De la difficulté à devenir Gilet jaune

Publié le 23 novembre 2018 - par - 10 commentaires - 1 101 vues
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Je l’avoue, ce mouvement m’a étonné par la rapidité de son irruption dans un pays qui semblait endormi.
Chacun l’aura compris, derrière la revendication d’hostilité à une augmentation du prix du carburant, il y a une mer d’interrogations, de désespoirs, de frustrations et de colères.

Je ne sais pas comment ce mouvement finira, j’aurais aimé en faire partie, mais jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas réussi à le faire.

Dans ma commune, il existe depuis quelque temps un groupe Facebook dans lequel les habitants parlent de leurs préoccupations quotidiennes.

Ça va du menu de la cantine scolaire à la recherche d’un plombier ou d’une nounou. C’est très agréable et très pratique. Mais revenons au sujet : le mouvement des Gilets jaunes. Au début, je n’y avais pas prêté attention et, sans réelle réflexion et sans doute avec une approche un peu syndicale, ce mouvement me semblait inorganisé, apolitique et, pour tout dire, un peu beauf, voire poujadiste.

Puis, après avoir vu que sur la page Facebook locale, les rares personnes qui en parlaient étaient comme des abeilles affolées, à la recherche des lieux de blocage, d’informations et d’une personne décidée, et après avoir réfléchi, j’ai changé d’avis et je me suis retrouvé dans le même état d’esprit.

Je cherchai autour de moi des personnes intéressées : rien. Indécis, sans soutiens, sans informations, incapable d’appréhender l’ampleur de l’action, je lançai sur le blog le principe d’une réunion au café du coin et d’un lieu de rassemblement pour la journée du 17 novembre. Aucun retour et personne nulle part.

Alors, forcément, je me pose la question : comment fait-on pour réunir les personnes qui ont réalisé les blocages ? Décider d’un lieu ou d’une modalité d’action n’est pas difficile, mais trouver du monde ? Alors, j’ai suivi attentivement et bien au chaud les journées qui ont suivi.

J’ai admiré l’abnégation, dans la nuit, le froid et la pluie, des participants aux blocages. Naturellement, j’ai regretté les morts et les blessés occasionnés par des irresponsables et les non moins prévisibles dérapages contre-productifs commis par certains dans les blocages.

Cette semaine, j’ai retenté ma chance. Nouveau message. Nouveau rendez-vous au café. Sauf que, cette fois-ci, l’administratrice ne l’a pas laissé passer. Ce qui est son droit. Sans doute a-t-elle pensé qu’il valait mieux éviter les sujets polémiques dans une page dédiée à la vie locale.

J’ai alors attendu de connaître les suites de l’action, puis l’annonce d’une manifestation à Paris. Annonce d’abord confuse, sans précision ni de lieu ni d’horaire, pour finir par l’établissement  théorique d’un lieu de manifestation. Endroit toujours incertain, puisque ce soir, 22 novembre, une responsable du mouvement déclarait qu’elle n’irait pas au Champ-de-Mars, préférant créer la surprise en manifestant où elle le voudrait.

Créer la surprise et désorienter les pouvoirs publics, c’est bien, mais seul un petit nombre d’initiés pourront être présents. Comment faire nombre, si on ne sait pas où aller ? Je me vois mal errer dans Paris, cherchant au hasard un cortège qui, par miracle, passerait devant moi.

Sans compter les risques de violences que le gouvernement, toujours sensible à la sécurité des manifestants, ne pourrait bien entendu pas empêcher.

En attendant, pour l’instant, avec regret, je ne suis toujours qu’un apprenti Gilet jaune. Puissent les organisateurs trouver des enseignements positifs pour leur combat en se servant  de mes devoirs.

Luis Bravo

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10 réponses à “De la difficulté à devenir Gilet jaune”

  1. DUFAITREZ dit :

    Bonne remarque ! Signe du « désenclavement » des ruraux, mais aussi de l’inorganisation d’un mouvement spontané et glorieux !
    Un caillou dans la chaussure n’empêche pas de… Marcher !!
    Courage !

  2. didile dit :

    A la fin de la guerre de 39/45 tous ceux qui avaient une trouille bleue des araignées ou de monter sur une chaise se déclaraient résistants et couraient chercher une paire de ciseaux pour être les premiers à tondre les malheureuses jeune femmes ayant « fauté  » avec un Allemand ,même et surtout si ledit Allemand leur avait procuré du beurre ou de la viande .
    Cette fois-ci ce sera plus facile ,car pratiquement tout le monde a un gilet jaune puisqu’il est obligatoire .Si le mouvement réussit ,chacun se photographiera avec le sien ,si ça rate « moi un gilet jaune ,je ne sais même pas ce que c’est. »
    C’est cette attitude que les habitants de votre commune ont adoptée!

  3. vu de sirius dit :

    vous avez mis le doigt sur le problème, je ne crois pas une seconde qu’il n’y ait pas derrière un mouvement aussi massif et organisé des gens qui tirent les ficelles. Mais qui sont ces gens ? à ce stade on n’en sait rien…

  4. Marnie dit :

    Dans la ville la plus proche de votre domicile il y a sûrement des manifestations annoncées. Il faut lire la Presse de cette ville à ce sujet. Il y a surement une autoroute pas trop loin de chez vous là vous trouverez certainement des gilets jaunes. Je reconnais que si on vit dans une petite commune bien fermée sur elle-même c’est dur d’être RN, anti-migrants (puisque certains sont accueillis) et gilets jaunes. Mettez en un bien en vue dans votre voiture c’est déjà manifester votre soutien en attendant mieux.

  5. a.hourquetted'are dit :

    Luis, sur radio bleue de votre région, il y a parfois des informations locales d’heures et de lieux de rendez vous des gilets jaunes;

  6. M de St Liguaire dit :

    Comment devenir un « gilet jaune ». Guide pratique : on s’habille chaudement, on emporte un casse dalle et une thermos -ou pas-, et on y va. On finit bien par trouver un petit groupe quelque part. Personne ne viendra vous chercher. Les retraités peuvent privilégier la semaine et se reposer le week end, car il va falloir tenir bon. courage camarade.

  7. Dominique Martin dit :

    Les Français sont comme bien d’autres peuples. Si tu veux les faire réagir ,touche à leurs portefeuilles.

    Dans les réunions syndicales , quand on parle du chèque de paye , tout à coup , le silence se fait .

  8. Philippe@9.3 dit :

    C’est bien de cracher sur le peuple, qui ne sort pas de l’ENA.
    Je regarde Hanouna et une question est posée: Gilets jaunes: victimes ou coupables. Et toc: 2 morts, 500 blessés : coupables.
    Pas un pseudo intellectuel ne va sortir de cette fake intelligencia. Il est probable que 90, voir 99% des blessés sont des gilets jaunes, écrasés par des gens si intelligents.
    On nie même le fait que factuellement, ils sont victimes de l’irrespect des bobos, des pseudos écoles et des vraies balances collabos: A venir un trouduc #balancetongiletjaune. Des minables qui se pensant soutenu pas le gouvenant, osent tout, dont foncer sur 500 manifestants et 150 policiers. Des cons quoi. Intelligents et cons.

    • anti racailles dit :

      a qui la faute ? a la ripouxblike en déroute , les criminels sont de retour je le répète Hitler = 60 millions de victimes & mack-rond ?… voit rouge en regardant les gilets jaunes a un tel point qu il est devenu daltonien ,,, il manque les bonnets rouges et les résultats du nombre de victimes.

  9. Luis dit :

    Déboires, le mot de la fin est « Déboires » Sinon,la phrase est incompréhensible.
    Je m’en excuse, auprès des lecteurs..