, les profs marxistes comme les curés naguère préfèrent dire aux jeune que gagner de l’argent c’est,pipi caca, que ceux qui s’enrichissent sont forcément des escrocs, pas mieux pour faire un peuple de jaloux frustrés!

  5. Macron pourrait aussi légaliser l’avortement par des entreprises privées. Ainsi, on verrait apparaître en France des chaînes de cliniques d’avortements privées comme c’est le cas aux USA. L’avortement deviendrait, comme aux USA, un gros business juteux (blood money, vous connaissez l’expression je suppose…). Même, il pourrait le légaliser dans certains départements, comme c’est le cas aux USA dans certains Etats (par exemple le Kansas), jusqu’à 9 mois. Je pourrais continuer longtemps à donner des exemples. Pour terminer, si votre article est certainement exact, la conclusion est totalement fausse: Macron n’est pas obnubilé par les USA. Il n’est obnubilé que par une maigre facette de l’Amérique, à savoir le capitalisme sauvage et débridé.

    • Vous irez expliquez aux filles violees ou victimes d’inceste que l’avortement est un « business juteux ». Bon courage !

      • Vous devriez lire « Aborting America » écrit en 1979 par Bernard Nathanson, qui a participé à 75 000 avortements. Oui, l’avortement est un business très juteux aux USA. Vous croyez que les avorteurs sont des Mère Térésa ???

      • Comme c’est privatisé aux USA, il y a des chaînes de cliniques d’avortement, comme des McDonald’s… (Planned Parenthood) et ce qu’on vend, c’est un avortement… donc la fille enceinte qui y entre, on en a rien à foutre de son bien-être physique, moral et mental, il faut qu’elle avorte impérativement (puisque c’est ce qu’on VEND dans ces cliniques, un AVORTEMENT), et mieux encore, l’idéal, c’est que la cliente revienne… Renseignez-vous au lieu d’écrire des stupidités

        • Il faut aussi arrêter avec la sante soit disant “inhumaine” aux USA. Mon fils a été soigné à l’hopital a Los Angeles et je n’ai rien payé du tout! Bon, bien sûr j’avais pris une sur-assurance mais faut savoir ce qu’on veut. Pour l’avortement, bien sûr ça a un coût, les cliniques ne travaillent pas gratis et question “bien être physique et mental” que pensez vous d’un médecin en raison de ses croyances mormones refuse d’avorter une fille violer par son oncle comme je l’ai vu à Tahiti?

          • Je ne vois pas le rapport. Je vous explique qu’à Planned Parenthood, ON VEND DES AVORTEMENTS. Toute femme qui entre dans la clinique doit ressortir avortée. Peu importe les circonstances de sa grossesse. Et idéalement elle doit revenir avorter périodiquement. C’est un bizness. Il n’y a aucun état d’âme. Il faut avorter à tour de bras, et plus la clinique pratique d’avortements, plus le fric entre dans les caisses. C’est pas difficile à comprendre (sauf pour un âne). Un concessionnaire auto, ça cherche à vous vendre une bagnole à tout prix. Logique. Là c’est une clinique d’avortement. Le but est que la femme enceinte qui téléphone vienne avorter dans 100% des cas. Peu importe les circonstances de sa grossesse.

            • Et alors? Personne ne vous oblige à aller dans une de ces cliniques à ce que je sache. C’est ça l’Amerique, la liberté de faire ou de ne pas faire, c’est pas comme en France ou on assiste les gens comme des enfants. In fine, chacun a son libre arbitre et’est responsable de ses actes, c’est cela être adulte et citoyen, c’est pas difficile à comprendre, même un âne peut le comprendre!

          • Aux Etats-Unis avec une assurance même français comme Europe Assistance vous êtes couverts pour vos soins. L’expérience que j’ai eue était dans notre programme de la classe franco américaine: plus de 35 000 petits Français de CM2 ont séjourné aux Etats-Unis pendant trois semaines de 1978 à 2000. Toutes les hospitalisations ont été intégralement payées par la Sécu ( faible proportion) et l’assurance.

  6. Mais allons plus loin. Macron, obnubilé par les USA comme vous le prétendez, pourrait également copier l’Amérique et autoriser la vente libre des armes, et même le port d’armes dans certains départements Français, comme c’est le cas dans certains Etats Américains. Il pourrait également copier l’Amérique, où la liberté d’expression est totale, où vous pouvez vous promener en arborant une svastika et et affirmer qu’Auschwitz était un Club Med. Mieux encore, il pourrait autoriser les mouvements du type Ku Klux Klan.

  7. Alors qu’est-ce qu’attends Macron, obnubilé par les USA comme vous le prétendez, pour copier son système judiciaire ? En France, 1 personne sur 1000 est en taule. Aux USA, c’est 1 sur 100. donc, pour avoir le même ratio qu’aux USA, ça nous donne en France 660 000 détenus, au lieu des 66 000 actuels… J’ose prétendre que si nous avions en France 660 000 racailles en taule, on ne parlerait plus d’insécurité, d’agressions pour une cigarette ou un regard de travers, d’ensauvagement. Dans un pays comme les USA, on n’aurait jamais plus entendu parler d’un gus comme Jawad, alias Century 21, pour la simple et bonne raison qu’il serait en taule à vie après avoir découpé son meilleur ami au hachoir.

  8. Le matérialisme américain le plus trivial promu comme modèle pour tous et partout…
    Seulement, ces abrutis qui prétendent gouverner le monde ignorent que les hommes ne peuvent être réduits à une fonction économique, des pièces d’engrenage du monde marchand.

    • Non, le matérialisme le plus,trivial est en Chine ou en Russie pas aux USA;

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