De la cécité perpétuelle sur la crise actuelle

Publié le 22 décembre 2018 - par - 6 commentaires - 805 vues
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Selon l’actuel secrétaire de la CFDT, la crise déclenchée par la révolte dite des Gilets jaunes, qu’il juge uniquement « sociale », serait sans lien  (dit-il dans ce tweet dont il faut lire aussi les réponses très intéressantes dont celle de Dominique Reynié) avec la question de l’immigration, y compris lorsqu’elle fut intégrée, du moins avant le rétropédalage gouvernemental, dans l’un des cinq thèmes prévus à débattre sous le vocable « immigration et identité profonde ».

Mais dans ce cas, la revendication visant à plus de transparence politique via l’emploi plus fréquent du référendum serait, elle aussi, « sans lien ». Il s’avère pourtant qu’il n’en est rien, la population concernée étant désireuse de plus de contrôles directs, voire de participation active à la façon des Grecs et des Romains si admirés par Rousseau.

D’ailleurs on peut se demander si le supposé affaiblissement des « corps intermédiaires » ne viendrait pas de leur manque criant à ce sujet, et, comme les institutions sont vivantes, elles demandent à être renouvelées, d’où le fait de ne pas être étonné de voir de nouveaux corps intermédiaires surgir, ne serait-ce qu’une nouvelle presse libre, l’ancienne, aux ordres, s’empressant de la désigner « d’extrême droite » bien sûr…

Pourquoi n’en serait-il pas de même concernant la légitimité de la question migratoire ? C’est tout autant une question « sociale » en ce sens où elle participe de façon certes complexe aux problèmes économiques et politiques de l’heure, dans la mesure où sa présence fait par exemple nettement pression sur l’échelle des salaires en favorisant les emplois à faible qualification, permettant dans ce cas d’embaucher plutôt des immigrés car une part des cotisations sociales sont prises en charge par l’impôt, ce qui force les petits et moyens entrepreneurs français à se cristalliser surtout sur des emplois de bas et milieu de gamme (quitte à organiser un turn over afin de bénéficier en permanence de cette « manne » de l’exemption) car autrement le coût des cotisations sociales serait trop haut pour du haut de gamme fait en France, d’où la destruction du travail qualifié en France (et les robots n’ont rien à y voir).

Ainsi, s’il existe bien moins qu’en Allemagne des ETI (Établissement de Taille Intermédiaire) n’est-ce pas parce qu’en franchissant certains seuils (9,10, 11, 50…) il ne s’agit pas seulement de protection sociale pour les salariés mais aussi de coûts à assumer (sans parler des impôts dits de « production » à payer sans avoir produit quoi que ce soit) alors que la concurrence peut être rude, en particulier pour des chaînes de produits dont l’assemblage peut être plus ou moins onéreux selon la filiation à tel ou tel grand groupe basé ou non en France…

D’où la nécessité de rentrer dans les détails des sous-traitances, du pourquoi des circuits longs alors qu’il serait si simple en apparence d’acheter son lait à la ferme au lieu de le voir revenir au supermarché via un détour par la Belgique ; qu’est-ce qui est effectivement assemblé en France et ailleurs pour chaque produit, pourquoi le porc breton va-t-il se faire tuer en Pologne et revient-il en barquettes en France, via sans doute encore d’autres étapes?… N’est-ce pas pour échapper quelque peu à la machine devenue folle des taxes incessantes (et au fait que dans les abattoirs, les préposés ne veulent pas toucher à du porc) ?…

On pourrait analyser aussi le tracé de l’ingénierie et le design ; ne sont-ils pas également faits ailleurs, du moins hors grandes entreprises, car trop chers en France en matière de cotisations salariales pour certains produits ?….

En fait cette série de questions annonce l’idée que tout l’édifice dit « social » bâti depuis 1945 est à revoir puisque c’est en réalité à cause de son coût qu’une telle internationalisation et une telle fixation sur le bas et milieu de gamme se justifie (hors mode et luxe). De plus ce modèle craque de toute part, à voir les urgences, la désertification, les profs mal payés, les policiers, les militaires, obligés de s’acheter un équipement personnel plus adapté, la justice à l’abandon, etc.

L’approche d’emblée positive sur l’immigration propagée par la propagande liée à cet édifice « social » en panne n’est alors que l’arbre qui cache la forêt, sous le prétexte qu’elle permettrait à ce système de bas et moyenne gamme en produits de continuer d’une part, tout en permettant d’autre part à ce que les pays d’origine survivent quelque peu grâce à l’envoi d’argent de leurs ressortissants ainsi immigrés ; sauf que ce système implique d’avoir neuf à dix millions de chômeurs sur place tandis que certains secteurs sont en panne de main d’œuvre qualifiée

Généralement il est dit que les Français ne veulent pas travailler dans les métiers salissants et déconsidérés, d’où la nécessité de cette immigration, sauf que dès que l’on augmente les salaires de manière conséquente on voit par exemple à Lyon des éboueurs de toute origine. Mais Lyon est riche…

Tablons néanmoins que si l’on organise autrement la répartition du coût des cotisations sociales pour les entreprises privées, on verrait nombre de métiers peu qualifiés être convenablement payés, attirant dans ce cas des chômeurs non immigrés, tout en sachant cependant qu’il faut les articuler avec de la formation qualifiée afin que cela reste temporaire pour une partie de cette population qui désirerait « progresser » ; car si ce n’est pas le cas, certains vont vite faire le calcul d’alterner contrats courts et chômage plus travail au noir ; sauf que cela ne paye plus au bout d’un moment, avec l’augmentation des taxes, d’où sans doute la crise des Gilets jaunes qui s’explique, aussi, en partie par là…

Mais revenons à l’immigration : celle-ci profite donc du choix français pour le bas et milieu de gamme du fait du coût du travail onéreux. Sans oublier le manque de formation effectif et la mauvaise articulation entre emploi et formation liés aux errements de l’Éducation nationale depuis des décennies ; dans ces conditions, les enfants de seconde troisième et quatrième génération étant mal formés et entraînés dans des pratiques scissionnistes, propagées au départ par les gauches municipales diverses et l’extrême gauche en forme d’aiguillon, vont peu à peu pour une part s’affilier à des comportements extrêmes liés au banditisme et également laisser faire laisser passer l’appropriation culturelle musulmane financée par les wahhabites et les frères musulmans en concurrence (personnifiée par la tension de plus en plus lourde entre l’Arabie Saoudite et la Turquie).

Cet imbroglio à la dérive a créé dans certains endroits la situation que l’on connaît. Or, au lieu de s’approprier ce fait et d’observer qu’augmenter l’immigration ne va pas résoudre la question (d’autant que l’irrégulière reste sur place), immédiatement la première réaction des puissants et de leurs sbires consiste à traiter « d’extrême droite » toute personne qui fait mine de s’y intéresser, car le terme est encore suffisamment chargé (croient-ils) en substance négative ; sans se rendre compte que les conditions actuelles, à la fois économiques et aussi idéologiques, ne font qu’empirer toutes ces questions, sans que l’on puisse dire vraiment que le racisme soit le premier facteur de la crise sociale et politique actuelle. On est loin de la chasse aux journaliers italiens dans le sud de la France à la fin du 19e siècle, et de l’animosité envers les mineurs polonais dans les années 30. C’est ce que ne comprend pas un Bergé de la CFDT.

En fait son incompréhension est triple :

1/ il ne voit pas pourquoi le tissu industriel français est vampirisé structurellement par un modèle social à bout de souffle, reposant sur du bas et milieu de gamme, alors qu’il faudrait créer des synergies public/privé de qualité, permettant d’ailleurs de ne pas opposer offre publique (recherche fondamentale) et offre privée d’une part ; d’autre part en faisant en sorte que le coût des cotisations sociales repose, progressivement, sur autre chose que le salaire et les taxes, par exemple sur des capitalisations, des mises en concurrence, et, surtout, à court terme, sur la remise à plat de toutes les aides, en particulier leur égalité absurde qui concerne par exemple petites comme grandes entreprises, d’où la nécessité de toucher la Constitution sur ce point ; par ailleurs il est de bon ton de se moquer de « la » finance, sauf que le gouvernement français en place est bien content de trouver annuellement au moins 200 milliards pour boucler son budget (tout en payant plus de 42 milliards d’intérêts annuellement). Or imaginons que cela soit des fonds de pension français qui soient à même de prêter ainsi, on verrait alors qu’il serait possible de baisser les cotisations puisque cela serait compensé par des dividendes perçus, sans oublier que ces mêmes fonds de pension, en se mutualisant, pourraient s’investir ailleurs, tout en aidant les plus démunis.

2/ Sauf que cela nécessiterait de voir des grands pays comme la Chine, les USA et d’autres encore, ouvrir leur marché de la même manière qu’ils l’exigent pour le marché européen… Cela nécessiterait de renforcer le haut de gamme qu’il n’y a aucune raison de laisser aux Allemands, Japonais, Américains, Chinois (c’est le pari du Brexit d’ailleurs…).

3/ On voit bien que c’est la captation mafieuse et affairiste de certaines nations de par le monde qui obligent leurs habitants à les fuir, comme en Amérique du Sud et Centrale, avec pour certains pays, la pression culturelle et politique de l’islam financé par les puissances wahhabites, Frères musulmans et khoménistes, comme cela se voit en Afrique, au Proche Orient et en Asie.

On peut certes condamner l’autoritarisme d’un Poutine et le boycotter, mais quid de la politique chinoise qui continue à éliminer en silence sa propre population dissidente tout en enfermant des dizaines milliers de… musulmans, sauf que là, personne n’y trouve rien à redire, on préfère embêter la Birmanie et…Trump.

Ne parlons pas de l’état désastreux des chrétiens dans le monde, Inde y compris ; il est vrai que le Vatican préfère regarder ailleurs en ne voyant en l’homme que l’humain alors que le citoyen exige aussi que l’on s’occupe de lui, prétextant que l’on ne doit pas s’occuper des affaires de César, sauf que ce dernier s’occupe des affaires spirituelles également…

Le fait que Trump désire se retirer de cet imbroglio, de plus en plus imprévisible, sonne le glas de toute tentative d’y remédier à court terme, surtout depuis que l’Onu reste ce « grand machin » qui préfère condamner Israël et en appeler à « sauver la planète » alors que des populations entières (sur)vivent sous les joug islamiques post-communistes et mafieux ; les plus fortunés et habiles préfèrent s’enfuir, augmentant la précarité de leurs pays de départ tout en créant nombre de difficultés dans les pays d’accueil, surtout si nombre d’entre eux se considèrent en pays conquis, aidés en cela par une espèce de cinquième colonne qui considère le terme de « nation » comme une tumeur maligne à éradiquer au profit de « l’homo consumerus » ou d’une « humanité » idéale désormais sans genre, sans identité, de la matière brute pour artistes dictateurs.

D’où le refus de plus en plus fort de voir certaines franges de ces nations pétries de diesel, de tabac, et peu « intelligentes » (des riens, des sans- dents etc) refuser que les nouveaux docteurs Mengele continuent à faire ainsi leurs expériences « sociales » comme taxer, taxer, taxer, tout en sommant de se taire, de se faire malaxer comme les modèles l’ont décidé, afin de ne pas être traités d’extrême droite. Ou l’infamie supposée suprême, le « plafond de verre » qui permettrait, du fait de son opacité, de cacher que le roi est nu, cela tient encore, certes, mais en même temps, les freins ont lâché et l’on tourne en rond…

Lucien Samir Oulahbib

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Notifiez de
clercophage

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saintongeais

aujourd’hui éboueur est un bon travail, rien à voir avec éboueur il y a quarante ans où il fallait porter les poubelles lourdes et sales.

crap2sp

Merci Lucien,une fois de plus.je ne dirais pas comme Arthur plus bas.les activites bas de gamme et de services vont prendre le relais,l’industrie modern n’aura besoin que de main d’ouvre bon marche en majorite,et en fin de chaine.mais ces nouveaux venus ne cotiseront pas pour ceux laisser sur place,la mondialisation vat nous amener,je l;ais deja dit a nous foutre sur la gueule entre pauvres,tout est fait des a present pour que les nouvelles classes moyenne ne se deplacent plus,enfermees a double tour,ne pas voir,ne pas subir une insecurite grandissante,faisant du gras sur le canapé,en regardant des reaity show de mdr,des informations de mdr.pour avoir une vie de mdr.dominee par la pensee unique et le politiquement correct.suffit de regarder ces niais,lrem,a l’assemblee pour s’en convaincre

Arthur’

Votre analyse est malheureusement complètement fausse. La mondialisation amène au contraire à éliminer toutes les activités à faible valeur ajoutée en France en délocalisant pour exploiter une main d’œuvre peu éduquée, corveable a merci et peu coûteuse. C’est la raison de la désindustrialisation et de la montée en puissance des services en France.

LSAO

Il suffit de comparer les productions françaises et allemandes pour observer d’une part le côté haut de gamme de la seconde et du choix vers les bas salaires de la première car ces derniers sont subventionnés ; sinon pourquoi le bâtiment est-il si prisé par les travailleurs étrangers ? Ne parlons pas des chauffeurs routiers… Les activités à faible valeur ajoutée comme vous dites sont précisément dévolues aux travailleurs étrangers parce que la forte valeur ajoutée n’est plus en France et que les travailleurs français, qualifiés, préfèrent dans ce cas le chômage…

Arthur’

Les travailleurs français qualifiés préfèrent le chômage ? C’est quoi cette histoire ? Vous voulez dire les travailleurs français non qualifiés à la rigueur parce qu’ils estiment être autant payés à ne rien faire qu’a travailler. Et heureusement les travailleurs français non qualifiés n’ont pas tous cette mentalité et préfèrent vivre de leur travail que des aides de l’état. Le made in France existe et n’est pas du bas de gamme made in china. L’avenir de la France c’est la valeur ajoutée. La robotisation fera d’ailleurs encore disparaître certaines activites à faible valeur ajoutée. Certains français resteront sur le carreau. Mais pas tous. Les français sauront s’adapter. Certains sont bien sortis des usines pour travailler dans le tertiaire : emplois de bureau, emplois de service, …