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Darmanin chez Pascal Praud : capitulation en rase campagne contre l’islam

Lundi 1er février 2021, à l’occasion de l’examen du projet de loi « confortant le respect des principes républicains » – là où il aurait fallu avoir le courage de parler de l’islam et rien que l’islam –, Gérald Darmanin s’est offert un satisfecit à peu de frais dans l’hémicycle clairsemé de l’Assemblée nationale lors d’un discours lénifiant à souhait.

Car ce n’est pas une loi qui stoppera l’intégrisme mais une démonstration de force sans états d’âme. Ce à quoi la veulerie des pouvoirs publics en la matière ne nous prépare pas. Quant à Darmanin, il est toujours bon de rappeler qu’il est accusé de viol, même s’il dénonce de « fausses fuites » dans les médias…

Ce mardi 2 février, le ministre de l’Intérieur s’est frotté à L’Heure des pros, sur CNews, émission animée par Pascal Praud – lequel est intelligent quand il n’est pas bête, ce qui n’est pas toujours le cas ! Notons que CNews étant devenue la chaîne d’information qui monte, de plus en plus de têtes couronnées par Macron souhaitent désormais s’y faire voir.

« Le mot “islam” n’est jamais cité, le mot “islamique” n’est jamais cité », s’étonne Pascal Praud dans son entrée en matière. Darmanin lui répond avec conviction : « Ce n’est pas le seul des séparatismes que nous devons combattre. » Et de pointer le danger des survivalistes et suprémacistes blancs, entre autres…? D’accord, un survivaliste a récemment assassiné trois gendarmes dans le Puy-de-Dôme, mais combien de morts dus à l’islam ?! Le tueur serait d’ailleurs une « caricature du survivalisme » selon des spécialistes de la question. Quoi qu’il en soit, l’argument de Darmanin est malhonnête.

Rapidement, le ministre nous assène « que l’islam est compatible avec les valeurs de la République ». Et de vanter sa loi famélique, fort d’un livre qu’il vient de commettre : Le séparatisme islamiste. Il explique même, toute honte bue, que les associations de défense des migrants ne seront pas visées dans ladite loi, quand bien-même c’est un délit de faire entrer illégalement en France des étrangers.

Charlotte d’Ornellas, pour tempérer ses ardeurs à lutter contre tous les séparatismes, rappelle que l’Église catholique fonctionne très bien sans qu’il soit besoin de tout balayer : « Toutes les religions s’inquiètent alors qu’une partie d’une seule pose problème. » Inquiétude notamment liée à la remise en cause de l’enseignement à domicile.

Darmanin tort alors l’Histoire de France pour argumenter, remontant au gallicanisme du temps de Philippe Le Bel, « qui concerne l’Église catholique de France, considérée comme jouissant d’une certaine indépendance à l’égard du Saint-Siège » (Le Petit Robert). Il va jusqu’à citer en exemple la Révolution en matière de tolérance religieuse ! Les prêtres réfractaires, les Chouans et les Vendéens apprécieront outre-tombe…

À la proposition d’un syndicaliste du personnel pénitentiaire de mettre tous les détenus radicalisés ensemble pour qu’ils ne contaminent pas les autres, Darmanin balaie cet argument censé qui permettrait pourtant de les avoir tous sous la main dans un seul endroit et ainsi mieux les contrôler. Pour ceux qui sont dans la nature, le ministre déclare : « Je peux assurer qu’ils sont tous suivis. » Ce qui est faux, car il faudrait pour cela des milliers de policiers dédiés à cette seule surveillance.

Charlotte d’Ornellas soulève alors le problème de l’immigration et des naturalisés qui ont décidé de combattre la France. Elle pointe aussi le refus coupable d’imposer l’assimilation et ce, depuis plusieurs années. En face, l’islam « propose des repères » et assimile, démontre-t-elle à juste titre. Réponse de Darmanin : « Discours excessif »

La question du voile tombe, « preuve de séparatisme », souligne Pacal Praud. Là encore, Darmanin botte en touche en citant la mère du soldat tué par Merah, Latifa Ibn Ziaten. Une belle et bien pratique vitrine que cette femme !

L’entretien se conclut sur le conseil de défense : « Est-ce qu’enfin on admet l’idée que la santé ce n’est pas simplement lutter contre le Covid ? » demande Pascal Praud, avec certainement en tête les drames qui sont en train de se jouer à cause de décisions hâtives et incohérentes sur ce sujet. Darmanin ne répond pas vraiment, salue ses collègues incompétents, mais laisse toute le monde dans le flou, sans aucune perspective claire pour le proche avenir. « Nous sommes un pays qui a bien géré la crise », claironne-t-il. On n’obtiendra pas mieux, au grand dam de Serge Grouard, maire d’Orléans qui voulait confronter Darmanin aux impérities de l’exécutif.

Enfin, pour répondre à la question centrale posée par Pascal Praud en débriefing de l’entretien avec Gérald Darmanin, il y a peu de chances que dans vingt-cinq ans la question islamique soit réglée. Car l’islam a pour lui la démographie tandis que l’Occident vieillit inexorablement. Sauf à accepter de mener le combat libérateur. Mais pas dans vingt-cinq ans : maintenant !

Charles Demassieux