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De Gaulle et Macron sont les seuls Français à avoir réussi un putsch


« La guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires »
(Georges Clemenceau).
« Il était de ces généraux qui lisent leur victoire… le lendemain dans les journaux. »
(Jean Giraudoux).
« Les seuls généraux qu’on doit suivre aux talons/Ce sont les généraux des p’tits soldats de plomb. » (Georges Brassens).

Le 11 novembre est la journée d’hommage à nos morts de la Grande Guerre : ce million et demi de Français, tombés au champ d’honneur en défendant notre patrie.
Mais cette année, le 11 novembre, nous l’avons vécu confinés, claquemurés chez nous, avec un ausweis obligatoire qui nous autorisait juste une heure de sortie, dans un rayon d’un kilomètre autour de notre domicile. Je n’ai donc pas coiffé mon béret rouge pour me rendre au monument aux morts. J’ai mis à profit cette « assignation à résidence » forcée pour lire les déclarations enflammées de quelques généraux « va-t-en guerre », qui nous invitent, avec de belles envolées patriotiques, à nous révolter.

Quelques-uns de mes lecteurs ne comprennent pas pourquoi je ne crois absolument pas à une reprise en main du pays par un général, Pierre de Villiers ou un autre (1).
Nos concitoyens, désabusés, rêvent de l’arrivée au pouvoir d’un « homme providentiel » capable de remettre de l’ordre dans le vaste souk qu’est devenu leur pays. Et certains appellent de leurs vœux une dictature militaire avec, à sa tête, un général. Pour ma part, je reste intimement persuadé que le général de Villiers n’a pas la moindre envie d’endosser le costume de Pinochet, pas même celui de Bugeaud dont les méthodes « musclées » pacifièrent l’Algérie.
Et puis, l’histoire nous a appris que la droite est beaucoup trop sentimentale pour réussir un coup d’État. Elle crève de ses scrupules, de sa pudibonderie de rosière et de ses états d’âme.

Le putsch des généraux du 21 avril 1961, à Alger, aurait pu réussir s’il avait eu, à sa tête, des révolutionnaires: Château-Jobert, Argoud, Sergent, Montagnon, Le Pivain, Degueldre…etc.
Le coup d’État de Sankara au Burkina Faso ou la « Révolution des œillets » au Portugal ont abouti car les meneurs étaient des capitaines, jeunes, marxistes et donc… sans scrupules.

À droite, en dehors de la prise de pouvoir par Franco, on peine à trouver des succès.
Mais, en juillet 1936, Franco était déjà général et il avait 44 ans (2). Franco, qu’on l’aime ou qu’on le déteste, c’est l’homme qui a sauvé le catholicisme espagnol et rétabli la monarchie.
En France, il faut remonter au 18 brumaire, an VIII (9 novembre 1799) pour voir un général réussir un coup d’État. Encore que le 18 brumaire n’aurait jamais réussi sans Murat et Joseph Bonaparte, mais ceci est une autre histoire.

Depuis le 18 brumaire, la France a connu quelques tentatives de putsch.
Celui du général Boulanger (28 janvier 1889) a avorté ; celui du colonel de Laroque (6 février 1934) idem ; la « semaine des barricades » d’Alger de janvier 1960 a fini en débandade, le putsch des généraux Salan, Jouhaud, Challe et Zeller (21 avril 1961) a tourné au fiasco.
Le seul putsch réussi aura été le retour au pouvoir du « Grand Charles », le 13 mai 1958. Mais de Gaulle n’était pas général (3) et il s’est bien gardé de se salir les mains dans cette affaire.

Le second putsch réussi c’est incontestablement l’élection d’Emmanuel Macron.
Mais ce freluquet a beau clamer aux militaires « C’est moi le chef », et fanfaronner dans sa combinaison d’aviateur faite sur mesure, ça n’en fait pas un général, pas même d’opérette.
Il y a des similitudes entre le 13 mai 1958 et l’élection d’Emmanuel Macron : une volonté de la finance apatride d’imposer SON candidat, un délitement des partis politiques traditionnels, et une incapacité du pouvoir à venir à bout des problèmes des Français…

Que penseraient les grandes figures de la droite d’avant-guerre – les Charles Maurras, Léon Daudet, Jacques Bainville et consorts – qui reprochaient à la « Gueuse » d’être inféodée aux Juifs et aux franc-maçons, du putsch soft qui a porté aux affaires ce jeune gandin mégalomane, totalement inexpérimenté, cette gravure de mode au physique de « gendre idéal », jamais élu nulle part, et qui n’avait ni légitimité ni la moindre compétence pour prétendre aux plus hautes fonctions de l’État ?

Ils y verraient un complot ourdi conjointement par les « fils de la veuve » et ceux de Canaan.
Des gens, souvent ralliés de fraîche date à Macron, me prient de lui concéder des qualités de fin stratège dans sa conquête du pouvoir. Et bien NON ! Car tout est « bidon » dans cette affaire : ce type est la marionnette du Nouvel ordre mondial. Fabriqué puis soutenu par « l’argent apatride », les médias                    « européistes », les Drahi, Attali, DSK, etc. il aura réussi un tour de force, un coup d’État sans faire couler une goutte de sang.

Après son élection, la cérémonie dans la cour du Louvre, devant le triangle éclairé – symbole maçonnique s’il en est – c’était aussi un remerciement aux       « frères la gratouille » auxquels il doit, incontestablement, sa victoire. Des tas de gens n’ont pas compris que l’élection de Macron, c’était le grand retour de la « République des franc-maçons » (4).

Avec l’appui (illimité) de la finance, de la presse et des loges maçonniques, on peut penser (on peut craindre !) que Macron ne soit aux affaires pour longtemps.
Aussi, sans être pessimiste – mais n’étant pas tout à fait idiot – je pense que tous ces vieux généraux qui prêchent « Armons-nous et partez ! » ont simplement envie qu’on parle d’eux.
En effet, soit ils sont sincères. Alors, ils savent que sans parti et sans argent on ne peut pas prendre le pouvoir démocratiquement. Ils n’ont d’ailleurs aucune chance d’obtenir les 500 signatures qui leur permettraient d’être candidat à la magistrature suprême. Soit ils rêvent d’un putsch, mais ils n’ont pas de troupes derrière eux (et pas toujours le charisme pour qu’on les suive). Leurs supporters, leurs soutiens, ont généralement leur âge (5) : le déambulateur ne me semble pas l’arme idéale pour mener un assaut !

Je note d’ailleurs que plusieurs de ces « va-t’en guerre » se déclarent apolitiques et attachés aux sacro-saintes « valeurs républicaines ». Or notre pauvre France aurait vraiment besoin d’un chef, pas d’un vieux sénateur centriste ou « rad-soc » en uniforme.
Qui nous sortira de la panade (et en sortirons-nous un jour !) ? Je n’en sais rien !

Macron, en revanche, pourrait quitter le pouvoir. Si sa mégalomanie tournait en paranoïa, peut-être que les forces qui l’ont fait élire décideraient de miser sur un autre cheval ? D’autant plus qu’elles s’aperçoivent que leur bourrin a les défauts du mulet et le caractère entêté d’un âne.
Mais ils le remplaceront aussitôt par un autre pantin, fait dans le même moule, pour faire la même politique. 80 % des textes qui régissent notre vie nous sont imposés par Bruxelles. Depuis le passage à l’euro, la France ne bat plus monnaie ; elle n’est donc plus une nation. La France d’antan, indépendante, conquérante, puissante et riche, est en train de mourir de n’avoir pas compris qu’on ne peut pas défendre l’Occident chrétien à coup de laïcité maçonnique.
Tout ceci n’est guère réjouissant, je vous le concède. Il nous reste le droit de rêver (puisqu’il n’y a pas encore de taxe sur les rêves), d’espérer ou… de prier Jeanne d’Arc.
Après tout, elle a déjà sauvé le France, non ?

Éric de Verdelhan

1)- Voir mon article « De gaulle, un homme de droite ? » du 9 novembre  2020.
2)- Après avoir été le plus jeune capitaine, puis le plus jeune commandant et le plus jeune colonel de l’armée espagnole. Franco était un chef, et il serait injuste de lui reprocher d’avoir remis sur le trône un roi franc-maçon (et de surcroît malhonnête).
3)- Nommé général à titre temporaire en juin 1940, il était rétrogradé au grade de colonel un mois plus tard par le général Maxime Weygand.
4)- C’est ainsi qu’on surnommait la IIIe République.
5)- Ne voyez aucune ironie dans cette remarque. J’ai 71 ans. Je fais, hélas, partie de cette population de retraités que Macron et Aurore Berger n’aiment pas.